jeudi 1 septembre 2022

Transitio 2.0

(Première mise en ligne le 4 février 2012.)



Transitio.net a déménagé sur Google !

    La première version de Transitio, mise en ligne le 4 févier 2012, existe toujours à l'adresse www.transitio.net. Mais je ne la garde qu'en souvenir et parce qu'elle a eu plus de 845.000 lecteurs.
    C'était un vrai site que j'avais créé avec un logiciel CMS. Mais ce dernier étant périmé. Google me demandait des mises à jour infaisables pour moi et les pirates venaient régulièrement y insérer de fausses pages J'ai donc créé ce blog sur Google, comme ça je n'ai plus de soucis. 
    Ce blog comprend les 220 anciens articles de Transitio.net (qui ont été corrigés et mis à jour !), ainsi que tous les nouveaux, car TRANSITIO continue ! 


Transitio ? Pourquoi ce drôle de nom ?

    Le vieux dictionnaire Latin/Français, le Gaffiot donne la définition suivante du mot latin "transitio" : "action de passer, passage..."
    Je n'ai pas trouvé plus joli nom pour ce site dont l'objet est d'analyser la formidable période de transition que nous vivons : transition énergétique, économique et sociale.

Pourquoi Transitio ?

    L'humanité a déjà vécu maintes périodes de transitions bien sûr, mais assurément aucune n'a jamais eu l'importance de celle dans laquelle nous sommes engagés. La différence de celle-ci par rapport aux précédentes, c'est son extraordinaire enjeu : Soit la mutation profonde de nos sociétés, soit l'effondrement...

    Nous ne pouvons plus réagir aux grandes mutations de notre environnement comme nous le faisions depuis 20.000 ans. Plus possible de changer de vallée lorsque les ressources diminuent. Plus possible de découvrir de nouveaux continents ni d'exterminer, asservir ou coloniser d'autres peuples pour piller leurs ressources.
    Nous venons de réaliser que nous vivions dans un monde fini, et nous commençons de découvrir avec inquiétude que nos réserves énergétiques s'épuisent et comme si cela ne suffisait pas, le climat se réchauffe !

    Vous comprendrez mieux le problème de l'épuisement des ressources dans une société finie en regardant l'excellente petite vidéo ci-dessous.



C'est qui Transitio ?

    Ingénieur thermicien, c'est en 2003 que j'ai commencé à prendre conscience. Ce fut à l'occasion d'un congrès professionnel auquel j'avais assisté. Un représentant du gouvernement, le député Jean Besson (à l'époque membre du conseil supérieur de l'énergie et administrateur de GDF), missionné par la ministre de l'Industrie pour rédiger un livre blanc de l'énergie (une sorte d'état des lieux), avait introduit la journée de débat par un petit discours. Quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre dire que le gouvernement savait très bien qu'il n'y aurait plus de pétrole d'ici quelques décennies, ou que le peu qui resterait serait hors de prix. Il précisa même que la guerre que les USA venaient de commencer en Iraq s'inscrivait dans cette perspective. Le sujet était déjà évoqué à l'époque dans mon travail, mais là c'était un représentant du gouvernement qui en faisait l'aveux.

    Etant amené à réaliser des études prospectives dans le cadre de mon travail (schémas directeurs énergie, plans climat, etc.), penser l'avenir était une nécessité. J'ai donc commencé à suivre avec la plus grande attention, la progression de cet épuisement des ressources énergétiques (fin du pétrole, du gaz, du charbon, etc.).

    Grâce à Internet il était plus facile que jamais d'accéder à de précieux documents, autant dans les grandes compagnies de l'énergie que dans les institutions internationales et les gouvernements. Très peu dans la presse mainstream, vous vous en doutez. La presse ayant de plus en plus vocation à former l'opinion qu'à l'informer, elle ne se contente la plupart du temps que de rapporter ce que des chargés de communication lui donnent. Ce disant, je ne porte pas de jugement de valeur, car lorsque l'on prend réellement la mesure du problème, on comprend la difficulté qu'il y a à en parler.

    Le fameux déni n'existe pas seulement avec le réchauffement climatique. Il est encore bien plus grand vis-à-vis de la crise énergétique. Les uns disent que l'on saura s'adapter au nouveau climat en mettant des shorts et en poussant la clim, et les autres croient dur comme fer que l'on trouvera une nouvelle énergie miraculeuse pour remplacer le pétrole (en l'occurrence, en France, c'est le nucléaire qui sert de miroir aux alouettes).

