vendredi 17 juin 2016

Les dieux, le football, Condorcet et les nains de Bernard


Ou comment prendre de la distance par rapport à l'actualité.
(Il n'y a que sur Transitio que l'on trouve de tels articles !)


Après plusieurs mois de silence, je me hasarde à écrire de nouveau un article pour Transitio.

    La décourageante question « A quoi bon ? » étant pour le moment écartée, je vais essayer de ne pas trop rater mon retour en traitant d’un sujet, qui je l’espère, vous apportera un peu de réconfort. Il y a malheureusement trop de sujets douloureux, en cette passionnante mais aussi terrible période de transition (ou d’effondrement, c’est selon mon humeur).

L’actualité est vraiment trop brûlante, trop effrayante, trop lassante !

    Prenons garde à l’actualité, méfions-nous d’elle. Curieusement, depuis quelques années, ce que nous appelons l'actualité, est devenue une sorte de machine à terrifier qui nous maintient en état de choc permanent...


    D'ailleurs, rien ne vieillit plus vite qu’un sujet d’actualité ! Nous sommes sur Transitio après tout ! Le but de ce modeste site est principalement d’essayer (en toute modestie), de comprendre, d’analyser, tout en évitant de juger. Je vous propose donc, au vu des circonstances, d’essayer de prendre de la distance…


Où en sommes-nous ?

    Le tableau n’est guère rassurant, sa toile se craquelle. Le monde se fissure, toutes les institutions semblent sur le point de s’effondrer. Tout le monde s’affole, nous commençons de paniquer, regardant hagards autour de nous, les yeux remplis de peur, de colère ou de dégoût. Nous ne savons plus comment, ou pire, nous ne voulons plus vivre ensemble ! Çà et là le contrat social se déchire. Les outils conceptuels que patiemment nous nous étions forgés pour comprendre le monde et y vivre, ne fonctionnent plus, tant celui-ci est devenu compliqué. Mais est-il vraiment devenu plus compliqué ou bien le problème ne viendrait-il pas du fait que nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience de sa complexité ? De plus en plus nombreux à réaliser, certes, mais pas tous hélas, c’est peut-être là aussi que pourrait résider le problème.


Bienvenue dans le troupeau ! 

    Comme vous, je me trouve au milieu du chaos, piégé au sein du troupeau. J’ai beau sauter comme un cabri, je n’aperçois pas d’échappatoire. Nous semblons tous courir vers le haut d’une falaise du haut de laquelle bientôt nous nous précipiterons en bêlant !
L’avenir n’est plus ce qu’il était.

    Nos ancêtres s’étaient donnés tant de mal pour que nous puissions nous ébattre dans les vertes prairies de cet avenir qui les faisait rêver ! Peu à peu, au fil des siècles et des millénaires, lentement, patiemment, confiants, ils avaient cheminé sur la voie du progrès, se débarrassant progressivement des chaînes de l’ignorance et de la superstition. Nous étions en droit d’espérer que lesdits ancêtres n’avaient pas rêvé en vain notre avenir. Des civilisations étaient nées, avaient brillé un temps, puis s’étaient éteintes, passant le flambeau à d’autres, qui elles aussi avaient marché sur le long chemin du progrès. Nous ne craignons plus l’enfer, mais nous redoutons l’avenir.


Point d’étape (avec de vilains "on")

Nous sommes en 2016, tant de siècles d’histoire sont passés. Et pourtant…

On tue encore et encore, au nom de divinités ridicules, inventées en des époques lointaines par de pauvres hères incultes !

On croit encore ici et là que les femmes sont des êtres inférieurs ou que les homosexuels méritent l’enfer !

On pense sincèrement qu’une croissance sans fin dans un monde limité est possible et que la main invisible du marché réglera tous les problèmes !

On se réuni par milliers dans des arènes immenses pour hurler notre plaisir de voir des manchots athlétiques jouer à la baballe !

On se détourne des outils du savoir qui lui seul peut nous libérer de nos déterminismes accablants.

