mercredi 20 octobre 2021

Gasoil, huile de friture et nucléaire (Je vous explique)

 

    Une amie m'a demandé mon avis sur Facebook, à propos d'un article publié sur le site Caradisiac concernant un nouveau carburant distribué en Belgique qui pourrait, ou aurait pu, remplacer le gasoil alimentant les moteurs Diesel. En lui rédigeant ma réponse, je me suis retrouvé à écrire cet article sur le gasoil, les huiles de friteuses et le nucléaire. 

Lisez, vous allez comprendre.

 

Le mystérieux HVO100

    La Belgique ouvre ses premières pompes de diesel de synthèse, le HVO100. Pour lire cet article très intéressant, cliquez sur l'image ci-dessous :

Cliquez sur l'image de cette ravissante Belge, pour accéder à l'article.

    Il s'agit d'un nouveau carburant fabriqué à partir de matières premières renouvelables issues de l'industrie alimentaire (graisses animales ou les huiles de friture retraitées à l'hydrogène) et il est commercialisé sur le marché belge dans 3 stations, sous l'étiquette HVO100.

    Petit problème, le HVO100 coûte 2,86 € le litre, contre 1,68 € pour le diesel B7. Mais son fabriquant, Neste, estime que ce prix baissera lorsque l’offre augmentera.


Pourquoi pas ?

    En matière d'énergies nouvelles, on ne le répètera pas assez, il n'y aura jamais une miraculeuse solution unique pour l'énergie, comme le bientôt regretté pétrole, mais une myriades de solutions complémentaires. Sauf en France, bien sûr, le seul et unique pays au monde à tout miser sur le nucléaire

    A propos de nucléaire et/ou de diesel, savez-vous que si la France fait partie des plus importants consommateurs de diesel au monde, c’est parce que l'Etat a soutenu ce carburant depuis plus de cinquante ans ? La montée en puissance du programme nucléaire a conduit les gouvernements successifs à encourager la consommation de ce carburants. En 2017, 80 % du parc automobile tournait au diesel ! (Source INSEE) Vous êtes étonnés ? Lisez la suite.


Le lien peu connu entre le Diesel et le nucléaire.

Quelques explications

    Après-guerre, les utilisateurs de poids lourds et de gazole non-routiers, pour les usages agricoles par exemple, avait demandé de l’aide. Ils étaient les seuls à utiliser des motorisations diesel, pour lesquels il n’existait pas d’alternatives comme aujourd’hui. Le gouvernement avait alors accordé un allègement de taxes.

Source image : Cinémathèque de Montagne

    Le vrai coup d’accélérateur vient de la montée en puissance du programme nucléaire. A partir de la fin des années 1970, le pays construisit ses premiers réacteurs. Dès 1980, la France comptait 14 réacteurs en activité, sur un total de 58 aujourd'hui en service (Source Usine Nouvelle). 

Source image : Connaissance des énergies

    L'aberrant chauffage électrique au rendement si catastrophique s'imposa alors largement, au détriment du fioul et des autres énergies, y compris les renouvelables. Je précise cela parce qu'à la même époque, les pays scandinaves, comme la Suède, la Finlande ou le Danemark, prenaient une orientation différente en diversifiant leurs sources de productions d'énergies, renouvelables bien sûr. (La Suède comporte également une part de nucléaire (40%), mais l'électricité produite ne sert pas à chauffer des maisons avec des grilles pains, comme en France).

Nota : Je donne plus d'explication sur le chauffage électrique dans un des paragraphe de cet article :"Transition énergétique vers la dépendance".

    Mais hélas ! Triste coup du sort ! Les raffineurs français se retrouvèrent bientôt avec des excédents de fioul ! Celui-ci pouvant facilement être converti en gasoil pour les moteurs Diesel. Le gouvernement allégea donc encore les taxes et incita les constructeurs automobiles français à développer des motorisations Diesel. Dans le même temps, les entreprises utilisant des flottes Diesel furent exonérées de TVA sur leurs achats de carburant !

    Le plus désolant dans cette histoire, c'est que les achats de diesel finirent par dépasser la capacité de production des raffineries françaises, qui se retrouvèrent en déficit de diesel et en excès d’essence. En effet, la part de chaque carburant que l’on peut extraire du pétrole est limitée. En moyenne, seulement 40 % d’un baril peut être converti en diesel, pas assez pour couvrir la demande française.

    Résultat, aujourd’hui près de la moitié du diesel consommé chaque année en France (32.8 millions de tonnes en 2019) est importée, tandis que les larges surplus d’essence sont exportés, notamment en Amérique du Nord et en Afrique ! (Source INSEE)

Source : UFIP

Mortel gasoil

Le nucléaire ne tue pas prétendent certains. En tout cas, la combustion du gasoil et du fioul tue bien, elle. Dites merci au nucléaire !

Santé publique France a actualisé l’estimation du poids total de la pollution de l’air ambiant sur la santé de la population française pour la période 2016 à 2019. Elle conclut que la mortalité liée à la pollution de l’air ambiant reste un risque conséquent en France avec 40 000 décès attribuables chaque année aux particules fines (PM2,5).

Le secteur résidentiel et le transport routier sont les deux principaux contributeurs aux émissions de PM2.5 sur le territoire de l’Île-de-France. Ces deux secteurs sont davantage contributeurs aux émissions de PM2.5 que de PM10, les particules les plus fines étant majoritairement issues de la combustion dans ces secteurs (notamment chauffage et carburants routiers).

Les concentrations les plus élevées sont relevées dans le cœur dense de l'agglomération, au voisinage des grands axes routiers parisiens et franciliens. En situation de proximité au trafic routier, les concentrations mesurées sont comprises entre 14 et 16 µg/m3 (en moyenne annuelle).

Une faible différence des teneurs en particules PM2.5 apparaît entre l’agglomération parisienne et la zone rurale. En effet, les concentrations moyennes annuelles de particules fines sont comprises entre 7 et 9 µg/m3 en milieu rural et entre 8 et 13 µg/m3 sur les sites urbains de fond du cœur de l’agglomération.

En 2019, l’objectif de qualité français (10  µg/m3), qui correspond également à une valeur recommandée par l’OMS, est dépassé sur un peu plus de la moitié de la région Île-de-France. Ce dépassement est majoritairement constaté dans la zone sensible francilienne et le long de certaines voies de circulation. Il concerne environ 6,5 millions d’habitants (soit plus d’1 francilien sur 2).

La seconde recommandation OMS (25  µg/m3 à ne pas dépasser plus de 3 jours par an) est dépassée sur la quasi-totalité de la région Île-de-France.

Sources infos : Aiparif et Santé Publique France.

Les plus malins d'entre-vous auront peut-être remarqué que la combustion du fioul de chauffage émet aussi des particules fines. Ce à quoi je leur répondrai que dans le cas du chauffage urbain, lesdites particules sont piégées par des filtres que n'ont pas les installations individuelles. Raison pour laquelle en Suède et dans les pays scandinaves, une majorité de villes sont chauffées par des réseaux urbains de chaleur.


Chauffer une ville avec des graisses animales ?

"Graisses animales" en effet, par ce qu'il s'agit bien de cela lorsque l'on parle de graisses et huiles organiques de récupération. (Voir cette note)

    Cet article à propos de ce gasoil issu de l'industrie alimentaire, m'a rappelé une de mes expériences professionnelles, quand je travaillais sur des grosses centrales de production de chaleur alimentant des réseaux de chauffage urbain.

