vendredi 29 mars 2013

Monsanto Protection Act (Et le mariage pour tous ?)

Article publié le 29 mars 2013
Mis à jour le 26 mai 2013 (en bas de page) 



Mais quel rapport, amis Américains, avec le mariage pour tous ?


Peut-être est-ce là l’effet de la colère, mais certains Américains font de curieux rapprochements sur les réseaux sociaux ce soir !



Il y a peu de chance que vous en entendiez parler au journal de 20h ce soir, mais aux USA, le public, les défenseurs de la sécurité alimentaire et les agriculteurs indépendants sont verts de rage contre le président Obama. Celui-ci a en effet signé le projet de loi HR 933 continuing resolution, plus communément appelé « Monsanto Protection Act ».

Un alinéa de cette loi, prévue pour essentiellement éviter une rupture budgétaire au gouvernement afin qu’il puisse payer ses factures dans les six prochains mois, interdit en effet aux tribunaux fédéraux d'être en mesure d'arrêter la vente ou la plantation de cultures d'OGM ou de semences génétiquement modifiées, et ce, quelles que soient les conséquences sur la santé que leurs consommations pourraient révéler dans le futur.

Malgré les 2 jours de manifestations à Washington, qui faisaient suite à une campagne de pétition massive organisée par le groupe de défense Food Democracy Now , qui a recueilli les signatures de plus de 250.000 personnes, Obama n'a pas apposé son veto.

Mais ces manifestations ont semble-t-il moins intéressé les médias (le fameux mainstream) que celles concernant le mariage pour tous.



Non vous ne rêvez pas, aux USA le gouvernement amuse le bon peuple avec les mêmes débats de société que chez nous, et ces hochets forts utiles amusent ledit bon peuple aussi efficacement que chez nous !

Ne vous méprenez pas sur ma réaction. L’homosexualité est un comportement naturel qui a été observé dans plus de 1500 espèces animales. Le seul comportement vraiment "contre nature" observé uniquement dans l’espèce humaine, est le célibat, et le pire est que ce comportement dangereusement déviant est mis en valeur par certaines religions ! 

Mais revenons à nos moutons (de panurge) ! Wink


C’est à croire que lorsqu’ils se rencontrent au G20 ou à Davos, nos dirigeants se refilent des tuyaux pour manipuler leurs crédules électeurs, ou dit autrement pour « amuser la galerie ».

Notre président du changement, impuissant à pouvoir changer quoi que ce soit, s’est sûrement réjoui de constater comment le débat sur le mariage pour tous avait passionné la société française, tandis qu'il menait sa petite guerre coloniale pour préserver l’accès à l’uranium au Mali et au Niger pour Areva.

Mais comme je suis médisant ! Ce n’était pas une guerre coloniale, c’était une croisade contre de fanatiques terroristes ivres de sang (comme George W Bush en Iraq et en Afghanistan), une guerre de libération d’un peuple opprimé (Comme Sarkozy en Lybie).



Euh… Quoi d’autre ? Undecided


Loi relative au "Certificat d’Obtention Végétale" (COV), proposée par un sénateur UMP, soutenue par le gouvernement de Nicolas Sarkozy et votée par la majorité UMP ? Celle qui a gravé dans le marbre l’interdiction de semer le grain récolté et l’obligation, dans cette hypothèse, de payer des royalties aux semenciers-sélectionneurs dès l’usage en deuxième génération des semences vendues sur le marché ?

Notre président du changement, François Hollande, s’était engagé à retirer ce texte, mais il semblerait que les décrets d’application soient en cours de préparation…

Là où les méthodes de sélection agronomique n’ont pas réussi à rendre le grain stérile ou dégénérescent en deuxième génération (hybrides F1), les semenciers cherchent, par des méthodes juridiques cette fois, à recréer le marché captif extrêmement lucratif que les hybrides F1 leur ont permis de s’aménager.

C’est ainsi qu’ils sont parvenus à interdire la reproduction de leurs semences par le biais des droits de propriété intellectuelle applicables aux variétés végétales (le COV), et à faire qualifier la semence récoltée de contrefaçon, sur le plan international d’abord (Convention UPOV dans sa version de 1991), puis au niveau européen (Règlement 2100/94) et plus récemment sur la scène nationale.

