lundi 18 juillet 2022

Transitio 2.0

(Première mise en ligne le 4 février 2012.)



Transitio.net a déménagé sur Google !

    La première version de Transitio, mise en ligne en le 4 févier 2012, existe toujours à l'adresse www.transitio.net. Mais je ne la garde qu'en souvenir et parce qu'elle a eu plus de 700.000 lecteurs.
    C'était un vrai site que j'avais créé avec un logiciel CMS. Mais ce dernier était périmé. Google me demandait des mises à jour infaisables pour moi et les pirates venaient régulièrement y insérer de fausses pages J'ai donc créé ce blog sur Google, comme ça je n'ai plus de soucis. 
    Ce blog comprend les 220 anciens articles de Transitio.net (qui ont été corrigés et mis à jour !), ainsi que tous les nouveaux, car TRANSITIO continue ! 


Transitio ? Pourquoi ce drôle de nom ?

    Le vieux dictionnaire Latin/Français, le Gaffiot donne la définition suivante du mot latin "transitio" : "action de passer, passage..."
    Je n'ai pas trouvé plus joli nom pour ce site dont l'objet est d'analyser la formidable période de transition que nous vivons : transition énergétique, économique et sociale.

Pourquoi Transitio ?

    L'humanité a déjà vécu maintes périodes de transitions bien sûr, mais assurément aucune n'a jamais eu l'importance de celle dans laquelle nous sommes engagés. La différence de celle-ci par rapport aux précédentes, c'est son extraordinaire enjeu : Soit la mutation profonde de nos sociétés, soit l'effondrement...

    Nous ne pouvons plus réagir aux grandes mutations de notre environnement comme nous le faisions depuis 20.000 ans. Plus possible de changer de vallée lorsque les ressources diminuent. Plus possible de découvrir de nouveaux continents ni d'exterminer, asservir ou coloniser d'autres peuples pour piller leurs ressources.
    Nous venons de réaliser que nous vivions dans un monde fini, et nous commençons de découvrir avec inquiétude que nos réserves énergétiques s'épuisent et comme si cela ne suffisait pas, le climat se réchauffe !

    Vous comprendrez mieux le problème de l'épuisement des ressources dans une société finie en regardant l'excellente petite vidéo ci-dessous.



C'est qui Transitio ?

    Ingénieur thermicien, c'est en 2003 que j'ai commencé à prendre conscience. Ce fut à l'occasion d'un congrès professionnel auquel j'avais assisté. Un représentant du gouvernement, le député Jean Besson (à l'époque membre du conseil supérieur de l'énergie et administrateur de GDF), missionné par la ministre de l'Industrie pour rédiger un livre blanc de l'énergie (une sorte d'état des lieux), avait introduit la journée de débat par un petit discours. Quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre dire que le gouvernement savait très bien qu'il n'y aurait plus de pétrole d'ici quelques décennies, ou que le peu qui resterait serait hors de prix. Il précisa même que la guerre que les USA venaient de commencer en Iraq s'inscrivait dans cette perspective. Le sujet était déjà évoqué à l'époque dans mon travail, mais là c'était un représentant du gouvernement qui en faisait l'aveux.

    Etant amené à réaliser des études prospectives dans le cadre de mon travail (schémas directeurs énergie, plans climat, etc.), penser l'avenir était une nécessité. J'ai donc commencé à suivre avec la plus grande attention, la progression de cet épuisement des ressources énergétiques (fin du pétrole, du gaz, du charbon, etc.).

    Grâce à Internet il était plus facile que jamais d'accéder à de précieux documents, autant dans les grandes compagnies de l'énergie que dans les institutions internationales et les gouvernements. Très peu dans la presse mainstream, vous vous en doutez. La presse ayant de plus en plus vocation à former l'opinion qu'à l'informer, elle ne se contente la plupart du temps que de rapporter ce que des chargés de communication lui donnent. Ce disant, je ne porte pas de jugement de valeur, car lorsque l'on prend réellement la mesure du problème, on comprend la difficulté qu'il y a à en parler. Le fameux déni n'existe pas seulement avec le réchauffement climatique. Il est encore bien plus grand vis-à-vis de la crise énergétique. Les uns disent que l'on saura s'adapter au nouveau climat en mettant des shorts et en poussant la clim, et les autres croient dur comme fer que l'on trouvera une nouvelle énergie miraculeuse pour remplacer le pétrole (en l'occurrence, en France, c'est le nucléaire qui sert de miroir aux alouettes).