    L'avantage de ce type de chaufferies, c'est qu'elles peuvent s'adapter aux nouvelles sources d'énergies et que leurs émissions polluantes sont strictement contrôlées par les Préfectures (DRIRES, DRELA, etc). C'est ainsi que j'ai connu dans les années 80, l'arrivée des chaudières à charbon, car à l'époque, selon l'Agence Internationale de l'Energie, le charbon était une énergie d'avenir (Lire cet article). Puis l'arrivée des chaufferies gaz automatisées, suivie par les installations de cogénération au gaz produisant de l'électricité et de la chaleur, et enfin par les chaudières fonctionnant au bois. Au fait, savez-vous que presque toutes les villes de Suède ont un chauffage urbain alimenté par la biomasse ?

    En 2002, sur la chaufferie du réseaux de chaleur de Vénissieux, une des chaudières fonctionnant au Fuel Lourd avait été adaptée pour fonctionner avec des graisses et huiles organiques de récupération. Il y avait une grande quantité de ces huiles disponibles sur le marché et lesdites huiles avaient peu ou prou, le même pouvoir combustible que le fuel et la même viscosité. Il suffisait d'adapter les brûleurs. Cette installation avait bien sûr fait l'objet d'une étude d'impact (réalisée par l'APAVE) et ses limites d'émissions polluantes (identiques à celles du fuel) avaient été fixées par les services de la Préfecture.

Chaufferie du réseau de chaleur des Minguettes à Vénissieux

    C'était le fabriquant allemand SAACKE qui avait fourni des nouveaux brûleurs à coupelles rotatives pour les chaudières (qui restaient les mêmes). Ces brûleurs étaient plus performants que les brûleurs classiques à gicleurs. SAACKE s'engageait sur le résultat, le fonctionnement, les rendements, la durée de vie et les émissions gazeuses. A noter que ces brûleurs pouvaient passer sans transition d’un combustible liquide à un combustible gazeux (bi-énergie).

    Hélas, bien que l'expérience fût probante, elle ne dura pas longtemps. Lesdites huiles et graisses animales furent semble-t-il accaparées par l'industrie des cosmétiques et disparurent du marché de l'énergie !

    L’autorisation préfectorale de brûler ces graisses et huiles organiques fut supprimée après l’accord de brûler du bois à partir de 2005. A noter que la chaufferie bois qui fut construite ensuite, ne fonctionna jamais du fait d'un vice de construction des chaudières fabriquées en Espagne qui ne pouvaient tenir la puissance (20 MW) en respectant les teneurs en émissions. Une nouvelle dû être reconstruite plus tard. Concernant le bois, je vous conseille de lire mon vieil article "La biomasse sans langue de bois".


Etonnant, non ? 😏

Mais surtout rappelez-vous : "Jamais une énergie miraculeuse ne viendra remplacer le pétrole. La réussite de la transition énergétique sera conditionnée par l'utilisation de multiples sources d'énergie".

Alors pourquoi pas de l'huile de friteuse ? Peut-être une occasion pour les frites belges d'entrer dans le patrimoine mondial de l'humanité ? (Cliques sur l'image ci-dessous 😉 )













mercredi 6 octobre 2021

Et si on reparlait (enfin) du déclin de pétrole, interview de Mathieu Auzanneau

 

Dans 25 ans, c'est Mad Max

Je fatigue...

    Bon, je l'avoue, je fatigue un peu. Cela fait presque 20 ans que je me passionne pour la transition énergétique, rendue nécessaire par l'épuisement des énergies fossiles, et l'on continue de me sourire gentiment lorsque j'en parle (du moins les gens gentils). L'alternative, ce sont des "gens" sur les réseaux sociaux, élevés dans la terreur du climat, incapables de lire un post de plus de 5 lignes, qui me répondent agressivement avec des gifs ou des mèmes débiles. Le pire, c'est quand j'écris des articles optimistes et que je me fais insulter pour cela, tellement les "gens" se délectent à l'idée de la catastrophe climatique.

    J'ai tout mis sur mon site, les chiffres, les documents, tout, y compris des rapports du gouvernement, des rapport de l'Agence Internationale de l'Energie, des rapports des armées et des services de renseignement, tout ce que je trouvais après avoir longuement cherché, et ce depuis 12 ans ! 

    Sur mon premier site (Transitio.net), l'un de mes articles sur le sujet "Pics de production, le vertige de la transition énergétique", a eu plus de 12.200 lecteurs !

    En août 2011, j'avais mis en ligne le rapport de l'Agence International de l'Energie qui annonçait qui le pic de production du pétrole venait d'être passé : Rapport 2010 Agence Internationale Energie. Le pic a été repoussé du fait de l'exploitation des gaz de schiste et autres schistes bitumineux qui ne tiennent plus leurs promesses à présent, et en 2018, l'AIE tirait de nouveau l'alarme !

    Le 14 septembre dernier (2021), RFI publiait un article intitulé :"Uranium: le spectre d’une pénurie fait monter les prix". J'avais déjà signalé en 2012 que le pic de production de l'uranium avait été dépassé dans les années 90  et j'avais, entre autre, donné à lire cet article publié en 2009 sur le site du MIT : "La crise nucléaire à venir. Le monde manque d'uranium et personne ne semble l'avoir remarqué."

Vous aimez les catastrophes ? Alors choisissez !

    L'indispensable lutte contre changement climatique a monopolisé les esprits. C'est très bien, mais d'une part les gens ne semblent pas comprendre que la nécessaire décarbonation passe par le remplacement urgent des énergies fossiles, et que d'autre part, la fin des énergies fossiles avec toutes les catastrophes que cela induira, arrivera probablement bien avant que le climat ne cause un grand péril. Le pétrole ce n'est pas seulement les voitures, c'est aussi l'agriculture (engrais), la santé (médicaments) et j'en passe !

C'est précisément de cela que parle Mathieux Auzanneau sur la vidéo ci-dessous.

    A propos de la décarbonation, j'ai même pris la peine de traduire cette année un article publié sur le fameux "Bulletin of the atomic scientists" qui expliquait que dès à présent la décarbonation était techniquement possible. Lire :"Pourquoi Bill Gates et John Kerry ont tout faux à propos du changement climatique".

    Bon, je voulais écrire un article court, à l'attention de ceux qui ne lisent pas plus de 5 lignes. C'est raté !

    Essayez tout de même de regarder l'interview de Mathieux Auzanneau, qui lui aussi, travaille sur ce sujet, depuis plus de 20 ans.

 

mardi 5 octobre 2021

Macron nous ressort les SMR, une autre absurdité du nucléaire

 


    Le président Macron a décidé d'installer partout des mini-réacteurs nucléaires, appelés aussi des SMR (Small Modular Reactor). Lisez l'article de Ouest France à ce sujet. Il sent l'article prérédigé par un chargé de com.

    Je crois utile d'apporter quelques précisions que l'on ne vous ne donnera peut-être pas, concernant ce vieux serpent de mer du nucléaire, puisque j'en avais déjà parlé sur mon site Transitio il y a 10 ans...


    Apprenez que la DCNS, devenue Naval Group, travaillait déjà sur ces fameux SMR il y a plus de 10 ans. Le projet initial dénommé "Flexblue" (1) était d'immerger des petits réacteurs nucléaires au large de nos îles d'outremer. La décision de Macron est-elle en rapport avec la claque prise par Naval Group après la rupture du contrat avec les Australiens sur lequel ils travaillent depuis des années ?

Le projet Flexbue de la DCNS

    Les américains travaillent aussi sur le même projet depuis autant d'années. J'avais traduit en 2010 sur mon site un article du Wall Street Journal évoquant leurs projets de SMR. (2)

    Dans cet article, Edwin Lyman, le responsable scientifique de "Union of Concerned Scientists" de l'époque, avait déclaré : "Le nucléaire exige une sécurité de haut niveau et une compétence pour fonctionner sans risque". Cela implique que cela soit quelque chose qui doive être concentré plutôt que dispersé. Les experts estimaient également que ces petits réacteurs devraient être aussi sécurisés, sinon plus, que les grands.

