lundi 31 janvier 2011

2004, aveux du ministre des "réformes sous la contrainte"

Article mis à jour le 17/10/2025.


Comment en 2004, le ministre des Réformes de l’État, expliquait (en bonne compagnie) comment il allait régler leur sort aux fonctionnaires.

Critique du projet néolibéral

    Certains esprits critiques tourmentés prétendent que la dette des états est une crise fabriquée par le système néolibéral dans le but d’imposer aux peuples des réformes qu’ils n’auraient jamais acceptées autrement. Ces réformes reposeraient sur l'idée centrale d'affaiblir l'Etat et de détruire tous les services publics état afin d'en confier la gestion au privé. Non-pas que les sociétés privées géreront mieux ces services, mais les capitaux brassés feront gagner plus d'argent à leurs actionnaires.

Michel Rocard ancien 1er ministre de François Mitterrand.


    Ces esprits critiques fondent souvent leurs dires sur la base de "mauvaises lectures", telles que les ouvrages de Chomsky ou de Naomie Klein. "Fort heureusement", ces critiques ne sont guère écoutées, car elles ne sont pas reprises par les médias qui bien évidemment appartiennent à des magnas de la finance.

Et si ?

    Et si ces esprits critiques avaient un peu raison ? Fort heureusement il arrive parfois que nos maitres se relâchent un peu et qu'en certains lieux ils exposent tout simplement leur plan d'action, qui hélas ressemble beaucoup à ce que décrivent ces fichus esprits critiques ! Ils n'ont pas besoin de créer des sociétés secrètes comme les imaginent de malheureux crédules sur Internet. Un bon resto leur suffit pour se retrouver entre gens avertis et deviser sur les meilleurs moyens de faire main basse sur les biens publics.

L'article improbable.

    En 2004, Emmanuelle Veil, une journaliste qui travaillait à l'époque pour le journal satirique Charlie Hebdo, s'est ainsi retrouvée dans une de ces soirées un peu spéciales. Elle a raconté ce qu'elle avait vu et entendu, dans un article publié dans le CHARLIE HEBDO du 27 octobre 2004. Cette soirée avait lieu dans le restaurant Pépita, situé à proximité des Champs-Élysées. Les ultralibéraux de la Fondation Concorde recevait le ministre de la Réforme de l'État, Renaud Dutreil. Le ministre s'était bien lâché et il avait dit tout le bien qu'il pensait de ses fonctionnaires.
    Par crainte que cet article improbable ne disparaisse un jour, je garde bien précieusement sa copie. Voir ci-dessous :


Renaud Dutreil en 2007 à Charleville-Mézières,
pour le "discours à la France qui souffre"...
Photo provenant du site "Arrêt sur image"

Mise à jour au 10/02/2022 :

J'ai retrouvé l'article original !


Extrait :


Discours du Ministre à la Conférence du 20 octobre organisée par la Fondation Concorde :

Le restaurant Pépita, situé à proximité des Champs-Élysées était rempli, mercredi 20 octobre, d'une soixantaine de costumes-cravates à la mine cireuse, venus assister à un petit déjeuner-débat avec Renaud Dutreil, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État. Cette conférence était organisée par la Fondation Concorde, think tank ultra-libéral proche de Jacques Chirac.

Florilège des déclarations du ministre sur le thème de prédilection de la droite : "Comment insuffler le changement".


« Comment insuffler le changement ».

« Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème. »
« À l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000. »
« Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques. »
« Le grand problème de l'État, c'est la rigidité de sa main-d’œuvre. Pour faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelles, qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale. Si on ne fait pas ça, la réforme de l'État est impossible. Parce que les corps abritent les emplois inutiles. »
« C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'Éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth [secrétaire d'État à la Réforme de l'État] on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit. »
« Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus -, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là ils se recroquevillent comme des tortues. »

NB : Michel Camdessus, ancien président du FMI (celui-là même qui a conduit l'Argentine et l'Afrique sur la voie de la banqueroute grâce à ses injonctions ultra libérales) à récemment remis à N. Sarkozy, sur la demande de ce dernier, un rapport sur ce qui peut être résumé par l'état catastrophique de la France sur le plan économique mondial à cause (forcément) des fonctionnaires, des syndicats, de la gauche et des lois qui tuent toute initiative entrepreneuriale (Mais bien sûr...)