Cela signifie donc qu’au-delà d’un seul usage, la semence vendue ne peut plus être utilisée, même à des fins personnelles, sur l’exploitation.

C’est un peu comme s’il n’était pas possible d’écouter un CD plusieurs fois ou qu’un logiciel informatique devait s’autodétruire passé un certain délai, pour obliger les consommateurs à racheter ces produits régulièrement. Ici les semenciers ont tiré parti du caractère autoreproductible des semences pour prétendre que, au-delà de la première génération et alors même qu’il s’agit du même matériel génétique, le droit d’usage du produit était expiré.


Plus d'informations à propos de cette loi sur le site de Kokopelli

Bon, j’en ai assez de m'énerver bêtement derrière mon écran !

C’est le week-end de Pâques, la fête d’Ishtar, la déesse de la fertilité chez les Babyloniens. 

Espérons que celle-ci veillera à la croissance des semences génétiquement modifiées, ou pas.

Voici la généreuse déesse Ishtar
Déesse Ishtar




Post Scriptum

Grand jeu concours : Quel sera le prochain formidable débat de société qui enfiévrera les médias et déchainera les passions à la machine à café ?




La folie continue !

Mise à jour du dimanche 26 mai :

Hier, il y a eu 400 rassemblements partout dans le monde pour protester contre Monsanto, y compris à Paris au Trocadero. Silence total ou presque dans les médias.

Aujourd'hui à Paris, une manifestation est organisée contre le mariage pour tous, organisée par les mêmes que ceux qui étaient :
  • contre l'avortement,
  • contre le divorce,
  • contre le vote des femmes,
  • contre le mariage mixte,
  • contre les congés payés,
  • contre la retraite,
  • contre la semaine de 40 heures puis de 35 heures,
  • contre l'indépendance des colonies,
  • contre l'abolition de l'esclavage,
  • contre l'interdiction du travail des enfants,
  • contre la République.
J'en passe et j'en oublie...

Pendant ce temps-là, la misère gagne du terrain. La misère qui, elle, est vraiment immorale et détruit les familles.

Pendant ce temps-là, une nouvelle loi proposée par la Commission européenne souhaite l'illégalité de la pousse, la reproduction ou la vente des semences de végétaux qui n’ont pas été testées et approuvées par une nouvelle autorité (l’Agence européenne des variétés végétales). Cette loi rendra illégale le simple fait de cultiver son potager et d’offrir des tomates à son voisin.

Lisez cet article sur le site belge de RTL : Cultiver son jardin pourrait devenir un acte criminel


Cette photo circulait ce matin sur les réseaux sociaux aux USA, et ailleurs bien sûr.




mercredi 27 mars 2013

L'homme, dernière espèce menacée d'extinction...

Cet article publié initialement le 27 décembre 2012, est actualisé à l'occasion de la parution de la traduction française du livre d'Hanna Rosin "La fin des hommes".





Transitio essaye, dans la limite de ses (mes) modestes moyens, de découvrir des signes de changements dans nos sociétés en transition.

Mais voilà bien un changement auquel au moins une bonne moitié d’entre vous ne s’attendait pas (l’autre moitié en rêvant peut-être). 

La dernière espèce menacée d’extinction ne serait rien d’autre que les hommes, et la nouvelle espèce dominante en voie de remplacer les hommes serait les femmes…


J’ai découvert ce "signe de changement" à la lecture d’un article du journal anglais "The Independent" lors de mes vacances d’été en 2010. La journaliste anglaise Christina Paterson se faisait l’écho d’un article publié dans le journal The Atlantic aux Etats Unis par Hanna Rosin, un article au titre évocateur : "La fin des hommes". Vous constaterez que j’ai longuement réfléchi avant de vous en parler, mais devant l’importance du sujet, je ne pouvais retarder plus longtemps cette révélation.

Voulant m’informer de la progression de ce changement avant de rédiger cet article, je me suis aperçu que ladite Hanna Rosin avait même réalisé un site web consacré à la fin de l’homme ! (Voir le lien en bas de page).

Christina Paterson et Hanna Rosin...