On préfère la sécurité rassurante du troupeau gardé par des loups, à une liberté qui nous fait peur car elle exige de nous que devenions adultes et responsables.


Conclusion ?

Vous aviez compris, « ON » va mal...


Eh bien non ! Ce n’est pas la conclusion ! (Dixit Nietzsche ?)

    Eh bien non, c’est le moment idéal pour prendre de la distance, car tout cela est déjà arrivé et arrivera encore. C’est la loi du nombre qui rend la situation présente si impressionnante, car nous n’avons jamais été si nombreux ! (Qu’est-ce que ce sera lorsque nous en serons au niveau de l’empire galactique !). C’est notre incapacité de penser l’avenir qui fait que nous ne concevons que l’apocalypse pour seul horizon.
    Oui mesdames et messieurs, tout cela est déjà arrivé maintes fois pendant le long voyage de l’humanité vers le progrès.


Faisons-nous une raison !

    Nationalistes frileux et pathétiquement racistes, faites-vous une raison. Une nation n’est qu’un arrangement momentané qui permet à des gens de vivre en commun. Mais cet arrangement tient tant que ladite nation qu’ils prétendent constituer est suffisamment homogène pour vouloir vivre ainsi. Que des nouveaux arrivent, soit de l’intérieur (envie de vivre autrement suscitée par le désir de progrès), soit de l’extérieur (les raisons sont si nombreuses), et alors le contrat social se déchire. Une autre nation est alors à inventer.

    Européens convaincus, faites-vous une raison, vous êtes à présent trop nombreux à être convaincus de choses trop différentes, pour que le château de cartes que vos banquiers ont commandé à vos politiciens puisse encore tenir debout bien longtemps. N'écoutez pas ces clowns sinistres qui vous disent que le Brexit signifie la mort du Royaune Uni ! L'Angleterre, disparaître ! J'en ris encore !

    Islamistes furieux, faites-vous une raison, tôt ou tard, vos femmes écœurées de la peur que vous avez d’elles, réaliseront où se trouve leur avantage et en tireront les bonnes conclusions.  Darwin vous expliquerait que votre comportement nuit à votre espèce, raison pour laquelle vous devrez en changer si vous ne voulez pas disparaître trop vite de la tragi-comédie humaine que vous avez à cœur d’ensanglanter.

    Américains naïfs, faites-vous une raison, un jour ou l’autre, votre empire lui aussi s’effondrera. C’est probablement la bêtise dans laquelle vos élites tentent de vous enfermer qui sera la cause de votre perte. Un conseil ? Étudiez l’histoire et surtout si vous ne voulez pas que votre QI continue de s'effondrer, arrêtez de manger n'importe quoi ! (Lire :"Le quotient intellectuel diminue à cause de notre mode de vie".)

    Quant à moi, naïf parmi les naïfs, peu importe que je confesse mon rejet de la religion ou mon mépris envers le football. En effet, qu’une religion disparaisse quelque part et une autre naîtra ailleurs sur le fumier des mêmes déterminismes (Lire : "Et l'homme créa les dieux"). Que le football devienne un sport exemplaire, pratiqué par des hommes d’honneur exceptionnels, et très vite, dans une lointaine bassecour, d’autres mafieux trouveront d’autres gladiateurs pour distraire le pauvre peuple !


Ça y est, on a pris du recul !

    Avez-vous vu comme nous avons pris ensemble du recul, voire de la hauteur ? Tout ne devient-il pas un peu moins dramatique ? Regardez tout en bas ces petits nains fragiles qui brandissent leurs petits fanions et leurs dangereux cure-dents ! N’est-elle pas touchante cette minuscule planète qui tournoie dans le vide infini, autour de cette étoile luciole qui un jour s’éteindra ?