    Toutes les guerres qui ont lieu depuis plus de 20 ans, ont pour véritable objet l'énergie. Lorsqu'un conflit éclate ou menace d'éclater quelque part (Ukraine par exemple), il vous suffit de taper pétrole, gaz ou uranium, avec le nom du pays, et vous comprendrez !

    La crise économique perpétuelle, elle aussi, est une résultante de l'épuisement des ressources. Les économistes comprennent peu à peu (pas assez) que la fameuse croissance infinie nécessaire pour équilibrer le marché (remboursement des dettes), ne reviendra jamais plus. (Vous avez regardé la vidéo ?).

    Etant passionné d'histoire, de philosophie et même de psychologie, j'ai très vite compris que cette transition énergétique allait provoquer une transition sociétale majeure, sans commune mesure avec les périodes de transition précédentes que l'humanité avait traversées. (La dernière glaciation a réduit l'humanité de moitié, mais à l'époque nous n'étions que quelques centaines de milliers d'individus.) Raison pour laquelle j'ai de plus en plus souvent abordé des sujets de société, en plus des sujets relatifs à l'énergie.

    La grande différence de notre époque par rapport aux précédentes, c'est que nous bénéficions d'un savoir extraordinaire et (normalement) de notre expérience transmise par l'étude de l'histoire.

    Alors voilà, Transitio, c'est cela ; des années d'études de la transition, des centaines de documents précieux dans mes archives et de temps à autres un nouvel article.

A l'origine du site, je concluais ainsi cette page de bienvenue :

"Vivons cette transition, ce passage, comme une heureuse opportunité et non comme une triste fatalité. Une formidable occasion pour les sociétés humaines d'évoluer...

L'avenir doit redevenir ce qu'il était autrefois, c'est à dire une source d'espoir, un projet. Ne gardons des legs du passé que le meilleur, enrichissons-nous des plus belles idées du présent et sourions à l'avenir.

L'avenir commence aujourd'hui !"

    Hélas, je ne suis plus aussi optimiste à présent. Pourtant, en 20 ans, énormément de choses sont allées dans le bon sens, principalement dans les domaines scientifiques et techniques et la date fatidique de la catastrophe climatique recule sans cesse depuis 50 ans. Mais dans le domaine de la pensée, c'est autre chose. Nous ne parvenons pas à nous libérer de certains déterminismes pesants hérités de notre longue évolution. Nos politiques se comportent comme s'ils vivaient encore au 19ème siècle, mais ils disposent des terribles moyens du 21ème. Quant à la population, comment ne pas constater avec inquiétude son ignorance grandissante, révélée par la pandémie de la COVID, et sa progressive mise à l'écart ?


Alors bienvenue sur Transitio !



P. S. : Conseils utiles pour la phase de "transition" de Transitio !
  • L'ancien site est toujours en ligne, raison pour laquelle nombre de lien sur ce blog vous dirigerons encore vers des articles de celui-ci (dans l'attente de leur migration).
  • Sur ce blog, on retrouve les articles passés, par années, dans le menu à droite.
  • Transitio se trouve aussi sur une page Facebook sur laquelle je partage des infos que je juges intéressantes et où je publie également les articles de ce blog.
La page Facebook de Transitio !

dimanche 17 juillet 2022

Le mème de transitio sur le climat (si ça peut aider)

 Cliquez sur l'image mes petits lapins
Cliquez sur l'image mes petits lapins

Mème

Définition de mème :

Un mème est un concept (texte, image, vidéo) massivement repris, décliné et détourné sur Internet de manière souvent parodique, qui se répand très vite, créant ainsi le buzz.

  Grosse fatigue

    Je n'ai plus le courage, pour le moment, de rédiger des articles fleuves pour comprendre et expliquer aux gens, du genre, "Pourquoi Bill Gates et John Kerry ont tout faux à propos du changement climatique", "Ces catastrophes qui n'ont pas eu lieu. (Message d'espoir)" ou "Le nucléaire n'a pas d'avenir. Preuve par 2 chiffres", etc.

    J'avais déjà tenté les 3 graphiques qui tuent sur une seule page (Voir ci-dessous). Mais j'ai eu l'idée ce matin de décliner ceux-ci sous la forme d'un mème.

    Oui, je sais, ce n'est pas gagné, il a trop de texte, la moitié des gens vont décrocher dès la première ligne. Mais ça m'a amusé de le faire.