Peu importe si les chiffres prouvent par exemple que le coût des services de santé est plus cher aux USA qu'en France et que les Français sont mieux soignés et vivent plus longtemps que les américains ! (Comparaison système de santé)

Pour avoir travaillé plus de 40 ans dans les délégations de services publics, je peux vous affirmer que les services vendus par le privé sont bien plus couteux que ceux offerts par les fonctionnaires ! Il faut rémunérer grassement les actionnaires. Alors que les fonctionnaires ne coûtent rien ou presque.


C’est édifiant non ?

    Mais peut-être avez-vous oublié qui était Renaud Dutreil ? Voici quelques liens qui vous en apprendront un peu plus sur lui :


    Il y a aussi cet article amusant qui raconte comment ce député un peu particulier a pris sa retraite à New-York : http://www.politique.net/2008092202-renaud-dutreil-depute-francais-qui-habite-new-york.htm


La Fondation Concorde !

    Je ne puis résister au plaisir de vous dire encore un mot de la fameuse fondation Concorde. Car imaginez-vous qu’elle existe vraiment ! Alors n’hésitez pas, allez sur son site et régalez-vous de la lecture de leurs documents. Ces gens écrivent des comptes-rendus d’une puérilité désarmante mais ils semblent vraiment se prendre au sérieux ! 

Il n'y a pas de complot...

    Pas besoin de société secrète ni de pacte avec les illuminatis ou les extraterrestres, ces gens-là ne cachent rien. Tout est dit, tout est exposé, il suffit de savoir comment s'informer.
    Même les techniques de l'ingénierie sociale pour manipuler les masses sont accessibles à tous. Lire mon article : https://www.transitio.info/2010/07/propaganda-information-ou-ingenierie.html
 








lundi 24 janvier 2011

Nucléaire : et maintenant, la mer !

Voici un communiqué bien compréhensible d'Europe Ecologie Les Verts à propos d'un projet fou de nos nucléocrates !


Une mini-centrale nucléaire sous-marine !



Le lobby du nucléaire ne désarme pas. Après l'EPR, qui s'avère d'ores et déjà un échec technologique et commercial, Astrid nouveau nom pour le clone de superphénix, ITER...  il revient avec un nouveau produit miracle. Le Flexblue est la dernière trouvaille proposée par le groupe de construction navale DCNS qui vient de lancer ce projet destiné à alimenter en électricité les îles et régions isolées. Ce n'est rien d'autre qu'une petite centrale nucléaire immergée... Pourtant rien de nouveau à part le fait de prendre le risque d'irradier encore un peu plus la mer.

Elles seraient comme les centrales terriennes alimentées par l'uranium, et engendreraient donc les mêmes déchets et risques. Immergées entre 60 et 100 mètres, elles ne seraient pas à l'abri des attentats, des fuites et autres accidents avec toutes les conséquences sur la faune, la flore, l'humain. Elles coûteraient bien entendu encore plus cher...

Un rêve d'ingénieur fan de Jules Verne qui mobilise d'ores et déjà des crédits de recherche... comme tant d'autres.

On pourrait en rire, mais quand dans le même temps le Gouvernement atermoie sur l'éolien off-shore au motif de l'opposition des pêcheurs ou du coût trop élevé, des risques pour l'écosystème marin... ça devient pathétique. 

Il serait tellement plus simple de mettre nos moyens financiers, humains, technologiques au profit d'une nouvelle politique de l'énergie : économies d'énergie, développement des énergies renouvelables propres et inépuisables.  Ça a probablement échappé à nos "savants" mais l'éolien off-shore existe, lui, il est disponible et expérimenté.

Pour Europe Ecologie / Les Verts ce type de projets confirme qu'il est urgent d'entamer la sortie, et dénucléariser l'imaginaire.
Djamila Sonzogni, Porte-parole
Hélène Gassin, Vice-présidente du Conseil régional Ile-de-France, chargée de l'environnement, de l'agriculture et de l'énergie.


Mise à jour au 05/02/2022 :

De nos jours les écolos ont fini par gober la propagande d'EDF et le nucléaire vient d'être validé comme énergie propre, parce que sans CO2 !
Et notre Président en profite pour ressortir les minis réacteurs des archives de la DCNS devenue Naval groupe.
Cliquez sur l'image pour plus d'informations.







samedi 1 janvier 2011

Il faut sauver le soldat Jancovici et ses amis !