Le risque du voyage astral

    Mais gardons-nous de prendre trop de hauteur, trop de distance. Ce genre de voyage astral présente un risque terrible, celui de ne plus savoir comment réintégrer notre humanité. N’oublions pas que nous faisons partie de cette multitude de petits éphémères qui sous prétexte de vouloir un monde meilleur, oublient de vivre dans celui qui momentanément héberge leurs fugaces vies…


Essayez un géant !

    Cet article ne vous a pas vraiment aidé à prendre de la distance ? C’est normal, pour réussir cela, le meilleur moyen est de monter sur les épaules d’un géant, comme disait l'ami Bernard ! (Bernard de Chartres, voir la fin de l'article)

En voici un de géant !



Je vous conseille donc de monter sur les épaules de Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, plus connu sous le nom de Condorcet. 

Lorsqu’il écrivit de 1793 à 1794, ce petit livre magnifique d’intelligence et d'optimisme, il se savait pourtant condamné par la Révolution dont il avait été l’un des initiateurs. Vous serez éberlués par sa lucidité et par sa brillante description du long cheminement de l’humanité sur la laborieuse voie du progrès.

Mais chut ! J’ai été une fois de plus trop bavard, lisez plutôt le grand Condorcet !

Il vous suffit pour cela, de cliquer sur l'image ci-dessous...



Les nains de l'ami Bernard de Chartres

Jean de Salisbury, philosophe anglais du 12ème siècle (bien avant le Brexit), 
dans son ouvrage "le Metalogicon", prêtait la métaphore suivante à son maître Bernard de Chartres :

« Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. »



Manuscrit allemand, vers 1410

    Puisque le progrès de "l'humanité" semble marquer le pas (celui de l'humanité, par le progrès des sciences et techniques), s'asseoir un moment sur l'épaule d'un géant permet de se reposer un peu et de ne pas céder trop vite au découragement.

Essayez !





Post Scriptum :

    Ne vous méprenez pas sur la distance que j'ai tenté de prendre vis-à-vis de cette difficile période de transition, marquée, provisoirement je l'espère, par un certain recul du progrès. Les miens et moi-même, avons comme les autres, payé le prix de celle-ci. 
    Mes parents, après avoir connu l'euphorie de l'après-guerre et vécu une certaine ascension sociale, finissent tristement leur vie, difficilement protégés de la misère, par ma sœur et moi. 
    Ma sœur de 56 ans, après une vie de galère, a fait l'objet d'un licenciement économique l'an dernier et ne retravaillera probablement plus jamais. 
    Ma fille de 28 ans vient elle aussi d'être licenciée "économique" (sa licence et sa maîtrise ne lui servent à rien). 
    Mon fils qui était brillant à l'école primaire est devenu progressivement ignorant grâce au système éducatif français. Il est à présent en première année de droit, mais il n'a plus lu un livre depuis des années. 
    Quant à moi, j'ai fait mon burnout en 2009 à cause d'un travail qui me vampirisait et qui peu à peu a détruit ma vie, et à présent je compte les jours qui me séparent d'une retraite incertaine. J'ai fait partie de ces naïfs qui ont cru au projet européen, parce qu'ils n'en voyaient que le côté culturel. C'était sans compter sur ces grands malades que sont les gens pour lesquels seul compte l'argent. J'ai été un républicain laïque convaincu, et je le suis toujours, malheureusement, c'est vous dire si je me sens bête à présent avec mes valeurs de Liberté d'Egalité et de Fraternité, au milieu de ces malheureux qui revendiquent des idées datant de notre moyen âge...

    Je peux encore monter sur des épaules de géants pour voir au-delà de moi et de cette société qui momentanément régresse, mais je suis triste à l'idée que les générations qui suivent ignoreront l'existence même de ces géants, du mois le temps plus ou moins long d'un probable moyen âge.

Mon fils ne lira jamais cet article...

Ni mon cher Papa qui depuis mardi dernier, ne vit plus que dans le cœur de ses proches. Je lui dédie ce modeste article, car c'est lui qui enfant m'a donné le goût de lire les géants.




vendredi 4 mars 2016

Fin de Transitio.net ?