Nous voici au cœur des préoccupations de Transitio ! Nos comportements hérités de notre évolution ne sont plus adaptés aux sociétés que nous avons créées et si nous ne les changeons pas assez rapidement, nous aurons de très gros soucis, économiques, sociaux, environnementaux, voire pires. Mais de quels comportements parlons-nous, si ce n’est de ceux de l’homo sapiens dans sa version mâle, dominant et prédateur ?
En vérité, nos sociétés post-industrielles n’ont plus que faire de primates musclés et agressifs sachant courir vite et lancer très loin une pierre (où une bombe). Les compétences les plus précieuses aujourd'hui sont l’intelligence sociale, l’aisance à communiquer, la capacité à rester assis et à se concentrer, talents qui ne sont pas, loin s’en faut, des spécialités masculines.
Cette interprétation ne plaira probablement pas à certaines féministes qui prétendent que les seules différences entre hommes et femmes sont d'origines culturelles et non pas naturelles. Il s'agit là d'un autre débat, mais si le sujet vous intéresse, je vous suggère de lire cette interprétation darwinienne ici.

Je vous propose donc de lire ci-dessous ma traduction laborieuse de cet article daté du 7 juillet 2010. Traduction laborieuse, je m'en excuse, car l’humour anglais et quelques expressions idiomatiques singulières m’ont causé, je l’avoue, quelques soucis.

Je remercie au passage Jean-Philippe, un lecteur attentif qui a repris ma traduction défaillante de certains passages et corrigé mes fautes d'orthographe ! Smile


Vous pouvez bien sûr aller sur le site de The Independent pour lire l’original : Men: the latest endangered species


Christina Patterson - Les Hommes : la dernière espèce menacée d'extinction

Les garçons sont vomis d'un système scolaire inadéquat à 16 ans et laissés à l'abandon. Si l'état les empêche de mourir de faim, ce ne sera probablement plus pour longtemps.

Bon d’accord, ils gèrent l'économie et le pays, et le monde aussi. D’accord ils gagnent plus, d’une manière générale, énormément plus. C’est vrai qu’ils ont vraiment pris au pied de la lettre ce fichu bobard à propos de la domination sur les poissons de la mer, les oiseaux dans les cieux, et tout ce qui se meut sur la terre – vraiment à fond, en l'étendant à toutes sortes de domaines que Dieu avait oublié (la couette, la télécommande). Mais les hommes feraient mieux de prendre garde. Pauvres chéris, ils sont condamnés.

C'est, du moins, la conclusion d'un nouvel article publié dans Atlantic Monthly, qui a créé un peu d’agitation des deux côtés de la mare. "C’est au début de cette année », explique son auteur, Hanna Rosin, « que les femmes sont devenues la main-d'œuvre majoritaire pour la première fois dans l'histoire américaine. La plupart des managers sont également des femmes. Et trois femmes obtiennent un diplôme universitaire cette année pour seulement deux hommes. Pendant des années, l’émancipation des femmes a consisté dans un combat pour l'égalité. « Mais quoi », se demande-t-elle, un peu à la manière de Carrie  Bradshaw, l’héroïne de Sex and the City, superbement coiffée, tapotant sur son ordi portable avant de feuilleter un Cosmopolitan, « Et si l'égalité n'était pas le point final ?  Et si cette si moderne société post-industrielle ne convenait tout simplement pas mieux aux femmes ? "

Les femmes des régions pauvres de l'Inde, dit-elle, apprennent l'anglais plus vite que les hommes. Les femmes possèdent plus de 40% des entreprises en Chine. Dans certains pays déchirés par la guerre, les femmes interviennent « comme une sorte d'équipe matriarcale de secours". Et en Amérique, les parents commencent à préférer les filles aux garçons. « Nous pouvons observer », dit-elle, « avec une clarté absolue, que dans les décennies à venir, la classe moyenne sera dominé par les femmes." Il s'agit en d'autres termes, comme le titre l’affirme d’une façon frappante comme une évidence, de "La fin des hommes".

Eh bien oui. Toutes les bonnes choses ont une fin,… Quoi qu'il en soit, ils ont eu leur heure de gloire. Et être mis à l'écart n'est pas si mauvais que ça. Qu’ils prennent soin de leurs cheveux, de leurs pectoraux et de leurs brioches et tout ira bien. Rassurez-vous, les gars ! Peut-être que cela n’arrivera pas !