Article mis à jour le 12 juin 2023 :



    J’avais écrit ce billet d’humeur et d’humour lorsque je m’occupais de l’ancien site de la commission énergie d’Europe Ecologie Les Verts. Je le voulais comme une réponse à un article publié le 23 mars 2011 par 
Jean Marc Jancovici dans le Nouvel Observateur, mais il s’adressait en fait à toutes les brebis égarées, qui chez les écologistes, soutiennent le nucléaire.

    Si, si, il y a des écologistes pronucléaire ! C’est fou ce que la peur irraisonnée du CO2 peut égarer certains esprits qui se veulent éclairés ! 
    Mon article est long car je suis un peu bavard, c’est là mon moindre défaut…

Mise à jour au 12/06/2023 : Je vous conseille de lire cet article : Nucléaire : les allégations mensongères de Jean-Marc Jancovici.

Le plus triste dans tout cela, c'est qu'après des années de discours pronucléaire dans tous les médias et toutes les conférences possibles, ce brave Jancovici a fini par admettre dans son dernier ouvrage "Climat, crises : Le plan de transformation de l'économie française", que le redémarrage de la filière électronucléaire française n'était plus envisageable. Lire mon article : Jancovici enterre le nucléaire !



Voici mon modeste article de 2011 :


    Un paralogisme est un raisonnement faux, fait de bonne foi. C’est par sympathie envers M. Jancovici que je qualifie ainsi l’argument exposé en début de son article « Energie : les choix faciles, c’est fini »

Celui-ci se trouve également sur son fameux site "Manicore".
Dire en effet une énormité comme : « Le nucléaire est bien moins dangereux que la chimie ou le charbon, Tchernobyl (bien plus grave que Fukushima) a fait 10 à 100 fois moins de morts que l’explosion d’une usine de pesticides à Bhopal (Inde) en 1984. »

C’est comme dire « La variole est moins dangereuse que la grippe saisonnière car elle fait moins de morts chaque année ».
Ou encore : « il y a plus de morts par noyade que par irradiation, l’eau est donc plus dangereuse que le plutonium » en conséquence de quoi, interdisons les bains de mer (surtout au large de Fukushima).

Ce genre de raisonnement bancal choque la raison et présente même un caractère d’indécence, si on ne l’excuse pas par la bonne foi de son locuteur.

Je veux croire en effet que M. Jancovici est de bonne foi lorsqu’il affirme péremptoirement cette énormité sans cesse rebattue par les ardents thuriféraires du nucléaire. Je suis même prêt à croire qu’il ne connaît pas les chiffres du véritable décompte des victimes de Tchernobyl (1), qui s’avère être très largement supérieur à celui des victimes de Bhopal (2), qu’il cite en exemple. Il est vrai que l’accord WHA 12-40 (3) qui lie l’OMS et l’AIEA depuis plus de 50 ans n’a pas dû aider à la diffusion de ces chiffres…

Tout me choque dans ce texte, jusqu’à cette étonnante affirmation qui le clôture, à savoir que nos acquis sociaux dépendraient de notre économie dite de l’énergie facile !
Alors oui, nous devons sauver M. Jancovici, ainsi que nombre des brebis égarées qui même au sein des rangs écologistes se laissent séduire par les fatales sirènes du nucléaire. Quand je pense que certains parmi nous se sont fait inviter à Copenhague par le lobby nucléaire sous prétexte que cette radieuse énergie aiderait à lutter contre le réchauffement climatique !

Et pire encore, imaginez qu’il existe une association d’écologistes pour le nucléaire écologique ! Non vous ne rêvez pas, c’est pire que la secte du temple solaire ou les Raeliens !

Je ne suis pas un bisounours (gentille insulte en vogue actuellement). La  fin inexorable des énergies fossiles et le mal français de l’addiction au nucléaire, je suis au courant de tout cela depuis bien longtemps, merci. Et c’est même la perspective de cette formidable crise énergétique que je vois arriver depuis plusieurs années, qui m’a décidé à adhérer chez les Verts et à participer à sa commission énergie.

J’ajouterai même que, et je vais en choquer beaucoup parmi ceux que l’on appelle les « peakistes », que l’industrie du nucléaire combat du même côté que l’industrie du pétrole, mais en des endroits différents du champ de bataille. Pour des raisons évidentes, ce sont les compagnies pétrolières ont été les premières à tirer la sonnette d’alarme de la fin du pétrole et ce n’est pas pour rien qu’elles investissent tant à présent dans le nucléaire (4). Ces compagnies sont mues par la même logique aveugle, le profit avant tout. Et les moyens d’ingénierie sociale dont elles disposent pour nous abrutir sont colossaux.