Le 4 mars 2016, découragé, j'arrêtais Transitio.net.

Presque 3 mois sont passés. J'ai bien réfléchi, je vais le redémarrer.

Transitio n'est rien qu'un grain de sable dans le désert de l'image ci-dessous, mais il se passe actuellement trop de choses en France. (Le colibri a pansé ses plaies et doit reprendre sa modeste tâche).

Le pays est quasiment en état pré insurrectionnel. Ces derniers jours j'ai rencontré des personnes formidables qui m'ont redonné foi en l'avenir, hier encore, une jeune femme étonnante qui fera l'objet d'un prochain article.


Je vous dis donc : "A bientôt sur Transitio !"





Bertrand Tièche

vendredi 25 décembre 2015

Silence de mort des médias français sur l’ "Incident" nucléaire en Russie




Que s'est-il passé à 13h50 le 18 décembre dernier à la centrale nucléaire de Leningradskaia à Sovnony Bor, près de Saint-Petersbourg, l’une des plus grosses unités de production d’énergie de tout le nord de la Russie ?


Source de l'image


Silence de mort dans les médias français... 


    Comme le dit si bien cet article publié sur un blog de Médiapart, l’un des très rares articles français relatant ledit "incident" : « Si on n'en parle pas, ça n’existe pas »

    De la vapeur a envahie la salle des turbines depuis des conduites fissurées, puis s’est échappée à l’extérieur du bâtiment. Les circuits de vapeur traversant directement le cœur du réacteur sur cet antique modèle (le même sinistre réacteur RBMK qu’à Tchernobyl), il va sans dire que ladite vapeur était radioactive…

    Malgré un petit vent de panique qui a incité nombre de riverains à courir acheter des pilules d’iode, nos amis russes se sont très vite rassurés, car les conditions météo leur étaient favorables. Le nuage de vapeur a en effet été poussé vers la Finlande. Mais les Estoniens ont du souci à se faire, car les vents dominants sont habituellement dans leur direction.

    Vous trouverez sur le blog du jeudi un recensement des rares articles (en anglais), qui ont traité de l’événement, la plupart sont russes ou ukrainiens.


le shadok tepco pompant Fukushima



"Incident"

    Pourquoi ai-je mis le mot "incident" entre guillemets ? Mais par "prudence", bien sûr ! Souvenez-vous de la catastrophe de Fukushima en mars 2011, notre ministre de l’énergie avait déclaré le lendemain qu’il ne s’agissait pas d’une catastrophe, mais juste d’un "accident grave".
Voir cet article publié sur Transitio :"Pas une catastrophe, juste un accident".



Fukushima, vous souvenez-vous ?

    Peut-être pensez-vous que l’affaire est réglée, puisque l’on en parle plus ? Lisez donc cet article publié sur le site Politis, intitulé : "Les glaçants aveux du responsable de la centrale".  

Fukushima, les aveux du directeur

    Vous y lirez que dans un entretien accordé le 20 décembre à l’Agence Associated Press, le responsable de la réparation de la centrale de Fukushima Masuda Naohiro a avoué qu’il était dans l’incapacité de prévoir quel serait le coût de la mise en sécurité des installations, et de fixer une date pour que les réacteurs fondus cessent de menacer la santé des salariés de l’entreprise et les habitants de la région alors que les bâtiments accidentés continuent à polluer les sous-sols et l’atmosphère. 
    Il a même ajouté qu’il ignorait si, quand et comment les nouveaux robots pourraient réussir à explorer les débris des réacteurs fondus pour faire le point sur la réaction qui se poursuit en dégageant une chaleur d’environ 100° et des émanations radioactives. Il a également reconnu qu’il devait faire face à une véritable « zone de guerre ».
    Les ingénieurs de TEPCO, le propriétaire de la centrale, ne savent même pas où se trouvent les débris des réacteurs ni comment il serait possible de les extraire. Ils ignorent également si les travaux nécessaires pourront être commencés avant une dizaine d’années !