    Toutes les guerres qui ont lieu depuis plus de 20 ans, ont pour véritable objet l'énergie. Lorsqu'un conflit éclate ou menace d'éclater quelque part (Ukraine par exemple), il vous suffit de taper pétrole, gaz ou uranium, avec le nom du pays, et vous comprendrez !

    La crise économique perpétuelle, elle aussi, est une résultante de l'épuisement des ressources. Les économistes comprennent peu à peu (pas assez) que la fameuse croissance infinie nécessaire pour équilibrer le marché (remboursement des dettes), ne reviendra jamais plus. (Vous avez regardé la vidéo ?).

    Etant passionné d'histoire, de philosophie et même de psychologie, j'ai très vite compris que cette transition énergétique allait provoquer une transition sociétale majeure, sans commune mesure avec les périodes de transition précédentes que l'humanité avait traversées. (La dernière glaciation a réduit l'humanité de moitié, mais à l'époque nous n'étions que quelques centaines de milliers d'individus.) Raison pour laquelle j'ai de plus en plus souvent abordé des sujets de société, en plus des sujets relatifs à l'énergie.

    La grande différence de notre époque par rapport aux précédentes, c'est que nous bénéficions d'un savoir extraordinaire et (normalement) de notre expérience transmise par l'étude de l'histoire.

    Alors voilà, Transitio, c'est cela ; des années d'études de la transition, des centaines de documents précieux dans mes archives et de temps à autres un nouvel article.

A l'origine du site, je concluais ainsi cette page de bienvenue :

"Vivons cette transition, ce passage, comme une heureuse opportunité et non comme une triste fatalité. Une formidable occasion pour les sociétés humaines d'évoluer...

L'avenir doit redevenir ce qu'il était autrefois, c'est à dire une source d'espoir, un projet. Ne gardons des legs du passé que le meilleur, enrichissons-nous des plus belles idées du présent et sourions à l'avenir.

L'avenir commence aujourd'hui !"

Alors bienvenue sur Transitio ! 

 

Petite mise à jour en 2022 : 

    Hélas, je ne suis plus aussi optimiste à présent. Pourtant, en 20 ans, énormément de choses sont allées dans le bon sens, principalement dans les domaines scientifiques et techniques et la date fatidique de la catastrophe climatique recule sans cesse depuis 50 ans. Mais dans le domaine de la pensée, c'est autre chose. Nous ne parvenons pas à nous libérer de certains déterminismes pesants hérités de notre longue évolution. Nos politiques se comportent comme s'ils vivaient encore au 19ème siècle, mais ils disposent des terribles moyens du 21ème. Quant à la population, comment ne pas constater avec inquiétude son ignorance grandissante, révélée par la pandémie de la COVID, et sa progressive mise à l'écart ?






P. S. : Conseils utiles pour la phase de "transition" de Transitio !
  • L'ancien site est toujours en ligne, raison pour laquelle nombre de lien sur ce blog vous dirigerons encore vers des articles de celui-ci (dans l'attente de leur migration).
  • Sur ce blog, on retrouve les articles passés, par années, dans le menu à droite.
  • Transitio se trouve aussi sur une page Facebook sur laquelle je partage des infos que je juge intéressantes et où je publie également les articles de ce blog.
La page Facebook de Transitio !

mercredi 31 août 2022

Une crise énergétique prévue depuis tant d'années, tant d'années d'inaction.

Important.

    Cet article a été publié pour la première fois le 14 mai 2011 sur le premier site de Transitio. Il se trouve toujours à la même date sur ce nouveau site.

    Je le remets en tête, juste après la page d'accueil, car c'est un article très important, au regard de ce que nous vivons actuellement. Nous entrons en effet à présent dans la partie la plus difficile de la transition énergétique, c'est-à-dire, la crise.

    Je suis las de lire et entendre, à droite comme à gauche, autant d'âneries sur ladite crise énergétique. Vous découvrirez en lisant l'article ci-dessous que cette crise était prévue et redoutée depuis longtemps.