Dans son argumentaire, Rosin s'appuie sur des chiffres qui, comme souvent avec nos encombrants cousins ​​d’outre-Atlantique, sont plus extrêmes que les nôtre. Il n'y a aucune preuve ici (et guère plus, semble-t-il, aux USA) que les parents choisissent les filles plutôt que les garçons. La main-d'œuvre britannique n'est pas composée de plus de femmes que d'hommes. Il y a encore plus de managers masculins que féminins, et il n'y a pas trois femmes pour deux hommes qui obtiennent un diplôme. Mais il est vrai que les filles sont maintenant plus nombreuses à accéder à l'enseignement supérieur, 57% de plus que les garçons. Il est vrai que plus de femmes que d’hommes entreprennent des études de troisième cycle. Et il est vrai que les garçons ne sont pas plus mauvais que les filles au GCSE (examen en fin de seconde) pour avoir le niveau A (le meilleur). Mais ils représentent aussi la plus forte proportion de diplômés au chômage.

Selon un nouveau rapport de l’institut supérieur de politique éducative, 17.2% des jeunes hommes diplômés ne parviennent pas à trouver un emploi, comparativement à 11,2% chez les femmes. "Une raison possible", explique Carl Gilleard, le directeur général de l'Association de recrutement de diplômés, lorsqu'il est interpellé à propos de cet effondrement d’une grande partie de la classe moyenne masculine « pourrait être une certaine suffisance résultant de longues études ... peut-être que ces étudiants masculins pensent que le fait qu’ils sont allés à l'université va être suffisant pour leur garantir une carrière de rêve."

Alors, gâtés, paresseux et débordants d’une confiance inappropriée ? Serait-ce là l'héritage de ces écoles primaires qui donnent des autocollants, des sourires ou des soupirs aux enfants qui redoublent ? Les écoles primaires comme celle où j'avais fait une fois un séjour, et où les enfants qui faisaient le bilan d’un match de football de l'école en se félicitant de leur performance, à qui je faisais remarquer qu’ils avaient perdu, m’avaient juste regardée d’un air perplexe ? Est-ce un legs de ces soirées de parties de "pass parcel" (sorte de passe à ton voisin) où tout le monde gagne ? Est-ce là le résultat d’une éducation trop laxiste donnée par ces parents qui veulent être cool avec leurs enfants, et qui souvent, se comportent comme des enfants ?

Dieu seul le sait (ou peut-être Hanna Rosin). Si l’excès de confiance était le problème, alors le chômage de masse qui se trouve sur son chemin devrait aider à la prise de conscience. Un peu tard peut-être, pour la promotion actuelle de diplômés, mais une fois revenus à la dure réalité, ils pourraient songer à réduire leurs prétentions et à se démener, comme la plupart d'entre nous l’avons fait à nos débuts, pour éviter de sombrer. Au moins, avec un diplôme, sont-ils probablement capables de lire et écrire, voire de sortir du lit.

En fait, le problème est beaucoup plus grand pour les garçons sans diplômes, les garçons sans aucune qualification du tout. Les garçons de la classe ouvrière blanche vont mal, de même que les noirs malheureusement. Avec les délocalisations d’emplois manuels vers l'Extrême-Orient, et la disparition de la plupart des cols bleus traditionnels, ces garçons - dont un grand nombre n'ont qu’un parent qui travaille, et souvent pas un homme - sont vomis à 16 ans d'un système scolaire inadapté et laissés à l'abandon. Si l'état les empêche encore de mourir de faim, ce ne sera probablement plus pour très longtemps.

Frank Field, avait été sollicité par Tony Blair pour « penser l'impensable » à propos de la réforme de l'aide sociale, puis, quand l'impensable s'est avéré difficile à faire passer, l’a tranquillement expédié, tel le nouveau tsar de la pauvreté de la coalition, planifiant la suppression de la plupart des aides. Il n'a pas encore dit comment il va forcer les employeurs, qui se détournent des diplômés qui n'ont pas le niveau 2:1, d'opter plutôt pour les garçons sans même un GCSE.