Les écologistes se sont rués avec un bel enthousiasme dans la croisade du CO2, trop contents de pouvoir en découdre avec leurs adversaires habituels, sans se poser vraiment la question de savoir d’où leur venaient certains renforts. Et lorsque celle-ci sera terminée, il sera trop tard, nous serons tous cernés de centrales nucléaires flambant neuves. Les moins naïfs se sont tus, parce qu’ils se disaient fort justement que la lutte contre le CO2 allait permettre d’amortir le choc de la fin du pétrole en économisant sur sa consommation. D’autres se sont peut-être souvenus que les jugements faux sont parfois les plus aptes à nous sortir de situations difficiles (5). Mais peut-être est-il temps à présent de faire une pause sur le bord du chemin et de réfléchir un peu.

Je me doute que ce ne sera pas facile pour tout le monde, car certains d’entre-nous parmi les meilleurs ont consacré une bonne part de leur vie à ce trop juste combat. (Attention, ne me faites pas dire que je nie le risque de catastrophe que pourrait provoquer ce nouveau changement climatique !!!).

J’imagine déjà la colère de certains…

Je sais que ce que nous prenons pour nos opinions ne sont la plupart du temps que les reflets de nos craintes. Raison pour laquelle je ne diabolise pas tous les gens qui défendent le nucléaire. Et je sais aussi que si par miracle la décision de sortir de cette impasse était prise, il nous faudrait plusieurs décennies pour nous en débarrasser.

Je suis conscient également de ce qui motive ma propre opinion. Je l’avoue, ce que je sais du nucléaire m’inspire plus de craintes que ce que je sais du réchauffement climatique. Cela vient peut-être du fait que j’ai plus de cinquante ans et que les gens de ma génération ont eu à l’école des cours de sciences naturelles et de géographie durant lesquels ils ont appris que les climats n’avaient jamais cessé de changer depuis l’aube des temps et parfois très brusquement. Et j’ai la faiblesse de penser, je l’avoue à ma grande honte, qu’à l’exemple de nos ancêtres il nous sera peut-être moins difficile de nous adapter à ce énième changement climatique que de parcourir hagards, compteurs Geiger à la main des contrées irradiées (c’est mon côté optimiste). Vous aurez beau me faire regarder en boucle l’hollywoodien « jour d’après », que je n’arriverai pas à avoir autant peur qu’en regardant un reportage sur Tchernobyl juste 5 minutes. Je n’y peux rien, c’est comme le vertige, cela ne se commande pas. Je peux donc imaginer comment vous vivez vos propres peurs.

Ayant donc conscience de tout cela, je propose que nous arrêtions de courir dans tous les sens les cheveux dressés sur la tête en criant qui au climat, qui au peak oil, et que nous profitions du temps qui nous est imparti pour réfléchir aux solutions urgentes qui s’imposent. Nous avons tout de même quelques années devant nous, pas beaucoup certes, mais tout de même quelques décennies. Et de grâce, arrêtons d’affoler les gens comme des prophètes de malheur !

Arrêtons de nous faire peur et de faire peur. Il est vrai que depuis toujours la peur fut le moyen le plus couramment utilisé lorsque l’on renonçait à convaincre par la raison. Mais ayons la décence de respecter ceux qui veulent bien nous écouter en ne nous adressant qu’à leur seule raison. N’utilisons pas des méthodes que nous reprocherions aux autres !

Imaginez qu’une fois de plus, les experts se soient trompés, de quoi aurions-nous l’air ? Qui se souvient du prix Nobel de physiologie et de médecine donné à Alexis Carrel pour sa théorie de l’eugénisme ? « Substituer des concepts scientifiques de la vie aux anciennes idéologies ; développer harmonieusement dans chaque individu toutes ses potentialités héréditaires ; supprimer les classes sociales et les remplacer par des classes biologiques, la biocratie au lieu de la démocratie » écrivait-il dans son best-seller mondial « L’homme, cet inconnu ». Il fut adulé par toutes les élites de l’époque. Ce livre est paru en 1935. On sait comment quelques années plus tard avec quels "moyens" le traitement des classes biologiques a été réalisés par de zélés sectateurs…
Comme il est difficile de tempérer l’enthousiasme légitime de certains ingénieurs envers la science et la technique !