    Certains expliqueront tout par la guerre en Ukraine, ce qui bien sûr est en grande partie faux. La guerre en Ukraine n'est même probablement qu'un funeste épisode de guerre pour l'énergie et les ressources, que mènent nombre de pays depuis plusieurs décennies. Il suffit de s'informer de connaître les ressources énergétiques de l'Ukraine (Uranium et gaz) pour voir autrement cette guerre absurde. Lisez mon Post Scriptum sur le sujet à la fin de cet article.

Voici mon article publié en 2011, à propos de documents émanent du gouvernement publiées en 2008...






2003

    La transition énergétique est un sujet grave que j’ai vu apparaitre depuis plusieurs années dans nombre de documents officiels.

    Il semble en effet que dans les milieux "bien informés", tout le monde sache depuis un bon moment que nous vivons les dernières années de l’énergie à bon prix, et ce, en raison du proche épuisement des énergies fossiles.

    Je me souviens avoir entendu en 2003 M. Jean Besson, parlementaire en mission dans le cadre du Débat national sur les énergies, introduire une journée de débat sur l'énergie à Lyon, en disant haut et clair que le gouvernement avait acté le fait qu’il n’y aurait plus de pétrole dans 40 ans ! Il avait même ajouté que la guerre qui débutait alors en Irak s'inscrivait dans cette perspective.

    Ces vérités qui dérangent n’ont cependant pas figuré dans son rapport remis à la ministre de l’époque, Mme Nicole Fontaine en octobre 2003 (Désolé, au 09/04/21, l'article évoquant ce rapport a disparu du site d'Energie Plus. Son adresse était la suivante : http://www.energie-plus.com/news/fullstory.php/aid/1263.html)

2008

    Un des meilleurs exemples de ce que j’avance ici, est bien le rapport de la commission énergie remis au premier ministre du gouvernement Français en 2008 : « Perspectives énergétiques de la France à l’horizon 2020-2050 »

Je mets ce document à votre disposition !

Télécharger le document

Le site n'est pas sécurisé en https (ce sont les archives du gouvernement) mais le lien est toujours actif et sûr au 04/11/2022 :
http://archives.strategie.gouv.fr/cas/system/files/rapport_energie_synthese_volume_1.pdf


Lisez-le absolument !

    Si un écologiste de l'époque avait dit la même chose que ce que l'on peut lire dans ce document, il aurait été accueilli par les quolibets et les sarcasmes habituels !

    Le rédacteur de ce rapport est Jean Syrota, lisez sa bio sur wikipedia, ce n’est pas vraiment un écolo prônant la décroissance : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Syrota

    Je vous propose les deux extraits ci-dessous, tirés de l’avant-propos de ce volumineux rapport.

    Lisez-les, et de grâce, cessez de prendre les écolos pour des allumés ou des terroristes, quand certains disent tout haut ce que d'autres murmurent tout bas, au sein même du gouvernement !

Lisez ces extraits édifiants :

Page 11 :

"Le paradigme a changé, depuis que le réchauffement climatique est devenu une réalité établie. À la crise possible, évitable, survenue puis surmontée, récurrente et finalement bénigne, jusqu’à la prochaine, a succédé un nouvel horizon mental, conceptuel, et donc politique.

Les hydrocarbures n’ont certes pas cessé de se raréfier, puisque disponibles en quantités finies, soumis aux aléas géostratégiques, comme les autres matières premières. Encore que les phénomènes s’accélèrent et que les horizons de danger paraissent se rapprocher : la croissance de la population mondiale et celle des économies émergentes (en premier lieu de la Chine) vont accroître rapidement la demande mondiale d’énergie, alors que l’on peut s’interroger sur la possibilité de repousser durablement les limites de ces ressources. Pour autant, la date du « peak oil » (moment où l’offre de pétrole commence à décliner) demeure incertaine et il n’est pas sûr qu’il ne survienne pas à cause du déclin de la demande pour d’autres motifs que l’insuffisance de la ressource."

(Nota au 09/04/2021 : Les "autres motifs", causes d'un ralentissement de la croissance et de la réduction de demande d'énergie, furent par exemple la crise économique de 2008 et de nos jours la pandémie mondiale de la COVID19.)