Sinon voici l'image avec les graphiques et les sources :




Ci-dessous le texte pour un éventuel copier-coller :

En 1900, la population mondiale comptait au plus 1.7 milliards de personnes, la consommation mondiale d'énergie était d'environ 1100 millions de tonnes d'équivalent pétrole et la production mondiale de CO2 était environ de 2 milliards de tonnes.

En 2018, la population mondiale comptait plus de 7.8 milliards de personnes, sa consommation mondiale d'énergie était de 13.865 millions de tonnes d'équivalent pétrole et la production mondiale de CO2 était de 37.1 milliards de tonnes de CO2.

Depuis 1900 :

la population mondiale a augmenté de 370%,

la consommation mondiale d'énergie a augmenté de 1160%,

la production mondiale de CO2 a augmenté de 1755%.

Mettez quelques lapins sur une île déserte sans prédateurs et quelques décennies plus tard, l'île sera totalement ravagée.

Alors on fait quoi ? Si on exclu bien évidemment la "solution finale", la solution c'est quoi ?


Je vous conseille vraiment de lire mon article "Ces catastrophes qui n'ont pas eu lieu".


Bisous à vous mes lapins adorés qui me lisez ! Ayez confiance, Vous vous en sortirez ! 😘

Bertrand Tièche


vendredi 1 juillet 2022

Jean-Marc Jancovici enterre le nucléaire !

 

    Il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis. Jean-Marc Jancovici vient de prouver qu'il n'était pas un imbécile !

    Autrefois ardent défenseur de la cause nucléaire, le spécialiste de la question énergétique, Jean-Marc Jancovici, enterre le nucléaire définitivement dans l'avant-propos qu'il a rédigé pour le dernier ouvrage publié par The Shift Project "Climat, crises : Le plan de transformation de l'économie française".

Je cite :

"Quant au nucléaire, il est long à mettre en œuvre, car très capitalistique, et nécessitant des compétences pointues. Il a donc besoin d'un cadre stable pour se développer. Un cadre que, aujourd'hui, seuls des régimes autoritaires (Chine, Russie) savent garantir. Des pays démocratiques ont pourtant fourni un tel cadre du temps de la planification d'après-guerre, puis à l'époque des chocs pétroliers des années 1970. Mais, pour l'heure en France, un (re)démarrage suffisamment rapide de la filière électronucléaire, pour permettre de compenser en totalité la sortie des combustibles fossiles sans demander d'autre effort, n'est pas envisageable."

Cliquez pour agrandir

Voilà, c'est dit !...

    Je ne me réjouis que très modérément d'avoir eu raison depuis si longtemps, car nous venons de perdre de très précieuses années. De plus, connaissant bien la puissance du lobby nucléaire français, je sais que nos élites dirigeantes vont persister dans leur aveuglement.

    Qu'importe si l'an dernier, l'Industrie Mondiale du Nucléaire a déjà constaté dans son rapport annuel que le nucléaire n'avait plus d'avenir !

Voir le lien suivant : https://www.worldnuclearreport.org/World-Nuclear-Industry-Status-Report-2021-773.html

    Qu'importe si les experts du fameux Bulletin of the Atomic Scientists ont reconnu eux-mêmes que le nucléaire n'était pas une solution au réchauffement climatique !

Voir cet article : Pourquoi Bill Gates et John Kerry ont tout faux à propos du réchauffement climatique.

 

    J'ai personnellement expliqué dans plusieurs articles de ce modeste site, le pourquoi de cette impasse :

Le nucléaire n'a pas d'avenir. Preuve par 2 chiffres.

Pourquoi le choix du nucléaire constitue-t-il une erreur dedirection sur la route des solutions climatiques.

    

La France va de toute façon persister dans l'impasse nucléaire, et à dire vrai, je pense qu'elle ne peut plus faire autrement à présent, car trop de temps a été perdu et surtout, la guerre en Ukraine précipite la crise énergétique. L'hiver prochain risque de provoquer un vent de panique chez les gens qui ne sont pas préparés à ce qui va arriver.


    Un dernier mot sur l'EPR ? Il devait coûter 3.3 milliards et être livré en 2012 ! Actuellement le coût est arrivé à 12.7 milliards et dans le meilleur des cas, il sera livré en 2023, qui plus est à puissance réduite, à cause de ses malfaçons !

Source :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/01/12/nouveau-retard-pour-l-epr-de-flamanville_6109129_3234.html

Voir également mon article : Ingénierie sociale et ingénierie nucléaire.