Article mis à jour le 5 octobre 2014.
Cette mise à jour, suscitée par la réaction irritée d'un lecteur, a permis de compléter l'article qui avait été rédigé rapidement en avril et a surtout orienté celui-ci vers une nouvelle piste de réflexion : Le nucléaire et le réchauffement climatique...
Merci donc à ce lecteur.
(Je sais, parfois j'y vais fort avec mes titres !)
Les vautours planent sur Kiev...
Lorsque ça va mal quelque part dans le monde (Mali, Niger, etc.), j'ai pris l'habitude de taper dans la barre de recherche de qui vous savez, le nom de l’endroit, puis celui d’AREVA.
Mise à jour au 15/07/2026 : Voici la traduction de l'article. Je vous laisse juge du cynisme (ou de l’aveuglement ?) qui caractérise les représentants de cette industrie mortifère...
L'industrie nucléaire espère que la crise ukrainienne
stimulera ses activités en Europe.
Par Reuters
21 mars 2014 à 14h10 GMT+1 Mis à jour le 21 mars
2014
Résumé
- Les industries nucléaires française et américaine espèrent
un regain d'intérêt pour le nucléaire.
- Les dirigeants tchèques et belges des entreprises de
services publics se montrent plus sceptiques.
Par Michel Rose
PARIS, 21 mars (Reuters) - Les acteurs occidentaux de
l'industrie nucléaire espèrent que le conflit entre l'Ukraine et la Russie
pourrait inciter les pays d'Europe de l'Est qui dépendent du gaz russe à se
tourner vers l'énergie atomique.
Les tensions entre la Russie et l'Occident concernant
l'avenir de l'Ukraine incitent l'Union européenne à redoubler d'efforts pour
mettre fin à des décennies de dépendance au gaz russe, qui représente environ
un tiers des approvisionnements du bloc.
L'industrie nucléaire, dont les perspectives ont été
compromises par la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011, s'est efforcée de
promouvoir ses avantages en tant que source d'énergie propre produite
localement, par rapport au gaz importé et aux centrales au charbon polluantes.
« Je pense qu’il est judicieux pour l’Europe de l’Est
d’évaluer le nucléaire, car cela l’oblige à être moins dépendante des forces
extérieures et de la politique étrangère », a déclaré Donald Hoffman, président
de l’American Nuclear Society (ANS), à Reuters en marge de la conférence de
l’industrie nucléaire SFEN à Paris.
Les délégués de l'industrie nucléaire française souhaitent
également exporter des réacteurs vers des pays d'Europe centrale comme la
Pologne et la République tchèque.
« Elle (l’énergie nucléaire) peut amener à repenser la
question de l’indépendance énergétique », a déclaré Christophe Behar, directeur
de la division énergie nucléaire du CEA, le centre de recherche nucléaire
français.
Par le passé, Moscou a réduit ses livraisons à l'Ukraine
lors de négociations de prix avec Kiev, provoquant des pénuries pour ses
clients plus à l'ouest, notamment en Europe centrale, qui dépend largement des
approvisionnements russes pour satisfaire sa demande.
« La première alerte ukrainienne a joué un rôle dans les
décisions de politique énergétique en Grande-Bretagne, par exemple », a déclaré
Philippe Knoche, directeur des opérations du constructeur français de réacteurs
nucléaires Areva.
La Grande-Bretagne a ensuite attribué l'an dernier un
contrat de 19 milliards d'euros (26,4 milliards de dollars) pour la
construction de la première nouvelle centrale nucléaire en Europe depuis
Fukushima à un consortium composé d'EDF, d'Areva et des sociétés d'État
chinoises CGN et CNNC.
« Dans les pays d'Europe de l'Est, il pourrait également y
avoir un certain nombre de conséquences », a déclaré Dominique Minière,
responsable de la production et de l'ingénierie chez EDF.
« Le gaz n'occupe plus la même place qu'on lui réservait il
y a six ou sept ans », a-t-il déclaré.
Les centrales électriques au gaz à travers l'Europe sont à
l'arrêt depuis des mois en raison de la faible demande et de la concurrence du
charbon bon marché, ce qui a rendu plus difficile la réduction des émissions de
carbone.
PAS DE COUP DE POUCE À COURT TERME
Mais d'autres acteurs se montraient plus sceptiques quant
aux perspectives de l'énergie nucléaire en Europe de l'Est comme réponse à la
crise ukrainienne.