Et qui, soit dit en passant, les épousera ? Probablement pas les femmes qui forment à présent 40% de la profession médicale (et qui, en 2017, la domineront) ou les femmes qui constituent maintenant 60% des diplômes d'avocats. (Mais ne nous emballons pas trop. Seuls 11% des entreprises du FTSE (Equivalent britannique du CAC 40) ont des femmes dans leur conseil d’administration. Moins d'un quart des nominations publiques sont des femmes. Un cinquième des députés sont des femmes, et seulement un sixième du Cabinet. Des 17 éditeurs des journaux nationaux, deux seulement sont des femmes. L'écart salarial entre hommes et femmes est encore d'environ 16 pour cent, dans le secteur financier jusqu'à 55%. La fin des hommes ? Chérie, vous voulez rire ?

La triste réalité est que nous produisons une sorte de sous-espèce d'hommes dont personne ne veut. Les employeurs ne veulent pas d'eux. La société ne veut pas d'eux. Les femmes ne veulent pas d'eux, ou alors seulement pour leur sperme, qui assure ainsi la perpétuation du carrousel des enfants sans pères. Seul un petit nombre de modèles de rôles masculins continuent à lancer leurs pitoyables feux (si l'on ne compte pas les idiots immatures qui sont célèbres pour être célèbres et les footballeurs qui sont célèbres pour être nuls). (Merci Jean-Philippe pour la traduction plus élégante de ce passage)

Nous avons le choix. Nous pouvons, à un moment où la destruction généralisée des espoirs et des moyens de subsistance semble être devenue un sport national, décider de nous concentrer sur l'éducation et les besoins de la déjà présente « génération perdue », ou nous pouvons encourager Toby Young et ses équivalents à continuer de sillonner le pays pour collecter des fonds pour les soi-disant « écoles libres ». Avec des restrictions budgétaires qui de 25 %, sont soudain passée à 40%, on ne peut pas faire les deux.

Parmi les compétences qui font défaut à beaucoup de ces jeunes hommes, ce qui ajoute à leur profonde inadaptation au monde du travail en mutation, figure ce que Rosin appelle « l’intelligence sociale » plus communément appelée » l’art de la conversation ». Et franchement, ce ne sont pas seulement les jeunes gens, les hommes de la classe ouvrière, les hommes sans instruction, ou les hommes au chômage qui en sont privés. C'est une compétence qui pourrait utilement être enseignée à tous les garçons, dans toutes les écoles, et ce, dès le plus jeune âge. Cela dispenserait les femmes de devoir être aussi insistantes qu’un Jeremy Paxman (corrosif interviewer de la BBC) ne serait-ce que pour obtenir un rendez-vous, et d’en pleurer de reconnaissance. Un talent dont l'absence a été mise en évidence à l’occasion d’une enquête menée dans un journal du week-end.

Ted, un haut fonctionnaire du Parlement, à qui l’on demandait quelle avait été la teneur de la conversation à l’occasion d’un rendez-vous qu’il avait eu avec Anna, une enseignante d’école primaire, avait répondu, sans aucune trace d’ironie ou de gêne, que "la plupart du temps ladite conversation avait semblé tourner autour de lui".



Messieurs, vous avez compris, si vous ne voulez pas disparaître, seul l'art de la conversation pourra vous sauver, peut-être...

Et si vous voulez mieux prendre la mesure du danger, je vous propose de visiter le site de cette terrible Hanna Rosin, son site sur la fin de l'homme.



Bon, soyons positifs, si ça peut nous sauver de l'extinction totale ! Smile

A moins qu'un jour prochain les femmes puissent se passer des hommes y compris pour faire des enfants ? Surprised

Mais j'y pense, n'est-ce pas déjà le cas ? Frown


Bertrand Tièche

The New York Times : La vie après le pétrole et le gaz



Je vous propose de lire cet excellent article d’Elisabeth Rosenthal publié dans The New York Times samedi dernier 23 mars. Il pose la question de la réelle nécessité de poursuivre l'utilisation des énergies fossiles aux USA.

Je vous ai traduit "vite fait" l’introduction, mais je vous invite à lire l’article original en anglais sur le site du New York Times (Utilisez votre traducteur préféré si besoin).