Le SMR américain en 2010


    Une fois de plus, la France va choisir l'impasse technologique du nucléaire pour satisfaire son hubris, et ce, dans un pays désindustrialisé où les compétences pour construire et exploiter de telles installations n'existent plus (Voire les nombreuses malfaçons dans la construction de l'EPR de Flamanville).

    Rappelons que le nucléaire ne représente que 4.9% de la production mondiale d'énergie et ne dispose que de 100 ans de réserves d'uranium pour le parc existant. Si les irresponsables qui nous gouvernent parvenaient à doubler le parc nucléaire existant. Les réserves ne suffiraient plus à couvrir la durée de vies de 60 ans de ces nouvelles centrales.(3)

    Rappelons également que l'uranium ne pousse pas en France et que tout comme le pétrole, il est motif de guerres ou dans le cas de la France, de présence militaire dans nos anciennes colonies (4). Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, le nucléaire n'assure pas l'indépendance énergétique. Il s'agira donc d'une transition énergétique vers la dépendance. (5)

L'uranium français au Niger...


    Tout cela coûtera des milliards, mais cela permettra aux grands groupes de l'énergie de conserver leurs monopoles, tout cela au détriment des énergies renouvelables qui impliquent une logique différente de par leur nature (Tout le monde peut en produire et échanger l'énergie produite au travers d'un réseau électrique maillé et communiquant (grâce à Linky)).

    Afin de ne pas provoquer trop de commentaires virulents. Je précise que je suis ingénieur thermicien et que je n'ai rien contre le nucléaire. Je n'ai rien contre son utilisation militaire (Voire note complémentaire ci-dessous), médicale, voire même spatiale. Mais je trouve profondément ridicule et bien sûr dangereux, d'utiliser de l'uranium pour faire bouillir de l'eau et produire une vapeur qui fera tourner des turbines pour produire de l'électricité avec un rendement lamentable entre 35 et 40% et d'importantes pertes en lignes sur le réseau électrique.

Merci aux 2 ou 3 personnes qui liront cet article 😉


Mes sources (Transitio, bien sûr !) :

  1. https://www.transitio.info/2011/01/nucleaire-et-maintenant-la-mer.html
  2. https://www.transitio.info/2010/02/des-projets-de-mini-reacteurs.html
  3. https://www.transitio.info/2021/04/le-nucleaire-na-pas-davenir-preuve-par.html
  4. https://www.transitio.info/2013/01/au-niger-luranium-est-francais-et-au.html
  5. https://www.transitio.info/2015/11/transition-energetique-vers-la.html

Note concernant le nucléaire militaire : 😈

    Je sais faire la différence entre le monde tel que je voudrais qu'il soit et le monde tel qu'il est. Raison pour laquelle, je n'imagine pas un seul instant que des dirigeants qui négligent les énergies renouvelables gratuites et inépuisables pour une énergie aussi inadéquate que l'uranium dans le but de produire de la vapeur, puissent abandonner "le feu nucléaire" qui leur donne des frémissements où je pense rien que de songer à leur immense pouvoir de destruction.

    Je suis pragmatique et je pense que le nucléaire militaire - qui quoi qu'on en dise à tout de même empêcher les deux grandes puissances d'après-guerre de se jeter l'une sur l'autre - pourrait être utilisé plus intelligemment à l'avenir. Je pense à son utilisation contre d'éventuels astéroïdes qui viendraient percuter notre planète et refaire le coup de l'extinction massive du Crétacé-Paléogène (Dinosaures, etc).

    Ne riez pas, le 16 août 2020, un de ces géocroiseurs est passé à seulement 2900 km de la Terre, douze fois plus près que nos satellites géostationnaires, et ce, sans se faire repérer. Il nous a loupé, mais peut-être n'aurons-nous pas toujours autant de chance !

Des scientifiques travaillent déjà sur cette éventuelle solution. Cliquez sur l'image ci-dessous.





dimanche 15 août 2021

Les USA quittent l'Afghanistan ? Petit rappel...

Article mis à jour le 16/08/2021



    Les Américains quittent l'Afghanistan ? Arrêtons de nous affoler sous la pressions des médias et de crier au malheur, alors que ce sont lesdits USA qui sont à l'origine de ce désastre qui a pris des proportions planétaires. Essayons de nous rappeler plutôt comment cela a commencé.

    Je n'ai pas l'habitude d'écrire des articles "à chaud" sur l'actualité, mais le défilement de bêtises larmoyantes que j'ai vu sur Facebook aujourd'hui m'a fait craquer.

    Un certain M. Soubigou, Maître de conférences, à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,  m'a même insulté lorsque je lui ai demandé pourquoi il avait osé afficher la photo ci-dessous sur son profil Facebook en oubliant de préciser qu'elle avait été prise le 29 avril 1975, lors de l'évacuation de Saïgon par les Américains.

 

Evacuation de américaine de Saïgon en 1975


OK pour faire des parallèles de situations, mais dans ce cas on le précise.

    Je vous conseille au passage de regarder  la poignante vidéo d'où a été extraite cette photo en cliquant sur l'image ci-dessous :

Cette scène se situe à 12:42


Petites précautions oratoires.

    Je vous propose donc de lire ce petit rappel historique. Rien ne sort de mon esprit torturé par une éventuelle contamination par de l'anti-américanisme primaire. Puisque c'est juste la reproduction d'un article publié par le Nouvel Observateur le 15 Janvier 1999.

    Concernant les USA, je vous rappelle que c'est un Empire et qu'il agit comme tel. Ce n'est ni bien ni mal, c'est de la Realpolitik. 

    Passionné d'histoire, je ne porte pas de jugement, pas plus que Thucydide lorsqu'il rapportait le cynisme des Athéniens devant les magistrats de Mélos. C'est la logique de l'Empire. Lisez cet article : Thucydide : Histoire de la guerre du Péloponnèse, Realpolitik...

    L'histoire, croyez-moi, permet d'observer l'actualité avec un certain recul, surtout lorsque l'on a acquis suffisamment de sagesse pour ne plus être tributaire d'une quelconque idéologie. Actuellement, pas exemple, j'observe avec intérêt l'effondrement de l'empire américain, le naufrage européen, le réveil russe et l'émergence de l'empire chinois. C'est passionnant !

    Dernière précision concernant les médias. Je ne porte pas de jugement de valeur non plus sur le comportement des journalistes. La plupart sont sincères. Ils baignent dans un flot d'informations, souvent contradictoires, voire même incompréhensibles et ils essaient de donner du sens à tout cela. Les historiens sont en proie aux mêmes problèmes. 

    J'apporterai tout de même une petite nuance sur le fait que beaucoup de journalistes semblent minimiser l'efficacité grandissant de l'ingénierie sociale, cette science qui s'apprend à l'université et qui sert à fabriquer des opinions. Sur l'ingénierie sociale non plus, je ne porte pas de jugement de valeur, car je ne vois pas comment un gouvernement, y compris et même surtout une démocratie, peut gérer une population dont l'augmentation semble aller de pair avec une ignorance elle aussi grandissante. C'est d'ailleurs peut-être pour cela que le fameux Zbigniew Brzezinski est aussi l'inventeur du tittynment.

    Voici tout de même comment certains médias, pas tous évidemment, voyaient Osama Bin Laden en 1993 ! On peut lire "Un combattant anti-soviétique mène son armée sur le chemin de la paix."


    Soyons charitables, les médias peuvent, eux aussi, se tromper et pour prendre leur défense, il y a parfois des retournement de situations imprévisibles.