 

Page 13 :

"Il faut insister à nouveau sur la nécessité d’un effort massif et constant. Les scénarios que la commission Énergie a étudiés à l’aide de différents modèles donnent tous le même résultat. Une des dimensions commence à être bien connue et acceptée en France et au niveau mondial : la poursuite des errements actuels (scénarios dits « tendanciels ») est le chemin le plus court et le plus certain vers des perspectives de catastrophes mondiales.

Aucune correction spontanée n’est envisageable ; il faut agir avec détermination et sans délai, comme le prévoit l’Union européenne pour 2020. L’inaction ne laissera ouverte à terme qu’une alternative : changer de société par la force ou la voir disparaître, plutôt que de choisir aujourd’hui démocratiquement des développements souhaitables et possibles ménageant les intérêts de chacun, et d’abord les libertés – en particulier en matière de propriété et de mobilité.

L’autre leçon est moins connue et appellera une pédagogie à laquelle les acteurs politiques, mais aussi sociaux, devront d’urgence se livrer : les évolutions vraisemblables de la technique et les efforts raisonnables qu’on peut demander au pays sans compromettre sa croissance ni bouleverser son existence aboutissent, à un horizon de quinze ans, puis en 2050, à un niveau de réduction des gaz à effet de serre à peine égal à celui nécessaire pour nous faire quitter la zone de danger (en escomptant que les autres pays fassent de même)."

Le rapport dans son entier est consultable dans les archives du Centre d’Analyse Stratégique, à l'adresse suivante :

http://archives.strategie.gouv.fr/cas/system/files/rapport_energie_synthese_volume_1.pdf

Transitio veille et sauvegarde

09/04/21 : L'adresse de ce document changeant régulièrement, vous pouvez également consulter l'exemplaire que j'ai conservé précieusement, en cliquant sur l'icône ci-dessous.


Cliquez sur l'icône "pdf" (Et insistez si vous avez un message d'erreur du serveur)

 

Il était complété par de nombreux volumes qui hélas ont presque tous disparu. Il en reste quelques-uns à l'adresse ci-dessous

http://archives.strategie.gouv.fr/cas/content/les-perspectives-energetiques-de-la-france-l%E2%80%99horizon-2020-2050-0.html (lien mis à jour le 09/04/21)

    Prenez le temps de lire ces documents rédigés par des experts. Peut-être aurez-vous alors une lecture plus éclairée de l'actualité de l'énergie.

    Et peut-être aussi en aurez-vous assez que l'on s'adresse à vous comme à des petits enfants. La transition énergétique est un problème qui se résume ainsi pour nos élites : "Comment pourront-elles gérer cette inévitable transition, tout en gardant les rênes du pouvoir ?"

    Les solutions des énergies renouvelables, par exemple, posent un véritable problème, car du fait de leurs natures, elles sont difficiles à centraliser entre les mains de quelques compagnies, comme pour le nucléaire ou le pétrole. Pire encore, elles sont inépuisables et certaines n'ont même pas vraiment de valeur marchande !

    Comprenez-vous pourquoi l'écologie politique pose un problème ?

    Selon un rapport des Nations Unies publié le 10 mai 2011, l'énergie solaire et éolienne, la biomasse et l'hydroélectricité pourraient représenter près de 80% de l'approvisionnement énergétique mondial d'ici 2050, si les Etats mettaient en place des politiques permettant d'exploiter le potentiel de ces énergies renouvelables !

Lien vers le centre d'actualité de l'ONU : http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=25217&Cr=climat&Cr1


Pensez-vous vraiment que les Etats feront ce choix ?

Entre nous ?

....Les écologistes ? Rien que des écoloterroristes, comme disait Sarkozy !

 

Mise à jour au 22 juillet 2022 :

J'ai vu passer aujourd'hui sur la page Facebook du Shift project, une interview de Jean-Marc Jancovici sur BFM TV.

Il évoque tout ce que je sais déjà depuis près de 20 ans et la journaliste lui attribue le mérite d'avoir dit tout cela il y a 10 ans. Mais passons...

Regardez et surtout écoutez la vidéo ! Cliquez sur l'image.

 

Conclusion ?

"L’inaction ne laissera ouverte à terme qu’une alternative : changer de société par la force ou la voir disparaître"

    Depuis 2008, rien n'a été fait d'utile pour nous préparer au choc, sinon préserver les intérêts des actionnaires des grandes compagnies de l'énergie.



Post Scriptum ;

Guerre en Ukraine, guerre pour l'énergie ?