Des catastrophes, dans la durée

    Le problème avec les "accidents" ou "incidents" nucléaire, c’est que l’on ne se sait jamais vraiment au bout de combien d’années ils se terminent.
Pour la catastrophe de Tchernobyl qui a eu lieu en 1986, on a une petite idée, puisque l’on sait que la région sera dangereusement radioactive pendant,… 48.000 ans !

    Même problème avec le nombre de victimes. Tchernobyl, qui par exemple, continue de tuer et de rendre malades les populations de la région.

    Prenez le temps de regarder ce reportage intitulé « les fantômes du nucleaire -Tchernobyl et son double », diffusé en 2009 sur la chaîne publique France 3 dans l'émission 7 A VOIR.



    Si vous souhaitez en savoir plus, lisez cet article publié en 2011 sur Transitio : "L'impact de Tchernobyl revu à la hausse".


    Vous y trouver un lien vers une autre page de Transitio qui évoque le rapport publié en 2010 par la New York Academy of Science et intitulé «Chernobyl : Consequences of the Catastrophe for People and the Environment». Ledit rapport est d’ailleurs téléchargeable sur cette page de Transitio.



Les autres centrales russes…

    Un autre point intéressant de cet excellent reportage de France 3, c’est qu’il évoque les autres centrales nucléaires russes. Il se termine en effet par une intéressante description de la centrale de Koursk, sœur jumelle de Tchernobyl.

    Vous y verrez un respectable médecin, membre de notre Institut de Radioprotection et Sûreté du Nucléaire, étudier les effets désastreux de cette catastrophe sur les enfants.
    Vous y apprendrez que des travaux d'amélioration ont réduit de 100 les risques d’accidents ! Et un ingénieur russe vous assurera que la centrale n’est pas dangereuse car elle répond aux normes de sécurité russes !


Les malheurs de la sœur jumelle de Tchernobyl


    Vous savez quoi ? Un an après, le 22 Juillet 2010, à 12h23, le système de protection d'urgence de la centrale de Koursk a déclenché l'arrêt du réacteur, suite à une augmentation de la pression dans le cœur de celui-ci, causée par des dommages subis par l'un des canaux du système de contrôle et de protection.
    Le 4 Août, Greenpeace Russie a envoyé une lettre au procureur général russe Iouri Tchaïka, qui a déclaré : "Selon les informations mises à notre disposition, une augmentation des niveaux de rayonnement de fond a été enregistrée par des capteurs de rayonnement de fond au moment de l'arrêt d'urgence qui a été lancé. D’après nos informations, l'un des canaux de contrôle du réacteur 1 a été détruit, accompagné de dommages survenant à la pile de graphite. La probabilité est très élevée que ça aurait pu conduire à un déversement accidentel d'une partie de l'eau radioactive et à un rejet de radioactivité au-delà des locaux de l'usine ".


Conséquences des améliorations !


Le plus "drôle”, lorsqu’on lit cet article : « Accident at Russia’s Kursk Nuclear Power Plantreveals blatant disregard of safety standards : Is the Russian nuclear industry headed for a meltdown?”, c’est que les fameuses améliorations évoquées dans le documentaire de France 3, pourraient avoir été l’une des causes possibles de cet accident !!!
rosenergoatom

    Mais la sœur jumelle de Tchernobyl n’est pas au bout de ses misères ! En 2013, La Voix de la Russie, révélait (succinctement) que l'un des générateurs de turbine de la première unité de la centrale nucléaire de Koursk avait été arrêté après que la protection d'urgence se soit activée !
Situation d'urgence à Koursk


Les informations en France ?

    Mais que s’est-il vraiment passé ce 18 décembre dernier à la centrale nucléaire de Leningradskaia à Sovnony Borg, près de Saint-Pétersbourg (ex-Leningrad) ?