Les révélation de Zbigniew Brzezinski (conseiller du président Carter)

    Ce sont les USA qui par leurs soutiens secrets aux talibans ont provoqué l'invasion des russes. Voilà ce qu'expliquait au journaliste du Nouvel Observateur le 15 janvier 1980, Zbigniew Brzezinski, le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité – que Barack Obama avait nommé conseiller aux affaires étrangères lors de sa campagne présidentielle…

Cliquez sur l'image ci-dessous pour lire l'article de l'époque. Le texte de l'interview est retranscrit en dessous, agrémenté de quelques observations.



Le texte de l'interview.


Le Nouvel Observateur : L’ancien directeur de la CIA Robert Gates l’affirme dans ses Mémoires : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine Afghans six mois avant l’intervention soviétique. A l’époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité. Vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire ? Vous confirmez ?

Zbigniew Brzezinski : Oui. Selon la version officielle de l’histoire, l’aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c’est-à-dire après que l’armée soviétique eut envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979.

Mais la réalité gardée secrète est tout autre : c’est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.

Le Nouvel Observateur : Malgré ce risque vous étiez partisan de cette « covert action » (opération clandestine). Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer ?

Zbigniew Brzezinski : Ce n’est pas tout à-fait cela. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu’ils le fassent.

Le Nouvel Observateur : Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant il y avait un fond de vérité. Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?

Zbigniew Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège Afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au président Carter, en substance : « Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam. » De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique.

Le Nouvel Observateur : Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ?

Zbigniew Brzezinski : Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes où la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

Le Nouvel Observateur : Quelques excités ? Mais on le dit et on le répète : le fondamentalisme islamique représente aujourd’hui une menace mondiale.

Zbigniew Brzezinski : Sottises. Il faudrait, dit-on, que l’Occident ait une politique globale à l’égard de l’islamisme. C’est stupide : il n’y a pas d’islamisme global. Regardons l’islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C’est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu’y a-t-il de commun entre l’Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l’Egypte pro-occidentale ou l’Asie centrale sécularisée ? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté.

(1) « From the Shadows », par robert gates, Simon and Schuster

(2) Zbigniew Brzezinski vient de publier « Le Grand Échiquier », Bayard éditions

Source : Le Nouvel Observateur, 15/01/1998

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Encore quelques infos ?

Le 3 février 1980, quelques semaines après l’intervention militaire de l’Union soviétique en Afghanistan, M. Zbigniew Brzezinski, conseiller pour les affaires de sécurité du président américain James Carter, se rend au Pakistan. S’adressant aux moudjahidines réfugiés de l’autre côté de la frontière, il leur promet : « Cette terre, là-bas, est la vôtre. Vous y retournerez un jour parce que votre combat va triompher. Vous retrouverez alors vos maisons et vos mosquées. Votre cause est juste. Dieu est à vos côtés. »

Durant des années les pays occidentaux, aux ordres des USA, ont porté aux nues ces demeurés intégristes religieux. Les USA ont même formé des groupes djihadistes ! Et tout le monde se moquait éperdument du sort horribles des femmes afghanes !

Les USA ne sont pas effrayés par l'intégrisme religieux, parce qu'eux même, depuis leur fondation sont atteint de ce même mal. Cela non-plus, ce n'est pas un jugement de valeur de ma part. Juste une observation.


A lire absolument !

Lisez également l'article concernant l'aveuglement des élites françaises, qui vaut son pesant d'opium : "Quand les djihadistes étaient nos amis."


A écouter absolument (pour dédramatiser ?)

    Je vous propose de lire l'article et d'écouter cette émission diffusée sur France Culture en Juin dernier à propos du retour des Talibans

Cliquez sur l'image ci-dessous pour y accéder :

Source France Culture : 'L'Afghanistan vu par les Talibans"


Voici un extrait de l'article :

  • Les talibans ont une position juridique simple : 
  • 1. Nous sommes chez nous / 2. Nous sommes cohérents
  • D’abord, ils se voient, non sans raison, comme un mouvement de résistance nationale.
  • Contrairement aux organisations djihadistes type Al Qaida, qu’ils ont aidé et abrité, les Talibans n’ont jamais cherché à attaquer le monde extérieur. Leur seul objet de lutte : c’est l’Afghanistan.
  • Et ils se perçoivent comme le mouvement politique afghan le plus légitime, le moins corrompu. Moins corrompu que les chefs de guerre tribaux, moins corrompu que les pouvoirs civils installés à Kaboul par les États-Unis et la communauté internationale.
  • Ensuite, comme tous les mouvements islamistes, ils sont porteurs d’une vision structurée de la société. Une vision archaïque et rétrograde notamment pour les droits des femmes.
  • Mais une vision cohérente avec elle-même : la loi de Dieu prime, la Charia est la loi fondamentale. Et tout est structuré en fonction, notamment leur système judiciaire, à certains égards plus fiable que celui mis en place par Kaboul.
  • Enfin, leur légitimité juridique a été renforcée par les États-Unis eux-mêmes. Dès l’instant où Washington a cherché à négocier directement avec eux ces dernières années, avec les embryons d’accords de Doha, au Qatar, en 2020.

    On apprend même plus loin que les talibans sont en rivalité avec les tarés du groupe État Islamique, moins implanté mais présent dans la province afghane du Khorasan !

Il y a même une vidéo :


    Pas un mot dans cette vidéo pourtant très bien faite, sur les militaires français tués en Afghanistan...


Post Scriptum :

    Je ne suis pas cynique et insensible. Malgré l'absurdité de ces guerres j'éprouve de la peine pour les malheureux soldats, toujours des jeunes gens, souvent pauvres (côté américain) qui y sont morts ou sont revenus mutilés. J'éprouve également de la peine pour les victimes afghanes ainsi que pour les femmes afghanes, principales victimes du régime qui va se mettre en place.


Pour info :

    Le 19 août prochain, si vous êtes gentils, je vous expliquerai comment la CIA a renversé en Iran en 1953, le gouvernement de Mossadegh, démocratiquement élu, pour mettre à sa place le ridicule dictateur que fut le Chah d'Iran, que les Iraniens haïrent à un tel point que... (vous connaissez la suite).



vendredi 13 août 2021

Les gens qui sont contre les éoliennes me fatiguent.

Du temps où les Romains gâchaient le paysage.

    Les gens qui sont contre les éoliennes me fatiguent. Je me demande si leur problème ne relèverait pas  plus d'une forme de pathologie plutôt que d'un sens de l'esthétique exacerbé.

Anecdote

    Il y a quelques jour, j'étais à Sancerre sur la magnifique terrasse depuis laquelle on peut admirer la Loire et le département de la Nièvre qui commence derrière.

     J'ai entendu des gens se plaindre du magnifique alignement d'éoliennes que l'on apercevait au loin dans la Nièvre.

  • "Na na, na, ça défigure le paysage"
  • "Na na, na c'est le lobby des écolos qui fait du fric"
  • "Na, na, na, ils ont dit à la télé que les pâles n'étaient pas recyclables" (Faux)

    A présent regardez bien la photo que j'ai prise depuis l'endroit où ces esthètes se révulsaient d'horreur à la vue des éoliennes ! J'ai été obligé de zoomer pour que vous puissiez mieux les apercevoir !


    Vous ne remarquez rien au premier plan de la photo ? Ces trois horribles silos de béton crasseux ?