Je ne me prends pas pour un géopoliticien. Je sais juste pour quelles raisons des guerres ont eu lieu en Irak ou en Lybie. Alors voici justes quelques infos concernant l'énergie et l'Ukraine :

Vous pouvez également lire cet article de 2014 traitant de la "Géopolitique énergétique dans la mer Noire", en cliquant sur l'image ci-dessous :


    Vous voulez en apprendre plus ? Tapez les mots gaz ou uranium à côté du mot Ukraine, dans la barre de recherche de votre navigateur WEB...



dimanche 17 juillet 2022

Le mème de transitio sur le climat (si ça peut aider)

 Cliquez sur l'image mes petits lapins
Cliquez sur l'image mes petits lapins

Mème

Définition de mème :

Un mème est un concept (texte, image, vidéo) massivement repris, décliné et détourné sur Internet de manière souvent parodique, qui se répand très vite, créant ainsi le buzz.

  Grosse fatigue

    Je n'ai plus le courage, pour le moment, de rédiger des articles fleuves pour comprendre et expliquer aux gens, du genre, "Pourquoi Bill Gates et John Kerry ont tout faux à propos du changement climatique", "Ces catastrophes qui n'ont pas eu lieu. (Message d'espoir)" ou "Le nucléaire n'a pas d'avenir. Preuve par 2 chiffres", etc.

    J'avais déjà tenté les 3 graphiques qui tuent sur une seule page (Voir ci-dessous). Mais j'ai eu l'idée ce matin de décliner ceux-ci sous la forme d'un mème.

    Oui, je sais, ce n'est pas gagné, il a trop de texte, la moitié des gens vont décrocher dès la première ligne. Mais ça m'a amusé de le faire.


Sinon voici l'image avec les graphiques et les sources :




Ci-dessous le texte pour un éventuel copier-coller :

En 1900, la population mondiale comptait au plus 1.7 milliards de personnes, la consommation mondiale d'énergie était d'environ 1100 millions de tonnes d'équivalent pétrole et la production mondiale de CO2 était environ de 2 milliards de tonnes.

En 2018, la population mondiale comptait plus de 7.8 milliards de personnes, sa consommation mondiale d'énergie était de 13.865 millions de tonnes d'équivalent pétrole et la production mondiale de CO2 était de 37.1 milliards de tonnes de CO2.

Depuis 1900 :

la population mondiale a augmenté de 370%,

la consommation mondiale d'énergie a augmenté de 1160%,

la production mondiale de CO2 a augmenté de 1755%.

Mettez quelques lapins sur une île déserte sans prédateurs et quelques décennies plus tard, l'île sera totalement ravagée.

Alors on fait quoi ? Si on exclu bien évidemment la "solution finale", la solution c'est quoi ?


Je vous conseille vraiment de lire mon article "Ces catastrophes qui n'ont pas eu lieu".


Bisous à vous mes lapins adorés qui me lisez ! Ayez confiance, Vous vous en sortirez ! 😘

Bertrand Tièche


vendredi 15 juillet 2022

Appropriation culturelle et lutte des classes (Social vs Sociétal)

 Article mis à jour le 19/09/2022.

L'objet du litige...

    Une personne en visite chez moi s'étonna un jour de voir dans mon placard de cuisine un véritable service à thé japonais (ayant appartenu à ma défunte mère). Elle se justifia en me faisant part de ses réticences vis-à-vis des appropriations culturelles (1). Selon elle, c'était mal que j'aie ce service chez moi !


Appropriations culturelles

Robe Wax
    Devant mon étonnement, elle m'expliqua que, par exemple, elle ne porterait jamais une robe africaine, parce que ce serait selon elle une appropriation culturelle. (Elle portait un jean, ce qui sans conteste est une appropriation culturelle de la culture américaine. Même si les Américains utilisèrent des toiles fabriquées à Nimes en France).
    J'ai failli laisser tomber ma tasse de fine porcelaine et j'ai essayé de lui expliquer que "l'appropriation culturelle" était en vérité la base de toute culture humaine. Depuis la nuit des temps, chaque culture copie ou s'inspire de ce qu'elle aime ou trouve pratique dans une autre culture. Le métissage culturel est aussi précieux que le métissage génétique (que j'appelle secrètement de tous mes vœux, pour constituer un jour une humanité unie).