    Ce n’est pas en regardant les infos de la télévision Française que le saurez. Voici quels étaient les sujets traités par le JT de 19/20 du samedi 19 décembre 2015 :
  • Noël : les Français de retour dans les magasins
  • Au Grand-Bornand, le manque de neige n'est pas un problème
  • 18 adolescents portent plainte pour violences policières
  • Syrie : le conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution pour un plan de paix
  • Espagne : des élections au résultat incertain
  • Noël : les sapins bios se font une place sur le marché
  • Spectacles : dans les coulisses du cirque Pinder
  • Edith Piaf : un siècle, une voix

Pas de révolution avec de bons programmes télé

    Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris le journal télévisé n’a plus vraiment pour objet de nous informer, et ce, depuis déjà fort longtemps. Vous avez déjà assez de problèmes comme ça et les médias ne veulent pas vous accabler avec de nouveaux soucis. 

    Pourtant, me répondrez-vous, ils nous accablent bien d’informations stressantes, comme l’austérité, la dette, les guerres pour l’énergie au moyen orient (ah bon vous ignoriez les véritables causes des guerres en Irak ou en Syrie ?) et bien d’autres sujet qui nous font peur ! Je sais que j’ai parfois l’esprit un peu tordu, mais j’aurais presque envie de vous répondre, que les problèmes dont ils vous accablent sont choisis avec art. J’irai même jusqu’à me demander si ces problèmes-là ne leurs sont pas d’une certaine utilité. La stratégie du choc, vous connaissez ? Non ? Alors cliquez ici.

    Mais comme vous avez le sens de la répartie, je suis sûr que certains d’entre vous me rétorqueront que le nucléaire est un sujet idéal pour nous faire peur !

    J'ai bien essayé d’intéresser les 2 chaînes d'information favorites des Français, mais ce fut en vain, vous vous en doutez !


Faire peur avec le nucléaire ? En France ?

(Mes digressions fréquentes révèlent ma passion pour une certaine littérature)


    Le nucléaire ? Faire peur ? En France ? En 2015 ? Allons ! Vous n’êtes pas sérieux !
Si vous affirmez cela, vous risquez d'être identifié comme un dangereux terroriste !

Le nucléaire est une énergie, propre, c’est-à-dire sans CO2, une énergie abondante et sûre, qui nous assure une grande partie de notre indépendance énergétique (au prix de picrocholines petites guerres coloniales en Afrique).

    Avez-vous lu cet article récent sur Transitio ? :"Transition énergétique vers la dépendance"
Ou celui-ci, qui n'est pas mal non plus ? :"Nucléaire, crise en Ukraine, et climat"

    Ce n’est pas maintenant, alors que EDF déjà couvert de dettes, va quitter le CAC 40, est obligé par le gouvernement de racheter la plus grande partie d’AREVA pour sauver ce lamentable fleuron du nucléaire français du gouffre, et que son directeur visionnaire projette de construire 40 centrales nucléaires en France ! Ce n’est pas maintenant qu’on va recommencer à vous faire peur avec le nucléaire !

    Donc si les médias vous parlent du nucléaire, ce sera juste pour vous convaincre qu’il va sauver le climat et sauver des emplois. Pour les emplois, je dis aussi "sauver", parce que pour ce qui serait d’en créer, investir dans les énergies renouvelables créerait bien plus d’emplois (mais moins de remontées financières pour les lobbies des énergies sales : pétrole, charbon et nucléaire). Lire cet article de Transitio "Ecoloterorisme, emplois...et nucléaire"


Revenons à la centrale nucléaire de Leningradskaia (près de Saint-Petersbourg)


Pour terminer cet article, revenons donc à cette centrale qui a eu un hoquet de vapeur radioactive le 18 décembre, et voyageons un peu dans le temps…

 Image du vaporeux hoquet nucléaire




En mars 1992, la télévision française n’hésitait pas alors à diffuser un reportage relatant un accident dans ladite centrale nucléaire de Leningradskaia à Sovnony Borg, près de Saint-Pétersbourg (ex-Leningrad), "l’une des 15 bombes à retardement héritée de la gestion communiste" comme il est dit à 43 secondes de cette vidéo que vous pouvez encore visionner sur le site de l’INA, mais pour combien de temps ? :

Cliquez sur l'image pour accéder au site de l'INA
JT mars 1992 INA


    Vous pouvez également regarder la vidéo ci-dessous, du journal TV du 29 avril 1986 sur la catastrophe de Tchernobyl qui venait de commencer...