    C'est normal, plus personne ne les voit et plus personne n'oserait s'offusquer de leur incontestable laideur. Dans certains pays pourtant, là où les hommes de la terre ont un sens de l'esthétique plus développé, comme l'Australie, par exemple, ces horribles cylindres de béton deviennent des œuvres d'art grâce à des artistes grapheurs. Je vous conseille d'aller visiter leur site en cliquant sur l'image ci-dessous :


    Pourquoi détester ces grandes fleurs métalliques et ne rien dire des abominables silos et autres hangars agricoles qui défigurent nos campagnes (Peur de la FNSEA)

    C'est gens n'étaient en fait que de pauvres victimes. Ils ne faisaient que réciter le chapelet d'opinions prémâchées que savamment ont leur a appris. Ce que j'appelle le "prêt à penser" de l'ingénierie sociale. Voir l'illustration ci-dessous.

Prêt-à-penser

Eolienne défigurant un paysage



A qui profite le crime ?

    Si ces braves gens avaient regardé un peu plus vers la droite, ils auraient aperçu les deux jolis panaches de vapeur d'eau sortant des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. Mais elle non plus, ils ne la voient plus.

    Ils ne savent pas que du 13 septembre 2017 au 15 janvier 2020, l'Autorité de Sûreté du Nucléaire a placé cette centrale "sous surveillance renforcée", notamment en raison de la dégradation du niveau de sûreté constatée depuis 2016.

    Les choses ne sont pas allées en s'arrangeant puisque fin juin 2021, l’exploitant a découvert plusieurs pièces endommagées et mal positionnées sur le circuit d’aspersion du réacteur 2. Vérifications faites, les mêmes problèmes se retrouvent sur le même circuit de l’autre réacteur nucléaire du site. Un circuit qui sert, en cas d’accident, à éviter une explosion et une contamination de l’environnement par des radioéléments.

Afin de ne pas orienter votre jugement,
je vous présente cette jolie photo des tours aéroréfrigérantes
 de Belleville, vues depuis Pouilly

On ne la voit plus, mais...

    Le 23 juin dernier, l’Autorité Environnementale a rendu un avis sur une mise à jour plutôt orientée de l’impact environnemental de la centrale nucléaire de Belleville ; en effet, celle-ci tente de convaincre de la nécessité d’augmenter ses rejets autorisés radioactifs et chimiques et aussi d’accentuer ses besoins en eau déjà très élevés ! (Il faut savoir que dans le nucléaire, lorsque l'on ne peut plus respecter les normes, ont demande à les changer). Le dossier est fort complexe et confirme que la nature et la quantité de ces rejets « légaux » a de quoi faire peur.

Quelques exemples : Tritium radioactif, Cuivre, Zinc, métaux lourds (Arsenic), Chloroforme, eau de javel, Oxydes de Soufre et d’Azote, Hydrazine, Légionelles et Amibes potentiellement mortelles...

On apprend dans cet avis que le CNPE n’est soumis à aucune limite de rejets chimiques atmosphériques et donc à aucune surveillance particulière !

Chaque année les 2 réacteurs de Belleville rejettent :

  • 290 tonnes d’Azote (pouvant produire jusqu’à 1100 tonnes de nitrates)
  • 16 tonnes de Cuivre
  • 7 tonnes de Zinc
  • 12 tonnes de monochloramine
  • 110 tonnes de polyacrylates
  • 3,7 tonnes de phosphates
  • 2,6 tonnes AOX (produits organochlorés)
  • 900 kilos d’Ammoniac 
  • 8 kilos Hydrazine Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxique Corrosif Danger pour l’environnement
  • 730 kilos Morpholine cancérogène
  • 324 kilos Ethanolamine ET
  • 163 000 000 m3 d’eau ponctionnée dans la malheureuse Loire qui se meurt peu à peu.


Les éoliennes ne tournent pas quand il n'y a pas de vent ?

Bah oui, les gens, c'est comme les centrales nucléaires qui ne fonctionneraient plus si notre armée ne garantissait pas l'approvisionnement de l'uranium au Niger !

Plus sérieusement, le fonctionnement des énergies renouvelables, repose :

1/ Sur la gestion intelligente des intermittences des multiples sources de productions, et ce, des plus petites - comme les panneaux solaires de votre jardin - aux plus grosses comme les hydroliennes en mer, les éoliennes, les barrages en montagne, les fermes solaires, etc.
Notez au passage que c'est un modèle économique un peu dérangeant, car absolument tout le monde peut produire de l'électricité et la partage. Peut-être commencez-vous de deviner une part du problème.

2/ La gestion optimisée des différentes formes de stockages :

« Stocker l’énergie pour les jours où la nature n’en produit pas, c’est aussi ça notre engagement », assure EDF dans une actuelle campagne de communication destinée à présenter le « Plan stockage électrique » qui vient d’être lancé. Avec un investissement de plus de 8 milliards d’euros, le fournisseur historique d’électricité en France ambitionne de « développer 10 GW de nouveaux moyens de stockage dans le monde d’ici à 2035 en plus des 5 GW déjà exploités par le groupe ». EDF mise sur 3 architectures pour stocker l’énergie : les batteries, les stations de transfert d’énergie par pompage, et les microgrids.


3/ Sur la gestion intelligente d'un réseau électrique maillé et interconnecté entre toutes les sources de productions et de consommations.
    Si on vous met un Linky chez vous, ce n'est pas pour savoir combien de fois vous ouvrez la nuit, la porte de votre frigo pour grignoter un truc ! C'est juste pour gérer d'une façon optimisée les appels de puissances électriques ! Ce genre de compteur existe déjà depuis des décennies sur les réseaux de chauffage urbain !


Les éoliennes coûtent cher ?

Quid du nucléaire ?

    Le nucléaire a été l'énergie la plus subventionnée de France ! On peut comprendre nos grands parents qui ont voulu sanctuariser le territoire avec la bombe atomique, après avoir pris la raclée en 1940 ! 
    La production d'énergie a été alors présentée comme miraculeuse à des générations de petits français crédules. 
    Et peu m'importe d'ailleurs ! Je suis ingénieur. Je n'ai rien contre cette énergie. Mais je souhaiterais qu'on la réserve à des usages plus intelligents que de faire bouillir de l'eau pour    faire tourner des turbines à vapeur et des alternateurs ! (Recherche pure, médecine, espace et même militaire !)
    La technique a progressé depuis et l'on peut produire de l'électricité de tant de façons différentes et surtout moins dangereuses !


Trop d'argent pour une énergie dépassée !

    Avec l'argent de vos impôts, dans le but de renflouer les caisses d'Areva SA et de lui permettre de payer les pénalités de retard sur le chantier de l'EPR d'Olkiluoto, en Finlande, l'Etat français (c'est-à-dire vous) lui rachète 12% du capital d'Orano. Il met également sur la main sur des parts détenues par la Caisse des dépôts.

Source : Usine Nouvelle

Petit rappel concernant l'anachronique EPR :

Un coût de départ multiplié par 4 (minimum).

  • En 2005, le prix de l’EPR de Flamanville était estimé à 3,3 milliards d’euros, comme celui d’Olkiluoto en Finlande, construit par AREVA.
  • En 2008, soit un an après le début de la construction, la facture grimpait à plus de 4 milliards.
  • Entre 2009 et 2012, la note est passée de 4 à 6,5 milliards.
  • En septembre 2014, EDF a annonçait que le coût final allait s’élever à 10,5 milliards d’euros.
  • Fin 2019 le coût s'élevait à 12.4 milliards.
  • A cela ajoutons le coût induit par les 10 années de retard à la livraison, dont le manque à gagner pour EDF et les pénalités de retard du chantier en Finlande.

Bientôt 10 années de retard

  • Les travaux de l’EPR ont été lancés en 2007, après le feu vert donné par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en 2004.
  • EDF avait prévu à l’époque 5 ans de travaux et un raccordement au réseau électrique en 2012. L’échéance a ensuite été repoussée à 2014.
  • En 2011, EDF a annoncé que la mise en service ne pourrait pas intervenir avant 2016…
  • Le 7 avril 2021, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Bernard Doroszczuk, a déclaré lors d’une audition au Sénat, compte tenu des réparations de soudures qui doivent être effectuées :"Il n’y a plus de marge" de temps pour un démarrage du réacteur nucléaire pressurisé européen (EPR) de Flamanville (Manche) fin 2022...