Clarisse Sercan Nyuiadzi, créatrice de robes africaines
Lisez sa bio et ses principes sur sa page.

Domination ou fonction évolutive ?

    Bien sûr, cette amie n'est pas stupide, et dans la conversation qui s'en est suivie, elle a avancé avec justesse l'argument de la domination et plus particulièrement l'injuste domination des blancs sur tout le reste du monde...

    Je ne suis pas communiste, mais je trouve pertinente la lecture marxiste de l'histoire. Raison pour laquelle j'ai essayé de lui expliquer que la domination n'était pas seulement une question de couleur de peau, mais aussi et surtout, une question de classe sociale. (Quant à la domination desdits blancs, à l'échelle de l'histoire de l'humanité, elle n'est que passagère et elle résulte de la chance de certains peuples d'avoir pu occuper des zones climatiques tempérées aux ressources facilement accessibles).

    Il y a des dominants dans toutes les sociétés, y compris chez la plupart des sociétés animales comme celles des primates dont nous faisons partie. Cela correspond à une répartition des tâches qui s'est instaurée parce que d'un point de vue évolutionniste, celle-ci fut pertinente à un moment donné de l'évolution, en fonction des conditions environnementales. Quand ces fonctions ne sont plus efficaces, comme la prédominance de la force physique des mâles par exemple, les rôles sociaux évoluent et c'est tout simplement ce qui se passe actuellement.

Source image : Wikirouge
Solidarité de classe

    Lorsque les représentants de notre classe sociale dominante sont allés en Afrique acheter des esclaves, là où le commerce des esclaves existait déjà bien des siècles avant leur arrivée (2), ceux-ci les ont achetés aux représentants des classes dominantes africaines qui ont organisé toujours plus de razzias au sein de leurs peuples pour satisfaire les besoins de nos planteurs, aux Antilles et ailleurs. Bien sûr, des malheureux de chez nous ont participé à ce crime ordonnancé par leurs propres maîtres. Mais quel était leur réelle part de libre-arbitre dans cet engagement commandé par le besoin de travailler pour vivre, au sein de régimes ne leur offrant aucune éducation morale autre que religieuse, celle-ci justifiant bien évidemment l'esclavage (3).

    Nous devons également considérer que le système des classes est un système d'organisation sociale complexe et souvent ambigu. En effet, pour continuer sur l'exemple de la colonisation et de l'esclavage au 18ème siècle. Il faut savoir que nombre de citoyens de couleur possédaient eux-mêmes des esclaves dans nos colonies ! Même s’ils étaient placés dans une situation juridique inférieure à celle des "blancs", ils appartenaient à une classe sociale très dynamique économiquement à Saint-Domingue, en Martinique et dans une moindre mesure en Guadeloupe et en Guyane. Il y avait un transfert croissant de propriétés de terres et d’esclaves des "blancs" vers les gens de couleur. Dans trois quartiers du Sud de Saint-Domingue, dans les années 1780, les citoyens libres de couleur participaient à 44 % des transactions foncières à la campagne. Les libres de couleur possédaient environ 20 % des esclaves de Saint-Domingue et 5 % en Guadeloupe, à la fin du 18ème siècle. Ceux de la Martinique étaient dans une situation intermédiaire entre la Guadeloupe et Saint-Domingue. A Saint-Denis de la Réunion, 61 % des chefs de familles libres de couleur recensés possédaient des esclaves ! (4)


Un injuste fardeau

    Un peu plus tard, cette personne honnête et sensible m'a parlé des origines de sa famille. Une très modeste famille vivant dans une des régions les plus pauvres de France, accablée de misère durant des siècles. Elle-même, vit en dessous du seuil minimum de pauvreté et a vécu une vie particulièrement difficile. Cela m'a donc profondément attristé qu'une personne aussi vulnérable qu'elle, se sente obligée de porter le poids de crimes commis par une classe sociale à laquelle absolument aucun de ses malheureux ancêtres n'a jamais appartenu. Je n'ai cependant pas réussi à lui faire comprendre que si elle portait un boubou africain, elle pourrait aussi aider une femme africaine à élever ses enfants.

Aäme, couturière togolaise
Source : Agence Nationale du Volontariat au Togo


Quand nos identités sont simplifiées, l'autre devient un ennemi.