    Le journaliste évoque plus de 2000 morts et rappelle que cette centrale toute neuve faisait la fierté de l’URSS. Il y est également dit à la fin, que cette centrale produisait également du plutonium pour les militaires (comme en France).

Cliquez sur l'image pour accéder au site de l'INA
JT 1986 Tchernobyl


    Si vous n'êtes pas encore lassés des lectures que je vous propose, n'hésitez pas à lire cette traduction d'un article publié dans la Pravda le 7 janvier 1986 vantant les qualités soviétiques de la centrale de Tchernobyl !

Cette incroyable pépite se trouve, bien sûr, dans les archives de Transitio !

Cliquez sur l'image pour accéder à l'article

Pravda 7 janvier 1986 Tchernobyl



    A noter qu’après la catastrophe de Tchernobyl, la France s’est hâtée de fermer les centrales dites « Graphites – Gaz », Chinon 2 et 3, St Laurent 1 et 2 et Bugey 1) qui n’avaient guère plus d’enceinte de confinement que les réacteurs RBMK soviétiques…

    Plus d’infos sur l’évolution de la doctrine du nucléaire français en lisant cet article du physicien nucléaire Raymond Sené datant de mai 2008 : "Évolution de la doctrine du nucléaire"

Une conclusion ?




Et joyeux Noël quand même ! 



mardi 15 décembre 2015

Le jour où j'ai appris que j'étais peut-être dangereux (parce qu'écologiste)





Inquiétudes...


    Je m'étais inquiété, il y a 2 ans, dans un article publié sur Transitio, de cette crainte grandissante de l'Etat vis-à-vis de certains des éléments les moins dociles de la population, crainte que l'on pouvait discerner de plus en plus clairement au travers de certaines infos inquiétantes. (Lire cet article : Quand un état commence à craindre sa population).

    J'avais déjà trouvé choquant en 2011 que le terme de terroriste puisse être employé pour désigner des écologistes, comme l'avaient fait quelques jeunes brebis égarées de l'UMP ! (Lire cet article : Ecoloterrorisme, emplois, et nucléaire). Mais à l'époque, nous étions sous la présidence de Sarkozy et nous pensions que ce genre de dérapages passerait avec le président.

    Mais voici que cela recommence, à l'occasion de l'état d'urgence ! Des militants écologistes sont assignés à résidence, comme s'ils étaient des terroristes !

    Pourquoi des maraîchers bios non-violents, en Dordogne, ont-ils été traités comme de dangereux terroristes et assignés à résidence ?

    Pourquoi les pauvres jeunes qui occupent la ZAD de Notre Dame des Landes font-ils si peur au gouvernement en s'opposant à l'anachronique projet d'aéroport ? (Ce projet ridicule date de 1967 !)

    Des marchés publics bidons attribués toujours aux mêmes entreprises, sans véritable concurrence, pour construire à des coûts exorbitants des infrastructures inutiles, n'est-ce pas de cela que notre société est malade ?

    Tous les moyens sont utilisés pour faire passer ces projets, et pas seulement les charges de CRS ou pire, le fallacieux chantage à l'emploi !

    Et cet article qui explique comment l'Etat a manipulé les chiffres pour justifier la rentabilité du projet : Notre-Dame-des Landes : comment l’Etat a manipulé les chiffres

Contester ce modèle de société, est-ce devenir un criminel potentiel ?

    Regardez donc à quoi ressemblent ces écoterroristes, en cliquant sur la photo ci-dessous, qui vous mènera sur une page du site de Mr Mondialisation !