Au fait, savez vous que le nucléaire n'a aucun avenir ? Non ? Alors lisez cet article :

Au fait, savez vous que l'on pourrait passer dès maintenant à une économie décarbonée ? Non ? Alors lisez cet article : Pourquoi Bill Gates et John Kerry ont tout faux à propos du changement climatique (On aurait pu ajouter Jancovici)

 

Bon soyons positifs il y en a tout de même certains qui n'ont rien contre les éoliennes !



mardi 25 mai 2021

Pourquoi Bill Gates et John Kerry ont tout faux à propos du changement climatique

 


    Cet article rédigé par John Carey, un scientifique faisant œuvre de journalisme depuis 27 ans, a été publié hier 25 mai 2021 dans le vénérable "Bulletin of the Atomic Scientists". A peine lu, je me suis empressé de vous le traduire ce soir afin que vous puissiez en prendre connaissance !

    Sa lecture m'a enthousiasmé, car il correspond en grande partie à ma perception des problèmes posés par le réchauffement climatique.

    J'ai essayé de vous montrer dans mon précédent article qu'aucune des catastrophes environnementales prédites depuis des décennies ne s'était produite, précisément parce que ces prédictions avaient été prises en compte et que le monde en avait été incroyablement changé. Cet article vous donne justement un aperçu des progrès techniques impressionnants qui ont été faits ces dernières années, et ce, sous l'impulsion salvatrice de la lutte contre le changement climatique. 

    C'est facile de prédire la fin du Monde. Cela donne un pouvoir certain sur les gens. Depuis toujours la peur de l'enfer a été un moyen génial de contrôler les peuples. (Lisez cet article sur un autre de mes blogs : Hannah Arendt : Usage de l’Enfer en politique)

    La peur se vend bien. Mais le problème, c'est que la peur empêche d'agir.

    Heureusement pour nous, tout le monde ne se résigne pas à l'Apocalypse. Certains réfléchissent, inventent et agissent. Ce sont pour la plupart des ingénieurs. Leur boulot n'est pas de se faire une renommée en glosant sur un sujet à la mode. Leur boulot, c'est de faire fonctionner le monde et si possible d'améliorer ledit fonctionnement.

Lisez l'article ci dessous et reprenez espoir !

N'hésitez pas à cliquer sur les liens surlignés. Ceux d'origine sont en anglais, mais j'en ai ajouté d'autres. J'ai également ajouté quelques compléments d'informations qui apparaissent dans cette horrible couleur.

Lien vers l'article original : https://thebulletin.org/2021/05/why-bill-gates-and-john-kerry-are-wrong-about-climate-change/


Pourquoi Bill Gates et John Kerry ont tout faux à propos du changement climatique

    Il existe depuis peu, un phénomène au cours duquel des gens intelligents, pour la plupart des hommes blancs, descendent en parachute d'un plan de conscience plus élevé pour nous révéler, à nous, simples mortels, la vérité sur la lutte contre le changement climatique. Surnommés familièrement "les mecs du climat qui débarquent" (en anglais "first-time climate dudes") par la journaliste Emily Atkin de la newsletter Heated, ils présentent invariablement une version dramatique et sombre, que ce soit Bill Gates appelant «un conte de fées», toute tentative de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre à près de zéro, ou le romancier Jonathan Franzen proclamant dans le New Yorker que nous devons «accepter que le désastre arrive».

Désolé, les "mecs du climat", mais je pense que vous vous trompez complètement.

    Se trompe également, John Kerry, l’envoyé du président Joe Biden pour le climat, quand il dit que la moitié des futures réductions d’émissions devront provenir de technologies non encore inventées.

Ils devraient mieux se renseigner.

    En fait, nous disposons d'ores et déjà des technologies de base dont nous avons besoin pour éliminer le monstre du changement climatique. De plus, ces technologies sont non seulement accessibles dès maintenant, mais elles continuent d'être toujours moins chères (et meilleures) à un rythme étonnant - et de nouvelles idées émergent constamment. En fait, l'humanité peut regarder en arrière les 20 ou 50 dernières années et se demander pourquoi elle a cru qu'il était si difficile ou si coûteux de dépasser l'ère des combustibles fossiles.

    Mais ne vous méprenez pas. Je peux faire de l'alarmisme aussi bien que n'importe qui - du moins sur la science. J'ai écrit il y a neuf ans un article sur les inquiétudes croissantes et les preuves indiquant que le changement climatique pourrait se produire plus rapidement que les prévisions consensuelles de l'époque, tandis que des réactions factuelles telles que la fonte du pergélisol et la diminution de la couverture de glace de mer apparaissaient. Depuis lors, il est devenu clair que les craintes étaient plus que justifiées. Sans réductions d'émissions immédiates et spectaculaires, nous sommes confrontés à un avenir inévitable de conditions météorologiques extrêmes potentiellement catastrophiques - ce qu'un article de la revue Nature appelle une élévation «rapide et imparable» du niveau de la mer, et de nombreux autres effets dévastateurs. Et si nous tardons trop longtemps, toutes ces rétroactions pourraient éventuellement pousser la planète vers un scénario de «serre chaude» (comme le disait un article scientifique devenu viral) identique à celui du maximum thermique paléocène-éocène d'il y a 55 millions d'années, lorsque l'Arctique était un paradis subtropical et que les tropiques étaient probablement trop chauds pour que la plupart des formes de vies existantes.

Maximum thermique du passage Paléocène-Eocène


    Mais si, à la fois la menace et la nécessité d'une action urgente sont énormes, les solutions sont déjà à portée de main. Bien que je ne sois pas un scientifique professionnel (NdT : c'est quand même sa formation d'origine), j'ai couvert le changement climatique pour BusinessWeek, Newsweek et d'autres publications pendant plus de trois décennies et, au cours des dernières années, j'ai eu la chance de travailler en tant qu'écrivain ou éditeur sur un certain nombre de rapports concernant le sujet, comme le From Risk to Return de Risky Business et Transformation énergétique mondiale: une feuille de route à l'horizon 2050 (édition 2019) de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). Celles-ci, ainsi que de nombreuses autres études comme les 56 compilées par l'Université de Stanford, montrent un chemin en trois étapes clairement réalisable et abordable pour réaliser les réductions d'émissions, dramatiquement nécessaires pour prévenir une catastrophe climatique. 


    La première étape : électrifiez tout ce qui est possible. Cela signifie des routes grouillant de Teslas, Chevy Bolts (comme la mienne) et leur progéniture ; des pompes à chaleur et des cuisinières à induction dans les maisons ; des fours électriques dans l'industrie; et même des navires et des avions électriques. Étant donné que l’utilisation de l’électricité est beaucoup plus efficace que la combustion de combustibles fossiles, une électrification extensive réduirait en fait la demande totale d’énergie et les coûts énergétiques, même aux prix actuels des énergies renouvelables. (Et n'oublions pas que le groupe motopropulseur d'un véhicule électrique est à des années-lumière plus efficace que celui du moteur à combustion interne d'une voiture à essence; seulement 12% de l'énergie contenue dans le carburant est en fait utilisée pour fabriquer de l'essence. Les voitures électriques ont une efficacité de 77% ou plus - et les groupes motopropulseurs électriques ont seulement une vingtaine de pièces mobiles, alors que les groupes motopropulseurs conventionnels en ont 2000.) 