    Voici une interview de Delphine Horvilleur à propos de l'identité. Elle aborde le problème de l'appropriation culturelle à la douzième minute. Mais toute l'interview est passionnante, car cette femme philosophe, écrivaine, journaliste et rabbin est d'une grande sagesse. A chaque fois que j'écoute une de ses interventions je suis admiratif.



Le wokisme est un impérialisme culturel.

    Le concept d'appropriation culturelle est l'un des fruits toxiques qui poussent dans le champ de la pensée du courant "woke". La culpabilité "petite-bourgeoise" qui imprègne ce mouvement me met vraiment mal à l'aise ! Il a fleuri aux USA au sein d'une population sans véritable culture historique (y compris des universitaires !), population embarrassée par le poids des crimes fondateurs qui ont participé à la création de son pays (génocide des Indiens, esclavage puis ségrégation raciale) et surtout une population accablée de ressentiment et d'un sentiment de culpabilité entretenu par une omniprésence délétère de la religion.

    Aux USA, Les historiens honnêtes savent que les luttes sociales ont toujours été traitées à la baïonnette ou à la mitrailleuse (5) et qu'elles ont progressivement été remplacées par des luttes sociétales qui ne risquent pas de remettre en question l'ordre établi, puisque même le pouvoir y souscrit volontiers.

    Le "wokisme" est en fait un parfait exemple d'impérialisme culturel, celui d'une société malade imposant les remèdes à ses propres maladies, aux autres sociétés, et ce, sans tenir compte des solutions que celles-ci ont déjà trouvé à leurs propres problèmes.

    Ce que je trouve le plus étrange, c'est que ce soient nos mouvements dits de gauche, qui se soient précipités vers ce nouveau produit du soft power américain ! Une preuve que lesdits mouvements abandonnent eux aussi le social pour le sociétal ?

Exemples de luttes sociales :

Répression de la grève des cheminots du Baltimore & Ohio en 1877

Massacre des ouvriers de Ludlow en 1917

Exemples de luttes sociétales :

La défense des gros...

Activisme pour la défense des droits des gros
Fat acceptance movement

Et comme toutes ces âneries nous viennent souvent via le Canada, voici un autre exemple...

Des livres brûlés en Ontario, dont des Tintin et des Astérix
Source : Journal de Montréal


Quelques sources : 

(1)    https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-les-cultures-s-inscrit-dans-un-contexte-de-domination_5345972_1654200.html

(2)    https://www.africavivre.com/afrique/a-lire/essais/le-genocide-voile-de-tidiane-ndiaye.html

(3) https://www.liberation.fr/culture/livres/christianisme-et-esclavage-mi-dieu-mi-maitre-20210915_MPQ7ACCGEFESTKW6ZFXX5I7JCY/

(4) https://www.revolutionfrancaise.website/2020/08/29-aout-1789-fondation-dune-assemblee.html

(5) Grèves USA

https://www.humanite.fr/en-debat/le-20-avril-1914-les-mineurs-de-ludlow-en-greve-sont-massacres-519060

https://www.jstor.org/stable/3777609?origin=crossref#metadata_info_tab_contents

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3576


A propos du massacre de Ludlow :

Le 20 avril 1914, le massacre de Ludlow a eu lieu lorsque les troupes américaines ont ouvert le feu avec des mitrailleuses sur un camp de mineurs en grève et leurs familles à Ludlow, Colorado.

12 000 mineurs s'étaient mis en grève en septembre dernier contre la Colorado Fuel and Iron Corporation (CF&I), propriété de la famille Rockefeller, à la suite du meurtre d'un militant des United Mine Workers of America (UMWA).

Ils ont ensuite exigé une meilleure sécurité au travail et d'être payés en argent, au lieu des certificats d'entreprise (jetons qui ne pouvaient être échangés que dans le magasin de l'entreprise).

Les Rockefeller ont expulsé les mineurs en grève et leurs familles de leurs maisons, et ils ont donc créé des « villes de tentes » pour vivre collectivement, que les femmes des mineurs ont aidé à gérer. Les voyous de l'entreprise ont harcelé les grévistes et sont parfois passés devant des camps en les criblant de tirs de mitrailleuses, tuant et blessant des travailleurs et leurs enfants.