Les Américains subissent eux aussi le matraquage des lobbies de l’énergie. Chez eux, c’est le tout puissant lobby du pétrole, et chez nous c’est le sacro-saint lobby du nucléaire (et du pétrole aussi). Chez eux aussi cependant, des esprits critiques essaient de forger leur propre opinion, raison pour laquelle cette journaliste a écrit cet article dans lequel elle s’intéresse, entre autres, à la progression des énergies renouvelables dans nos pays de la vieille Europe.


"Ce n'est absolument pas vrai que nous avons besoin du gaz naturel, du charbon ou du pétrole - nous pensons que c'est un mythe", a déclaré un certain professeur Mark Z. Jacobson, auteur d’un gênant rapport…

Voici l’introduction en français.
Mais allez lire l'article original par correction envers l'auteur s'il vous plait :"Life After Oil and Gaz"

Nous aurons besoin de combustibles fossiles comme le pétrole et le gaz dans un futur proche. Donc, il y a vraiment peu de choix (soupir). Nous devons aller de l'avant avec la fracturation pour le gaz naturel. Nous devons approuver le projet Keystone XL, le pipeline pour apportera le pétrole canadien.
Ce mantra, répété sur les publicités télévisées et dans les débats politiques, est empreint d'une teinte de fatalité et de regret. Mais, de plus en plus, la recherche scientifique et les expériences d'autres pays devraient nous inciter à poser la question : Dans quelle mesure avons-nous vraiment « besoin » de combustibles fossiles dans les années à venir ? Dans quelle mesure est-ce un choix ?
Comme l'énergie renouvelable devient moins cher et que les machines et les bâtiments deviennent plus économes en énergie, un certain nombre de pays qui, il y a encore deux décennies, pariaient sur un mix de nombreuses énergies, comme l'Amérique, sont en train de réduire avec succès leur utilisation de combustibles fossiles.
Treize pays ont obtenu plus de 30 pour cent de leur électricité à partir d'énergies renouvelables en 2011, selon l'Agence internationale de l'énergie basée à Paris, et nombreux sont ceux qui visent encore plus haut.

Et la suite en anglais,

Could we? Should we?
National Research Council report released last week concluded that the United States could halve by 2030 the oil used in cars and trucks compared with 2005 levels by improving the efficiency of gasoline-powered vehicles and by relying more on cars that use alternative power sources, like electric batteries andbiofuels.

Just days earlier a team of Stanford engineers published a proposal showing how New York State — not windy like the Great Plains, nor sunny like Arizona — could easily produce the power it needs from wind, solar and water power by 2030. In fact there was so much potential power, the researchers found, that renewable power could also fuel our cars.

“It’s absolutely not true that we need natural gas, coal or oil — we think it’s a myth,” said Mark Z. Jacobson, a professor of civil and environmental engineering and the main author of the study, published in the journal Energy Policy. “You could power America with renewables from a technical and economic standpoint. The biggest obstacles are social and political — what you need is the will to do it.”

Other countries have made far more concerted efforts to reduce fossil fuel use than the United States and have some impressive numbers to show for it. Of the countries that rely most heavily on renewable electricity, some, like Norway, rely on that old renewable, hydroelectric power. But others, like Denmark, Portugal and Germany, have created financial incentives to promote newer technologies like wind and solar energy.

People convinced that America “needs” the oil that would flow south from Canada through the Keystone XL pipeline might be surprised to learn that Canada produced 63.4 percent of its electricity from renewable sources in 2011, largely from hydropower and a bit of wind. (Maybe that is why Canada has all that oil to sell.) The United States got only 12.3 percent of its electricity from renewables in 2011. Still, many experts say that aggressively rebalancing the United States’ mix of fossil fuel and renewable energy to reduce its carbon footprint may well be impractical and unwise for now.

“There is plenty of room for wind and solar to grow and they are becoming more competitive, but these are still variable resources — the sun doesn’t always shine and the wind doesn’t always blow,” said Alex Klein, the research director of IHS Emerging Energy Research, a consulting firm on renewable energy. “An industrial economy needs a reliable power source, so we think fossil fuel will be an important foundation of our energy mix for the next few decades.”