Pour plus d'infos (en français) sur les différences entre les moteurs thermiques et les moteurs électriques, je vous propose de télécharger ce document :
https://www.mediachimie.org/sites/default/files/transports_p215.pdf



    Et comme la plupart des appareils électriques peuvent être rapidement augmentés ou réduits pour correspondre à l'alimentation électrique, et que certains, comme les véhicules électriques branchés, peuvent même pomper des électrons dans le réseau, l'électrification généralisée déclenche un cycle vertueux. En facilitant l'intégration de la puissance variable des éoliennes et des panneaux solaires, cela facilite la mise en œuvre de la deuxième étape clé : générer toute l'électricité dont nous avons besoin à partir d'énergies renouvelables. La troisième étape consiste donc à élargir sérieusement les mesures d'efficacité énergétique telles que l'isolation thermique des maisons afin de réduire encore davantage la consommation d'énergie globale.

    Alors pourquoi ne sommes-nous pas engagés sur cette voie vers un avenir plus propre et plus sûr ? Dans son livre récent, The New Climate War, le spécialiste du climat Michael Mann accuse de manière convaincante les puissantes campagnes de déni, de tromperie, de confusion et de report, montées par les industries des combustibles fossiles et leurs partisans. Mais comme il l'indique également, il existe une barrière plus fondamentale qui est profondément enracinée dans la nature humaine, qui contribue également à expliquer le «catastrophisme» pernicieux des «mecs du climat qui débarquent». Fondamentalement, les humains ont toujours été médiocres pour prévoir ou même comprendre le rythme potentiel du changement technologique et social - ainsi que toutes les nouvelles possibilités qui peuvent émerger de ces progrès.

    Rappelez-vous comment le président d'IBM, Thomas Watson, avait déclaré en 1943 qu'il ne pourrait y avoir un marché mondial que "pour peut-être cinq ordinateurs ?



    Ou encore, comment Lord Kelvin avait prédit près d'un demi-siècle plus tôt que «la radio n'avait pas d'avenir ?» (Le vénérable Lord affirma également que la radiographie s'avèrerait être un canular et que jamais rien de plus lourd que l'air ne pourrait voler). 



    Ou bien, comment personne n'a jamais pu imaginer que nous transporterions tous maintenant dans nos poches la puissance d'un supercalculateur des années 90, nous permettant d'acheter pratiquement n'importe quoi en ligne, de partager des vidéos de chats ou de regarder The Crown avec frénésie sur Netflix?

Comme vous le constatez, être un scientifique n'empêche pas de dire des âneries. Sachez par exemple, à propos du chemin de fer, que le savant François Arago, homme de grand mérite par ailleurs, mettait en garde les Français contre « les illusions que peuvent donner deux tringles de fer ». Plus fort encore, l'Académie de médecine de Lyon énonçait en 1835, dans un mémoire resté célèbre : « La translation trop rapide d'un climat à un autre produira sur les voies respiratoires un effet mortel... L'anxiété des périls constamment courus tiendra les voyageurs dans une perpétuelle alerte et sera le prodrome d'affections cérébrales. Pour une femme enceinte, tout voyage entraînera infailliblement une fausse couche avec toutes ses conséquences » (1835).


    Ne pas savoir anticiper ni prendre en compte les innovations futures est une histoire qui se répète encore et encore, en particulier dans des domaines comme la réglementation environnementale et sanitaire. Pour un article dans BusinessWeek, j'ai une fois découvert les coûts réels de la mise en conformité, aux nouvelles réglementations qui avaient été mises en œuvre des années auparavant, telles que les limites d'émissions de dioxyde de soufre imposées aux centrales électriques pour réduire les pluies acides. Dans tous les cas, les coûts finaux étaient bien inférieurs, et les réductions et avantages beaucoup plus importants, que même les projections les plus optimistes des experts. La raison en est qu'une fois que des règles ou d'autres types d'incitations sont en place, des personnes intelligentes trouvent de nouvelles façons intelligentes de faire le travail.

 

    C’est pourquoi Bill Gates a tellement tort quand il prétend que nous avons besoin d’un «miracle» technologique pour lutter avec succès contre le changement climatique. En fait, l'humanité a toujours pu disposer de quelque chose d'encore plus puissant que n'importe quelle avancée révolutionnaire; nous disposons d'une meilleure magie, sous forme d'innovation à tous les niveaux, depuis les grandes avancées jusqu'aux innombrables améliorations incrémentales des matériaux, des conceptions, des processus de fabrication et des pratiques de réalisations.

    Il ne faut donc pas s'étonner que les technologies renouvelables aient diminué leurs coûts et se soient déployées plus rapidement que ne le prévoyait les projections les plus optimistes. Une publication du département américain de l'énergie de 2012 rapportait que les prix des modules solaires photovoltaïques avaient chuté de 4,90 dollars le watt en 1998 à 1,28 dollar le watt en 2011, notant sèchement que «la plupart des analystes de l'histoire récente avaient sous-estimé les réductions rapides des prix des modules». En effet, le rapport de 2012 lui-même n'avait pas fait exception à cette sous-estimation persistante. Il espérait que le Département de l'énergie pourrait déclencher une réduction supplémentaire de 75% d'ici 2020. La baisse réelle? Plus de 85 pour cent, à moins de 0,2 $ le watt.

    De même, il y a à peine cinq ans, Bloomberg New Energy Finance prévoyait que les prix des batteries au lithium-ion chuteraient à un peu moins de 200 $ le kilowattheure d'ici 2020. Cela représenterait une baisse stupéfiante par rapport aux 1000 $ le kilowattheure de 2010, mais l'estimation n'était pas assez ambitieuse. Le prix le plus bas en 2020 était de 100 $ le kilowattheure.

 

    Et en 2010, l'Agence internationale de l'énergie avait prédit que la capacité totale mondiale de l'énergie solaire photovoltaïque (le «PV» signifie photovoltaïque - la technologie qui convertit les photons entrants de la lumière du soleil en électricité) atteindrait 410 gigawatts d'ici 2035.

Faux.

    En 2020, ce nombre avait déjà dépassé 707 gigawatts, rendait compte l'IRENA. (Pour donner une idée de l'échelle avec tous ces chiffres, Hoover Dam génère 2 gigawatts.)

    En raison de ces progrès rapides, «le nouveau solaire photovoltaïque (PV) et l'éolien terrestre coûtent moins cher que de maintenir en fonctionnement de nombreuses centrales au charbon existantes», rapporte l'IRENA. Les ajouts de capacité renouvelable en 2020 ont atteint un record absolu, en hausse de près de 50% par rapport à 2019. Et pays après pays, des parts record d'énergie renouvelable sur leurs réseaux électriques sont signalées, comme le parc éolien du Royaume-Uni fournissant 48,5% de l'électricité totale du pays par temps venteux le 3 mai 2021, ou le Danemark produisant plus de 50% de son électricité à partir de l'énergie éolienne et solaire pour toute l'année 2020.

    Désormais, chaque jour apporte de nouveaux rapports d'avancées potentielles. Il existe des cellules solaires fabriquées avec de la pérovskite ou empilées dans des structures 3D qui peuvent offrir des coûts inférieurs ou des rendements plus élevés, et des panneaux solaires construits sur des réservoirs hydroélectriques, rendant ainsi les deux types de production plus efficaces en refroidissant les panneaux et en ralentissant l'évaporation des réservoirs. Les éoliennes continuent de battre des records de taille et de production, comme la géante de 15 mégawatts de 260 mètres de haut de Vestas, et le rythme du développement de l'éolien offshore s'accélère rapidement pour tirer parti d'une ressource renouvelable si vaste qu'elle pourrait fournir 90% des besoins totaux en électricité des États-Unis en 2050.