Mais revenons à l’écologie…

L’écologie, c’est l’avenir. Si nous voulons en convaincre les gens, soyons nous-mêmes convaincus, confiants et optimistes. Les nucléocrates séduisent justement par la confiance inébranlable qu’ils accordent à leur fatale énergie.

Le nucléaire est une énergie désuète, celle que nos grands-parents traumatisés par la débâcle française de 40 ont trouvée pour sanctuariser le territoire. C’est une énergie contre nature et surtout sans avenir.

Mais ma digression m’a presque fait oublier ce pauvre Jancovici. Peut-être parce que j’ai déjà eu l’occasion de l’écouter en conférence et que je l’ai vraiment trouvé excellent dans sa présentation de la situation énergétique mondiale. Il a un vrai talent. Et je reconnais que l’on peut garder de son texte le titre qui est vraiment très bon : « Energie : les choix faciles, c’est fini ».

Raison pour laquelle je répète mon appel solennel pour le sauver, lui et ses amis, des griffes de l’hydre atomique !

Il faut sauver le soldat Jancovici ! Et ses amis !

Merci à ceux qui ont lu jusqu'au bout (je sais que c'était un peu long).


Notes
(1) Tchernobyl : En septembre 2005, un colloque de l'OMS avait abouti à un chiffre extravagant démontrant la mainmise du lobby nucléaire : il n'y aurait eu que 4000 morts liés à la catastrophe de Tchernobyl. Une position qui avait été dénoncée comme « négationniste » par les associations de défense de l'environnement. Vu le tollé, l'OMS avait ensuite quadruplé ces estimations, sans fournir d'explication à ce sujet. Le chiffre « officiel » est donc aujourd'hui de 16 000 décès.
Bien loin des chiffres réels, les travaux sur le terrain menés en Ukraine – lieu de la catastrophe–, en Biélorussie et en Russie – pays qui ont subi de plein fouet le retombées radioactives – donnent des chiffres beaucoup plus élevés : entre 600 000 et 900 000 vies perdues.
(2) Bhopal : Cet accident industriel tua officiellement 3 500 personnes, mais fit en fait entre 20.000 et 25.000 décès selon les associations de victimes.
Source : Wikipedia
(3) Accord WHA 12-40 Source : Wikisource.org
(4) Total s’invite dans le nucléaire : Source : Transitio
(5) " Nous ne voyons pas dans la fausseté d'un jugement une objection contre ce jugement ; c'est là, peut-être, que notre nouveau langage paraîtra le plus déroutant. La question est de savoir dans quelle mesure un jugement est apte à promouvoir la vie, à la conserver, à conserver l'espèce, voire à l'améliorer, et nous sommes enclins à poser en principe que les jugements les plus faux sont les plus indispensables à notre espèce, que l'homme ne pourrait pas vivre sans se rallier aux fictions de la logique, sans rapporter la réalité au monde purement imaginaire de l'absolu et de l'identique, sans fausser continuellement le monde en y introduisant le nombre. Car renoncer aux jugements faux serait renoncer à la vie même, équivaudrait à nier la vie. Reconnaître la non-vérité comme la condition de la vie, voilà certes une dangereuse façon de s'opposer au sens des valeurs qui a généralement cours, et une philosophie qui prend ce risque se situe déjà, du même coup, par-delà bien et mal. "
Source : Friedrich Nietzsche « Par-delà le bien et le mal » (1886), I, 4,


Mise à jour du 12/06/2023 (suite) :

La copie de l'article de Reporterre sur les allégations mensongères de Jancovici est sauvegardée en PDF sur Transitio et téléchargeable en cliquant sur l'image ci-dessous :



dimanche 8 août 2010

Votre nouveau compteur ERDF pourrait vous espionner ?

LA CNIL S’INQUIÈTE !


Mise à jour au 05/02/2022 :

Je conserve cet article pour mémoire. Mais j'espère qu'il n'aura pas contribué au délire anti-Linky qui continue de sévir de nos jours ! (il y a peu de chance. Qui lit Transitio ?)
En effet, l'utilisation de compteurs communicants et intelligents, constitue une nécessité technique essentielle sur des réseaux de distribution d'énergie (dans le cas présent, de l'électricité). Et ce, d'autant plus, lorsque des productions d'ENergie Renouvelables intermittentes sont connectées au réseau ! Le plus ridicule dans la folie anti-Linky, c'est que des gens qui défendent les ENR en sont atteints.