Fatih Birol, chief economist at the 28-nation International Energy Agency, which includes the United States, said that reducing fossil fuel use was crucial to curbing global temperature rise, but added that improving the energy efficiency of homes, vehicles and industry was an easier short-term strategy. He noted that the 19.5 million residents of New York State consume as much energy as the 800 million in sub-Saharan Africa (excluding South Africa) and that, even with President Obama’s automotive fuel standards, European vehicles were on average more than 30 percent more fuel efficient than American ones.

He cautioned that a rapid expansion of renewable power would be complicated and costly. Using large amounts of renewable energy often requires modifying national power grids, and renewable energy is still generally more expensive than using fossil fuels. That is particularly true in the United States, where natural gas is plentiful and, therefore, a cheap way to generate electricity (while producing half the carbon dioxide emissions of other fossil fuels, like coal). Promoting wind and solar would mean higher electricity costs for consumers and industry.

Indeed, many of the European countries that have led the way in adopting renewables had little fossil fuel of their own, so electricity costs were already high. Others had strong environmental movements that made it politically acceptable to endure higher prices in order to reduce emissions.

But Dr. Birol predicted that the price of wind power would continue to drop, while the price of natural gas would rise in coming years, with the two potentially reaching parity by 2020. He noted, too, that countries could often get 25 percent of their electricity from renewable sources like wind and solar without much modification to their grids. A few states, like Iowa and South Dakota, get nearly that much of their electricity from renewable power (in both states, wind), while others use little at all.

So as Europeans have grown accustomed to wind turbines dotting the landscape, much of America continues to regard renewable power as a boutique product, cool but otherworldly. When I tell colleagues that Portugal now gets 40 percent of its electricity from renewable power, the standard response is “Portugal is windy.” But many places in America are, too. When I returned from Kristianstad, Sweden, and marveled at how that city uses waste from farms, forestry and food processing plants to make biogas that supplies 100 percent of its heat, the response is likewise disbelief. But I’d venture that a similar plan could work fine in Milwaukee or Burlington, Vt., cities that also anchor rural areas.

MAPPING studies by Dr. Jacobson and colleagues have concluded that America is rich in renewable resources and (unlike Europe) has the empty space to create wind and solar plants. New York State has plenty of wind and sun to do the job, they found. Their blueprint for powering the state with clean energy calls for 10 percent land-based wind, 40 percent offshore wind, 20 percent solar power plants and 18 percent solar panels on rooftops — as well as a small amount of geothermal and hydroelectric power.

Dr. Jacobson said that careful grid design and coordination of power sources would ensure a stable power supply, although a smidgen of natural gas would be needed for the 0.2 percent of the time that renewables failed to generate sufficient electricity. The report claims that the plan would create 58,000 jobs in New York State (which now imports much of its power), create energy security and ultimately stabilize electricity prices.

The authors say the substantial costs of enacting the scheme could be recouped in under two decades, particularly if the societal cost of pollution and carbon emissions were factored in. The team is currently working on an all-renewable blueprint for California.

Sounds good on paper, but even Europe is struggling a bit with its renewable ambitions at the moment.

Germany, which got 20.7 percent of its electricity from renewable energy in 2011, is re-evaluating the incentives it provides to increase that share to 35 percent by 2020, because of worries that its current approach will drive up power prices inordinately at a time of economic uncertainty. It has had trouble ramping up transmission capacity to carry the wind power generated in the blustery North to the industrial South, where it is needed.

Dr. Birol said that natural gas and renewable energy could ultimately be “a good couple” for powering New York State, and elsewhere. But in what mix? If, in 20 years, cars are 50 percent more efficient and New York State could get much of its electricity from wind and solar, should we be more measured in making fossil fuel investments? As Gov. Andrew M. Cuomo considers the boundaries of hydraulic fracturing in New York State and as Secretary of State John Kerry decides the fate of the Keystone XL pipeline, how much we really “need” fossil fuels is worth pondering.




Post Scriptum : Promenez-vous sur le site du New York Times, vous verrez qu’ils savent aussi amuser la galerie avec de passionnants débats de sociétés. Comme par hasard, ce sont les mêmes que chez nous. Pendant ce temps-là... Wink