Nota : Un fidèle lecteur m'a signalé sur Facebook, le problème du recyclage des pales d'éoliennes. Ca aussi, c'est en voie de règlement ! Lisez cet article sur le site d'EDF !Reciclalia, le recyclage viable des pales d’éoliennes. Ou regardez la vidéo ci-dessous !



    Le vent et le solaire ne sont pas non plus les seuls apports renouvelables des villes. La technologie de forage horizontal, pionnière dans la fracturation hydraulique pour le gaz et le pétrole, permet désormais de créer des systèmes d'énergie géothermique en boucle fermée qui offrent une électricité de base continue à faible coût et une source d'énergie flexible qui peut être facilement «dispatchée» (comme on dit) partout où cela est nécessaire pour équilibrer les fluctuations seconde par seconde de la production éolienne et solaire. (Voir également la géothermie "haute énergie"). Et les puissantes marées qui alimentent les voitures électriques en Écosse et fourniront des mégawatts au réseau de la Nouvelle-Écosse à partir de la baie de Fundy.

    Parallèlement, le stockage et l'utilisation de l'électricité sont constamment améliorés. Pensez aux batteries lithium-ion contenant du graphène pour augmenter leur densité énergétique et prolonger leur durée de vie, aux batteries à semi-conducteurs qui promettent une densité d'énergie 50% plus élevée et une charge plus rapide, ou des projets de démonstration qui stockent l'énergie renouvelable dans des pierres chaudes



    Il existe également des moteurs électriques innovants plus légers et plus puissants, comme le design à l'envers de la start-up belge Magnax. (Les moteurs typiques ont une partie fixe - le stator - à l'intérieur de laquelle il y a une partie qui tourne - le rotor. Magnax retourne cela autour, avec le rotor à l'extérieur du stator.) Il existe également des systèmes de pompe à chaleur géothermique standardisés qui fournissent de la chaleur et la climatisation à des rendements bien supérieurs à ceux des concurrents.

Plus d'infos en français sur la géothermie par pompes à chaleur en cliquant sur l'image ci-dessous :


    Même des avancées apparemment simples, comme une peinture blanche ultra-réfléchissante, peuvent refroidir les bâtiments et apporter des gains d'efficacité majeurs.

Peinture ultra blanche

Attention néanmoins, car je ne garanti pas que ce procédé entre totalement dans la logique d'économie durable ! La peinture présente l'avantage d'apporter un traitement qui ne surcharge pas la toiture par son poids. Mais à choisir, si vous voulez traiter intelligemment une toiture, prenez l'exemple du magasin Leroy Merlin de Vénissieux qui vient de végétaliser 8000 m2 de sa toiture à laquelle il a ajouté des panneaux photovoltaïques fournissant 30 % de la consommation énergétique du magasin. Lire cet article : "Leroy Merlin développe le magasin de demain".

    Le point clé ici n'est pas d'identifier l'une de ces technologies ou approches spécifiques comme étant une solution magiques, mais plutôt de mettre en évidence la concurrence féroce actuellement en cours qui entraîne déjà des améliorations et des réductions de coûts incessantes et continues dans les technologies d'énergie renouvelable - et aussi potentiellement nous faire emprunter de nouvelles voies prometteuses encore imprévues. Nous avons déjà assisté à cette compétition en action dans la disparition des systèmes solaires thermiques (qui utilisaient des miroirs pour réfléchir et concentrer la chaleur du soleil pour chauffer l'eau), réalisée par des panneaux solaires photovoltaïques toujours moins chers, et dans le récent abandon de la solution hydrogène par les fabricants de camions, du fait que les améliorations apportées aux batteries lithium-ion faisaient des camions électriques la meilleure option.



    Et étant donné le rythme actuel de l’innovation, il est possible d’imaginer un avenir bien différent du désespoir et du pessimisme des prophètes d'apocalypse du climat. Il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas nous diriger vers ce que le pionnier de l'énergie solaire Martin Green appelle «un avenir d'énergie incroyablement bon marché».

Article The Gardian

    Si bon marché, en fait, que certains experts suggèrent déjà que le moyen rentable de créer un réseau électrique fiable avec une production variable à partir de l'énergie éolienne et solaire est simplement de créer une surcapacité massive. 

Article : GreenBiz


    La capacité supplémentaire, à son tour, ouvrirait alors de nouvelles possibilités, comme produire suffisamment d'hydrogène «vert» ou d'autres carburants et matières premières renouvelables (lorsque la demande d'électricité deviendrait inférieure à la capacité) pour éliminer les émissions de gaz à effet de serre d'autres activités difficiles à électrifier, telles que la sidérurgie et le transport maritime. Les rapports de l’IRENA montrent également la possibilité pour des pays comme le Maroc ou le Chili d’utiliser leurs énormes ressources solaires pour devenir des exportateurs rentables de cette énergie renouvelable.

Concernant la sidérurgie, j'attire votre attention sur la récente découverte de la start-up Boston Metal qui pourrait complètement révolutionner cette industrie. Cliquez sur l'image ci-dessous :

 

    Bien sûr, rien de tout cela n'est facile. Entretenir le plein essor de ces innovations et accélérer leur déploiement nécessitera une immense volonté politique, de gros investissements et toute une série de politiques de soutien. Mais nous devons avoir l'imagination et la foi nécessaires pour comprendre que le changement climatique est un problème que nous pouvons résoudre.

    Il ne doit y avoir ni conte de fées à la Bill Gates, ni résignation au désastre à la Franzen, ni attente de l'invention de certaines technologies miracles à la Kerry.

    Comme l'a écrit le physicien Ray Pierrehumbert dans ces pages sur les technologies renouvelables: 

"Il est temps d'arrêter de trembler dans nos bottes dans une peur inutile de l'avenir et de simplement retrousser nos manches et de le construire."



Alors ? Ne vous sentez-vous pas mieux après la lecture de cet article ? 😊



Mise à jour au 05/06/2021 :

Pour rester dans le jardin français, j'aurais pu compléter le titre en ajoutant Jean-Marc Jancovici après Bill Gates et John Kerry, parce que lui aussi, même s'il a l'avantage de l'ancienneté sur le sujet, il a tout faux. 

Certes, Jean-Marc Jancovici est un expert reconnu, un spécialiste dans son domaine, et ce, depuis fort longtemps. Mais il semble n'avoir pas remarqué, lui non plus, que le monde avait changé. 

Il faut toujours être prudent avec les spécialistes. Schopenhauer disait à propos d'eux :

"Les gens du commun ont un profond respect pour les spécialistes de tout ordre. Ils ignorent que celui qui se fait profession d’une chose n’aime pas la chose même, mais ce qu’elle lui rapporte – et que celui qui se fait profession d’une chose la connaît rarement à fond, car s’il l’étudiait à fond, il n’aurait en général plus le temps de l’enseigner."

Schopenhauer portait un jugement sévère, comme à son habitude. Il faisait mine d'ignorer que c'est difficile pour la plupart des hommes de changer d'opinion sur un sujet, surtout s'il l'on est spécialiste dudit sujet.

Peu de scientifiques sont capables de s'adapter à un changement de paradigme et c'est humain. Le "paradigme", c'est la conception théorique dominante ayant cours à une certaine époque dans une communauté scientifique donnée, qui fonde les types d'explication envisageables. L'histoire des sciences nous offre de nombreux exemples de grands savants, qui, aveuglés par l'expertise dont ils étaient crédités, n'ont pas compris des découvertes scientifiques qui changeaient le paradigme !

Alors ne nous moquons pas, lorsque Jancovici prône le nucléaire comme solution à la crise climatique ! Il semble ignorer que le nucléaire, en tant que source d'énergie, n'a absolument aucun avenir, comme je vous l'ai explique en deux chiffres dans cet article : "Le nucléaire n'a pas d'avenir".