Voici un article bien intéressant, vu ce soir sur le site ECO89.
De François Krug | Eco89 | 08/08/2010 | 19H18

Les nouveaux compteurs électriques, dits « intelligents », seraient justement trop intelligents. Ils permettent de « savoir beaucoup de choses sur les habitants d’une maison », s’inquiète la Cnil. Par exemple, l’heure à laquelle vous prenez votre douche ou utilisez votre grille-pain.

D’ici 2020, 80% des 35 millions de compteurs actuels devront avoir été remplacés par ces nouveaux modèles. Des compteurs dits « intelligents », parce qu’ils sont informatisés et peuvent :
Transmettre des informations : un relevé sera envoyé toutes les 10 à 30 minutes à ERDF (Electricité Réseau Distribution de France), le gestionnaire du réseau depuis l’ouverture du marché de l’électricité, et ces données seront ensuite transmise aux fournisseurs d’électricité ; Piloter à distance votre installation électrique : ces relevés de consommation en temps réel permettent d’ajuster, par exemple, la consommation du chauffe-eau ou des radiateurs. ERDF n’y voit que des avantages, pour les clients comme pour les producteurs d’électricité :
Pour les clients : des relevés plus précis permettent de mieux maîtriser la consommation d’électricité, et beaucoup d’opérations ne nécessiteront plus qu’un technicien se déplace ; Pour les producteurs : EDF et ses concurrents pourront ajuster à la fois leurs offres tarifaires et la production de leurs centrales. Le compteur connaît l’heure de votre douche Le système présente pourtant un risque majeur, nuance la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés). Dans un article publié sur son site, et repéré par PC Inpact, la Cnil demande des garanties pour le respect de la vie privée :
« Les informations de consommation d’énergie transmises par les compteurs sont très détaillées et permettent de savoir beaucoup de choses sur les occupants d’une habitation, comme leur horaire de réveil, le moment où ils prennent une douche ou bien quand ils utilisent certains appareils (four, bouilloire, toaster...).
Les distributeurs d’énergie devront donc apporter des garanties sérieuses sur la sécurisation de ces données et leur confidentialité. »

Selon la Cnil, les compteurs « intelligents » pourraient faire perdre aux clients le contrôle de leurs installations électriques :
« Les compteurs communicants peuvent également agir directement sur l’installation électrique. Ils permettent notamment de modifier la puissance de l’abonnement, voire même de couper l’alimentation électrique à distance, via une interface web. Ces fonctionnalités devront être parfaitement sécurisées pour éviter toute utilisation frauduleuse. »
Des garanties sont-elles prévues, et si oui, lesquelles ?
Les responsables du dossier à ERDF n’étaient pas joignables vendredi.

Fin de l’article - - - - - - - - - - - - -


Qu’en pensez-vous ?

Mise à jour au 22 juin 2017 :

Le vrai problème à présent est de savoir à qui vous achetez l'électricité et avec quoi elle est produite.

Un bon conseil ? Visitez le site ci-dessous ! C'est la seule publicité que vous verrez sur Transitio !

 




samedi 31 juillet 2010

La fabrication du consentement

Mise à jour au 02/01/2023.

    Entre sa publication en juillet 2010 sur mon premier site et sa première mise à jour en mars 2019 sur ce site hébergé par Google, cet article avait été visualisé 1795 fois. Depuis mars 2019, il n'a été visualisé que 97 fois sur cette nouvelle version de Transitio et l'ancien site a été détruit. Je le mets un peu à jour aujourd'hui, mais avec un sentiment immense d'inutilité...




Mise à jour du 19/03/2019

    J'étais bien loin de m'imaginer, il y a 9 ans, lorsque je publiais l'article ci-dessous, que l'ingénierie sociale prendrait une telle importance en France.

    Face à la crise des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron, notre simulacre de président élu par défaut à l'occasion d'une élection présidentielle calamiteuse en 2017, utilise sans limitation aucune, toutes les techniques de la manipulation de masse et parmi elles, l'une des plus sophistiquées, la fabrication du consentement.

Comment lui expliquer qu'il n'a pas été élu pour son programme, mais contre ELLE !