Finalement, la garde nationale a reçu l'ordre d'expulser tous les campements de grève, et le matin du 20 avril, ils ont attaqué le plus grand camp de Ludlow. Ils ont ouvert le feu à la mitrailleuse sur les tentes des travailleurs et de leurs familles, qui ont ensuite riposté.

Le principal organisateur du camp, Louis Tikas, est allé rendre visite à l'officier en charge de la garde nationale pour arranger une trêve. Mais il a été battu au sol puis abattu à plusieurs reprises dans le dos, le tuant. Cette nuit-là, les troupes sont entrées dans le camp et y ont mis le feu, tuant 11 enfants et deux femmes, en plus de 13 autres personnes tuées dans les combats. La plus jeune victime était Elvira Valdez, âgée de seulement 3 mois.

Des protestations contre le massacre ont éclaté dans tout le pays, mais les travailleurs de CF&I ont été vaincus et nombre d'entre eux ont ensuite été licenciés et remplacés par des mineurs non syndiqués. Au cours de la grève, 66 personnes ont été tuées, mais aucun garde ou voyou de l'entreprise n'a été poursuivi.


vendredi 1 juillet 2022

Jean-Marc Jancovici enterre le nucléaire !

 

    Il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis. Jean-Marc Jancovici vient de prouver qu'il n'était pas un imbécile !

    Autrefois ardent défenseur de la cause nucléaire, le spécialiste de la question énergétique, Jean-Marc Jancovici, enterre le nucléaire définitivement dans l'avant-propos qu'il a rédigé pour le dernier ouvrage publié par The Shift Project "Climat, crises : Le plan de transformation de l'économie française".

Je cite :

"Quant au nucléaire, il est long à mettre en œuvre, car très capitalistique, et nécessitant des compétences pointues. Il a donc besoin d'un cadre stable pour se développer. Un cadre que, aujourd'hui, seuls des régimes autoritaires (Chine, Russie) savent garantir. Des pays démocratiques ont pourtant fourni un tel cadre du temps de la planification d'après-guerre, puis à l'époque des chocs pétroliers des années 1970. Mais, pour l'heure en France, un (re)démarrage suffisamment rapide de la filière électronucléaire, pour permettre de compenser en totalité la sortie des combustibles fossiles sans demander d'autre effort, n'est pas envisageable."

Cliquez pour agrandir

Voilà, c'est dit !...

    Je ne me réjouis que très modérément d'avoir eu raison depuis si longtemps, car nous venons de perdre de très précieuses années. De plus, connaissant bien la puissance du lobby nucléaire français, je sais que nos élites dirigeantes vont persister dans leur aveuglement.

    Qu'importe si l'an dernier, l'Industrie Mondiale du Nucléaire a déjà constaté dans son rapport annuel que le nucléaire n'avait plus d'avenir !

Voir le lien suivant : https://www.worldnuclearreport.org/World-Nuclear-Industry-Status-Report-2021-773.html

    Qu'importe si les experts du fameux Bulletin of the Atomic Scientists ont reconnu eux-mêmes que le nucléaire n'était pas une solution au réchauffement climatique !

Voir cet article : Pourquoi Bill Gates et John Kerry ont tout faux à propos du réchauffement climatique.

 

    J'ai personnellement expliqué dans plusieurs articles de ce modeste site, le pourquoi de cette impasse :

Le nucléaire n'a pas d'avenir. Preuve par 2 chiffres.

Pourquoi le choix du nucléaire constitue-t-il une erreur dedirection sur la route des solutions climatiques.

    

La France va de toute façon persister dans l'impasse nucléaire, et à dire vrai, je pense qu'elle ne peut plus faire autrement à présent, car trop de temps a été perdu et surtout, la guerre en Ukraine précipite la crise énergétique. L'hiver prochain risque de provoquer un vent de panique chez les gens qui ne sont pas préparés à ce qui va arriver.


    Un dernier mot sur l'EPR ? Il devait coûter 3.3 milliards et être livré en 2012 ! Actuellement le coût est arrivé à 12.7 milliards et dans le meilleur des cas, il sera livré en 2023, qui plus est à puissance réduite, à cause de ses malfaçons !

Source :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/01/12/nouveau-retard-pour-l-epr-de-flamanville_6109129_3234.html

Voir également mon article : Ingénierie sociale et ingénierie nucléaire.