« La question du gaz est un problème à très court terme, je
ne vois pas comment l'industrie nucléaire pourrait apporter une aide », a
déclaré Jean Van Vyve, responsable des actifs et projets nucléaires chez
Electrabel, en Belgique, filiale de GDF Suez.
L'infrastructure de chauffage existante de ces pays,
principalement basée sur le pétrole et le gaz et non sur des appareils
électriques, réduit l'attrait de l'énergie nucléaire, a-t-il ajouté.
Danes Burket, de la compagnie d'électricité tchèque CEZ, ne
s'attendait pas non plus à un essor majeur de l'énergie nucléaire.
« Je ne suis pas optimiste à ce sujet », a-t-il déclaré,
notamment parce que la stratégie énergétique de l'UE privilégie le soutien aux
énergies renouvelables plutôt qu'à l'énergie nucléaire.
« Les États-Unis disposent de suffisamment de gaz de
schiste et, en cas de prix élevés en Europe, il est possible d'en importer.
Mais cela dépend bien sûr de la stratégie d'exportation américaine.
Actuellement, ils souhaitent utiliser ce gaz pour leurs propres besoins »,
a-t-il ajouté.
L'Union européenne n'est pas encore parvenue à convaincre
Washington de s'engager à exporter du gaz américain dans le cadre d'un accord
commercial transatlantique. (1 $ = 0,7189 €)
Petite précision...
Il faut tout de même rappeler, pour ceux qui l'ignorerait, que l'Ukraine fait partie de ces quelques pays qui possèdent d'importantes réserves d'uranium (Regardez cette page du CNRS). En 2007, l'Ukraine rêvait même d'être autosuffisante en uranium pour 2013 !
Lisez pour vous en assurer ces quelques dépêches du très sérieux site WISE (World Information Service on Energy - uranium project) en cliquant sur leur très laid logo ci-dessous :
N'oublions pas que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl dure depuis 28 ans et qu'il y en a encore pour des siècles. Cet article bien documenté de l'excellent Réseau Sortir du Nucléaire vous rafraîchira désagréablement la mémoire.
Cliquez sur la photo de cette fatale centrale nucléaire pour accéder à l'article.
Cet autre article du site Reporterre est également excellent, accessible par ce lien :
Pour vous donner une idée de ce qu'est une vraie catastrophe, je vous propose également de visiter cette page commémorative du site Russia Today. Je vous préviens cependant que certaines photos et vidéos sont très dures à voir.
Cliquez sur la photo ci-dessous pour y accéder...
La légende de cette photo est la suivante : "Un père alimente son enfant dans l’hôpital spécial de Minsk, la capitale de la Biélorussie, où sont traitées les maladies liées aux radiation échappées de la centrale de Tchernobyl.
Une catastrophe pour très longtemps encore...
La crise en Ukraine est terrible et absurde et ce que l'on nous en dit sent très fort la désinformation. Mais une chose est sûre, c'est que maintenant que l'Ukraine est sous "protectorat" américain, la Russie pourrait presque se sentir soulagée...
(Un seul homme politique semble avoir fait le lien entre Tchernobyl et cette invraisemblable crise en Ukraine, l'anachronique "grand méchant Mélenchon" ).
Mise à jour au 5 octobre 2014 :
Fructueuse réaction
Cet article m'a valu d'être traité d'hystérique sur twitter. Un ardent défenseur du nucléaire m'a même reproché d'utiliser des photos choquantes pour empêcher la réflexion. J'ai envisagé d'enlever la photo du père et de ses enfants pour ne pas heurter d'autres sensibilité. Mais réflexion faite, lorsque l'on s'intéresse au nucléaire, il ne faut pas être sensible, vraiment pas...
Un bon climat pour le nucléaire, (et ses vautours)
Je ne veux pas accabler cet intervenant, dont je ne doute pas de la sincérité. J'ai consulté ses tweets. Comme beaucoup de braves gens, il semble croire que l'énergie nucléaire est la meilleure solution pour lutter contre le terrible CO2, principale cause du fameux réchauffement climatique.
Cet argument délirant est hélas devenu le fonds de commerce du nucléaire depuis déjà quelques années. Auparavant c'était l'argument, encore plus délirant de l'énergie gratuite, sûre et illimitée ! (Lisez cet article sur l'évolution de la doctrine du nucléaire).