Cauchemar en 2017
Et le même cauchemar a recommencé en 2022 !
Cauchemar en 2022

La fabrication du consentement ? 

    Dans le cas présent, la fabrication du consentement, c'est-à-dire l'acceptation par une population d'une décision déjà prise, a reposé sur une savante parodie de démocratie participative. Comment appeler autrement ce "Grand débat national", dont 70% des Français jugent qu'il sera inutile et dont 90% des français invités à participer ont refusé de venir). 

 

    Ces assemblées organisées manu militari, par peur du peuple, ont été une occasion pour notre sémillant président de saturer l'espace audiovisuel par des interventions quotidiennes ! 

Cliquez sur l'image pour voir l'article
du journal La Montagne et sa galerie de photos
 représentant les forces de l'ordre en action.

    Et pour conclure, notre bourgeois gentilhomme de l'Elysée a glosé durant plus de 8 heures devant un parterre de 64 courtisans intellectuels !


    Tout y est ou presque, on se croirait dans une république bananière dirigée par un "général-président", comme dans le jeu vidéo Tropico !

Vieille dame posant une question

Ingénierie sociale ?

    Dès que l'on parle d'ingénierie sociale à quelqu'un, il (ou elle) fronce les sourcils, et la plupart du temps, on vous range vite fait dans le camp des neuneus complotistes. On peut comprendre cette réaction. Qu'y a-t-il de pire que de reconnaître que l'on est manipulé ?


Eward Bernays

    
L'ingénierie sociale n'est pourtant pas une fantaisie. Elle a même fait beaucoup de progrès depuis qu'Edward Bernays a publié en 1929, son célèbre ouvrage Propaganda !
    Elle est à présent enseignée en université et elle forme des légions de talentueux Directeurs de Ressources Humaines, des publicistes, des communicants ; les communicants étant destinés à remplacer les désuets journalistes (Aux Etats-Unis, en dix ans, le nombre de journalistes professionnels a diminué de 17%, tandis que celui des communicants augmentait de 22%) ; tout une pléthore de ce que l'on désigne aussi par le terme anglais de "spin doctor".

Voici ce qu'écrivait dans son livre Eward Bernays en 1929 :

« L’instruction généralisée devait permettre à l’homme du commun de contrôler son environnement. A en croire la doctrine démocratique, une fois qu’il saurait lire et écrire il aurait les capacités intellectuelles pour diriger. Au lieu de capacités intellectuelles, l’instruction lui a donné des vignettes en caoutchouc, des tampons encreurs avec des slogans publicitaires, des éditoriaux, des informations scientifiques, toutes les futilités de la presse populaire et les platitudes de l’histoire, mais sans l’ombre d’une pensée originale. Ces vignettes sont reproduites à des millions d’exemplaires et il suffit de les exposer à des stimuli identiques pour qu’elles s’impriment toutes de la même manière. »

Lisez Edward Bernays, vous apprendrez plein de choses stupéfiantes !

Qu'est-ce que l'opinion ?


    Voilà donc comment on fabrique l'opinion en démocratie. S'il n'en était pas ainsi, la démocratie ne serait probablement pas tolérée d'ailleurs. A propos, avez-vous lu ma petite réflexion sur ce qu'est une opinion ? Cliquez sur l'image ci-dessous :


Voici, ci-dessous, l'article original publié le 31 juillet 2010

La fabrication du consentement


    Mon souci n'est pas de vous dire quoi penser, mais de vous donner à penser. La pensée est l'arme la plus dangereuse. Rien n'est plus incontrôlable et dangereux pour un gouvernement qu'une population éduquée qui se targue de vouloir penser.

    Voilà pourquoi, sur mon ancien site j'avais créé une rubrique "Désinfo" dans laquelle j'avais regroupé quelques articles destinés à aiguiser votre esprit critique

    Voici pourquoi je propose de lire cet article qui parle du livre de Noam Chomsky et Edward Herman.


Comment ? Vous ne connaissez pas Noam Chomsky ?

    Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l’on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du Verbal Behavior (« Comportement verbal ») de Skinner en 1959, a remis en question l’approche comportementale de l’étude de l’esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l’étude du langage a également eu un grand impact en philosophie du langage et de l’esprit. Il a également établi la hiérarchie dite de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.

    En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu’il a pris publiquement position contre l’engagement américain au Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW, il a donné une multitude de conférences un peu partout dans le monde et a publié de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis d’Amérique et le fonctionnement des mass médias.