écoterroriste

    Vous pouvez également regarder ce reportage (militant) sur le projet de Notre Dame des Landes, vous verrez à quoi ressemblent ces dangereux anarchistes.



    Pensez-vous sincèrement que ces gens soient vraiment dangereux et qu'ils doivent être surveillés de près par la police, tout comme les abrutis nihilistes islamistes ?


    Après l'insoutenable horreur des attentats commis cette année à Paris, chacun ayant pu voir et comprendre ce qu'étaient de vrais terroristes, ne serions-nous pas en droit de nous attendre à ce que ce mot soit utilisé avec un peu plus de discernement ?



Transvaluation ou... novlangue ?

    Comment notre gouvernement peut-il placer sur le même niveau de dangerosité, de malheureux écolos défenseurs de la nature et du climat, non-violents par nature, avec de vrais criminels ?


L'inversion des valeurs, cela ne vous rappelle rien ?



    Comment voulez-vous que certains esprits torturés n'aillent pas jusqu'à s'imaginer que l'oligarchie qui nous gouverne profite de l'état de choc qui a suivi les attentats, pour faire passer des lois que nous aurions refusées auparavant ? Ou d'autres théories du complot encore plus "invraisemblables" ?

    Tout semble bon pour nous maintenir dans la peur ! Jusqu'à notre premier ministre, Emmanuel Valls qui a perdu toute décence lorsqu'il a évoqué récemment le risque de guerre civile en brandissant le spectre de l'immonde FN ! Le FN, ce parti "antisystème", si bien utilisé par ledit "système" pour terroriser les braves gens et les faire se rassembler en un dernier élan républicain sous les plumes teintées de bleu-blanc-rouge des vautours de l'oligarchie.


    Faire peur, lorsque l'on renonce à convaincre est une technique de manipulation très ancienne, théorisée par Platon qui a inventé pour cela l'enfer, à la fin de la République.

Quelle idée du peuple se font nos élites pour en arriver à préférer utiliser cette vieille technique ?



Chasse aux sorcières vertes ?

    Allons-nous vivre une chasse aux sorcières vertes comme aux Etats Unis, où une nouvelle loi, "L’Animal Enterprise Terrorisme Act" permet désormais de considérer comme terroristes des militants non-violents ? Lisez cet article sidérant sur le site Bastamag :"Après la chasse aux communistes, les Etats-Unis se lancent dans la traque aux écologistes".

    Je vous avais parlé l'an dernier sur Transitio.net d'un article sur le site Atlantico qui évoquait les propos d'un certain Glenn Greenwald, le journaliste à l'origine des révélations d'Edward Snowden. Celui-ci écrivait :
"la mise sous surveillance des populations, en France comme aux USA, ne vise pas du tout à lutter contre le terrorisme - qui au passage fait moins de morts occidentaux en un an que le tabac en vingt minutes, il faut aussi relativiser les menaces - mais elle vise des personnes qui n’ont pas le moindre rapport avec le terrorisme, comme des opposants politiques, des activistes, des journalistes, des ONG ou des universitaires. Aucune chance de déjouer le moindre attentat. Par contre, empêcher l’émergence d’une alternative politique, conserver les positions de pouvoir acquises et perturber des investigations journalistiques, voire judiciaires, là, oui. C’est très utile."

Mon article s'intitulait, "La solution 1984"

Étais-je trop "optimiste" lorsque j'ai écrit mon article à propos du livre de Aldous Huxley ?



Post Scriptum :

Je ne suis pas un extrémiste. Qui aura lu avec un peu d'attention mes articles sur Transitio, comprendra que je ne prône pas la violence, loin de là !



    Si je suis écolo, c'est parce que du fait de mon travail, j'ai une conscience accrue de la crise énergétique et écologique. Si je suis contre le nucléaire, c'est parce que j'ai trop entendu dans mon travail d'histoires à faire blanchir les cheveux, racontées par des gens qui ont travaillé avec cette industrie mortifère.