Voici l'un de ses tweets, (Plus c'est gros, plus ça passe).
Le réchauffement climatique est en effet une véritable aubaine pour le nucléaire qui, ne riez pas, se présente comme une énergie propre ! Je me souviens qu'à l'occasion du sommet de Copenhague sur le climat, EdF invitait même des élus Verts pour leur vendre sa lessive à l'oxyde d'uranium (faiblement) enrichi !
Mais en fait, non, désolé les gars, nous on préfère une lessive biodégradable ! 
Désintox !
Cliquez sur l'image ci-dessous pour télécharger ce document :
Cette page du site du Réseau Sortir du Nucléaire est également très bien faite.
La transition énergétique vue par le lobby du nucléaire !
Imaginez que cet ardent défenseur du climat trouve des informations sur la transition énergétique sur le site de Visiatome ! Le site qui vous narre la "grande aventure de l'atome" !
Je ne puis résister au plaisir de vous donner à lire ce merveilleux document de Visiatome que ce gentil garçon indiquait dans l'un de ses tweets. Il s'agit d'une édifiante présentation rédigée par Jean Fluchère, l'ancien directeur EdF de la centrale du Bugey.
Source du document : http://www.visiatome.fr/Local/visiatome/files/631/Transition.energetique.par.Jean.Fluchere.le.12-09-2013.pdf
Pause détente...
La centrale du Bugey, que cet éminent personnage a eu l'honneur de diriger, est bien sûr l'un des fleurons de la glorieuse industrie nucléaire française (construit en 1965 !). Si vous voulez vous faire une idée de l'état de ce monument du génie français, je vous conseille tout de même de vous rendre sur le site de l'Autorité de Sûreté du Nucléaire et d'y lire le détail de ses observations pour l'année 2013.
En voici un extrait :
"En matière de sûreté nucléaire, l’ASN considère que les performances de la centrale nucléaire du Bugey sont en retrait par rapport à l’appréciation générale portée sur EDF et note que l’année 2013 est marquée par un net recul de la rigueur d’exploitation. Les résultats en matière de sûreté nucléaire se sont plus particulièrement dégradés au cours de l’été, lorsque les équipes d’EDF ont simultanément eu à gérer le redémarrage du réacteur 2 et la mise à l’arrêt du réacteur 3. Les faiblesses constatées portent en particulier sur un manque de préparation des activités d’exploitation, et une insuffisance des opérations de contrôle..."
Lisez la totalité sur le site de l'ASN, en cliquant sur leur logo ci-dessous :
Un point de vue différent ?
Lisez plutôt sur cet article de Transitio, le point de vue de Bernard Laponche, polytechnicien, docteur ès sciences, qui a travaillé au Commissariat à l'Energie Atomique, lui...
Cliquez sur l'image ci-dessous :
A chacun ses peurs
Peut-être est-ce une question de génération. Ce brave jeune homme s'inquiète de voir 35.000 morses regroupés sur une plage, faute de banquise (ce que ces pauvres bêtes ont l'habitude de faire depuis toujours) et moi, je me souviens qu'il y a 18.000 ans nos ancêtres peignaient des pingouins sur les murs de la grotte Cosquer, près de Marseille, parce qu'à l'époque le climat méditerranéen ressemblait à celui de la Scandinavie de nos jours.
L'histoire de la terre nous a montré que les animaux, y compris l'homme, peuvent (dans une certaine limite bien sûr) s'adapter aux nombreux changements climatiques. Quelque chose me dit qu'ils auraient plus de mal avec des territoires contaminés pour des millénaires par la radioactivité.
Je me souviens d'un ami qui m'avait affirmé un jour en toute bonne foi, que les échouages de dauphins sur les plages d'Amérique du Sud étaient causés par les ondes émises par des sous-marins des États-Unis d'Amérique. Cet ami avait été fort étonné lorsque je lui avais expliqué que Monsieur de Bougainville avait constaté le même phénomène au 18ème siècle...
Sincérité n'est pas vérité, hélas. Et nos peurs en disent long sur nous et nos opinions.
Je respecte la crainte de ce brave homme, qu'il respecte la mienne. L'avenir nous dira laquelle était fondée, ou pas.
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