    L’ouvrage de Noam Chomsky et Edward Herman, Manufacturing consent, est publié dans sa version intégrale sous le titre La fabrication du consentement aux Editions Agone.


Voici la présentation qu’en fait l’éditeur :

« Dans cet ouvrage, désormais un classique outre-Atlantique (1988, rééd. 2002), les auteurs présentent leur « modèle de propagande », véritable outil d’analyse et de compréhension de la manière dont fonctionnent les médias dominants. Ils font la lumière sur la tendance lourde à ne travailler que dans le cadre de limites définies et à relayer, pour l’essentiel, les informations fournies par les élites économiques et politiques, les amenant ainsi à participer plus ou moins consciemment à la mise en place d’une propagande idéologique destinée à servir les intérêts des mêmes élites. En disséquant les traitements médiatiques réservés à divers événements ou phénomènes historiques et politiques (communisme et anticommunisme, conflits et révolutions en Amérique Latine, guerres du Vietnam et du Cambodge, entre autres), ils mettent à jour des facteurs structurels qu’ils considèrent comme seuls susceptibles de rendre compte des comportements systématiques des principaux médias et des modes de traitement qu’ils réservent à l’information. Ces facteurs structurels dessinent une grille qui révèle presque à coup sûr comment l’inscription des entreprises médiatiques dans le cadre de l’économie de marché en fait la propriété d’individus ou d’entreprises dont l’intérêt est exclusivement de faire du profit ; et comment elles dépendent, d’un point de vue financier, de leurs clients annonceurs publicitaires et, du point de vue des sources d’information, des administrations publiques et des grands groupes industriels. »

Vous trouverez un long extrait de ce fameux livre sur le site suivant :
http://www.acrimed.org/article3010.html


Je ne peux résister au plaisir de vous faire lire ces 2 extraits :

"Des médias subventionnés Afin de renforcer leur prédominance comme sources d’information, les fabricants gouvernementaux et commerciaux d’information se donnent beaucoup de peine pour faciliter la vie des médias. Ils mettent à leur disposition des locaux, font parvenir à l’avance aux journalistes les textes des discours et des rapports, ajustent les horaires des conférences de presse en fonction des délais de bouclage ; rédigent leurs communiqués dans un langage qui peut être facilement repris ; veillent à la mise en scène de leurs conférences de presse et de leurs séances photo. C’est le travail des chargés de communication que de « répondre aux besoins et à la temporalité journalistique en leur livrant un matériel préparé clés en main par leurs services ». Dans les faits, les grandes bureaucraties des puissants subventionnent les médias et s’y assurent un accès privilégié en réduisant les coûts des nouvelles brutes et de production de l’information. Elles deviennent ainsi des sources d’information « de routine » et ont libre accès aux médias tandis que les autres sources doivent se battre pour obtenir un accès et peuvent être ignorées pour cause d’arbitraire des gate-keepers [portiers de l’information]."

"Des experts La relation entre pouvoir et sources d’information dépasse le simple approvisionnement en nouvelles quotidiennes par les autorités et les entreprises incluant la livraison d’"experts". La prédominance des sources officielles demeure vulnérable face à l’existence de sources non-officielles extrêmement respectables qui délivrent les points de vue dissidents avec une grande autorité. Le problème est contrôlé grâce à « la cooptation des experts » - c’est-à-dire en les rémunérant comme consultants, en finançant leurs recherches, en organisant des think tanks qui les emploieront directement et aideront à diffuser leur message. De la sorte, on peut créer des biais structurels en orientant la mise à disposition d’experts dans la direction souhaitée par les autorités et « le marché ». Comme le soulignait Henry Kissinger, dans cet « âge des experts » la « communauté » des experts est constituée par « ceux qui ont un intérêt particulier dans les opinions communément admises, élaborant et définissant ces consensus à un haut niveau ; c’est ce qui en fait, en dernière analyse, des experts ». Une telle évolution est tout à fait logique pour permettre aux opinions les plus communément admises (à savoir celles qui servent au mieux les intérêts des élites) de continuer à prévaloir."



Voici cette vidéo, toujours en ligne en 2023, qui vous parle des travaux de Chomsky en évoquant les intellectuels et le pouvoir.


Chomsky, les intellectuels et le pouvoir from lesmutins.org on Vimeo.

Et voici quelques images que j'ai bricolées pour vous. Faites-en bon usage...😉