"Pour un contrat de 5,7 milliards d'euros, en Inde, au Sud de Bombay, près de la ville de Jaïtapur, dans une zone fortement sismique, Areva met en chantier la construction de deux réacteurs EPR de troisième génération. Ils pourraient entrer en activité en 2014. Le site où ils vont être implantés est distant d’environ 110 kilomètres de l’épicentre du séisme de Koyna de 1967 – d’une intensité de 6,3 sur l’échelle de Richter."
Depuis 2010, Transitio est un site dans lequel j'analyse à ma façon la formidable période de transition que nous vivons. J'ai commencé par me préoccuper de la transition énergétique (pour des raisons professionnelles), mais très vite il m'est apparu évident qu'il fallait s'intéresser également à toutes les autres formes de transitions en cours, économiques, sociétales, etc. (Transitio.info remplace le vieux site Transitio.net, devenu techniquement obsolète)
lundi 6 février 2012
Retour d'expérience des nucléocrates !
dimanche 5 février 2012
L'endettement, bombe à retardement pour imposer le libéralisme
Je partage avec vous cet article, accompagné d’un graphique très intéressant.
Je l’ai trouvé sur le site suivant : http://www.syti.net/Endettement.html
L'endettement est un moyen pour réduire inexorablement les
ressources financières des états, et donc leur capacité d'action, conformément
au projet "libéral" qui vise à réduire les états à l'impuissance,
afin de laisser un champ d'action maximal aux entreprises.
En appauvrissant l'état, l'endettement entraîne une
réduction progressive du financement des services publics et des prestations
sociales (retraites, assurance-maladie, assurance chômage), dont les déficits
ou l'inefficience servent ensuite de prétexte pour présenter les privatisations
comme une "solution".
De plus, l'accroissement de l'endettement permet d'amener le
pays au bord de la faillite, afin de contraindre l'état à privatiser pour
rembourser la dette, quelle que soit la couleur politique du gouvernement
choisi par les électeurs. Ce n'est pas un hasard si ceux qui ont le plus
endetté la France sont aussi les plus "libéraux" : Edouard Balladur
(avec Nicolas Sarkozy au ministère du budget) et Jean-Pierre Raffarin.
La dette de la France a dépassé en 2005 les 1100 milliards
d'euros, soit 67% du PIB. Cela représente un endettement de chaque citoyen
français (nouveau-nés compris) de 18.300 euros, et un remboursement de la dette
qui absorbe chaque année la totalité de l'impôt sur le revenu.
Président le plus "libéral" et le plus à droite,
Nicolas Sarkozy a dépassé de loin les "performances" de tous ses
prédécesseurs. En seulement 3 ans, il a réussi à faire passer l'endettement de
65% à 85% du PIB, pulvérisant les limites fixées par le "Pacte de
stabilité" européen. Il laissera probablement une dette proche des 100% du
PIB à la fin de sa présidence en 2012. Un tel niveau caractérise les pays du
tiers monde ou... les pays en voie de tiers-mondisation.
Depuis 40 ans, la droite libérale et la gauche libérale se
sont relayées au pouvoir pour dilapider l'argent public et pour le détourner au
bénéfice d'intérêts particuliers : corruption, subventions et allègements de
charges accordés aux multinationales (qui remercient en délocalisant leur
production), travaux publics inutiles au grand bénéfice des entreprises de
bâtiment (et des élus politiques qui perçoivent des commissions occultes sur
les marchés publics).
Des groupes de personnes et des entreprises se sont ainsi
enrichies, un enrichissement financé en endettant l'état, c'est à dire la
collectivité. Les citoyens vont maintenant devoir rembourser l'argent dont ont
bénéficié leurs "maîtres", sans oublier les intérêts de l'emprunt.
Concrètement, ce remboursement se traduira par des augmentations d'impôts, une
dégradation des prestations de l'état (sauf en matière de répression),
la fin de l'état-providence, et la privatisation des dernières entreprises
publiques (vendues à un prix très inférieur à leur valeur pour la collectivité
et à l'argent des contribuables qui y a été investi pendant des dizaines
d'années).
L'endettement est aussi un cadeau offert aux banques,
assurées de percevoir une rente à long terme prélevée sur chaque citoyen
Comme on le voit, l'endettement est une bonne affaire pour
tout le monde, sauf pour les citoyens de base qui paieront la facture.
© syti.net -
2005, 2010
Comprendre la dette publique (en quelques minutes)
| Estampe de 1789 représentant le fardeau de la dette publique |
Vous ne comprenez rien aux explications fumeuses que l'on vous sert et ressert à longueur de temps à propos de la dette publique ?
« Il fut un temps où le rôle de la Banque de France était de financer le Trésor Public, c’est-à-dire de créer la monnaie nécessaire au développement du pays (écoles, routes, hôpitaux, ponts, ports, etc.). Mais depuis 1973, la Banque de France a abandonné son rôle de service public et l’État a ainsi transféré son droit régalien de création monétaire sur le système bancaire privé...qui prête, mais avec intérêt ! Ainsi entre le début des années 1980 et la fin 2006, nous avons payé 1142 milliards d’euros d’intérêts, soit plus que le montant de la dette que l’État a contracté dans la même période, soit 913 milliards. En d’autres termes, si nous n’avions pas eu à payer ces 1142 milliards d’intérêts, nous n’aurions pas eu à emprunter 913 milliards d’euros, et nous aurions pu également rembourser les 229 milliards d’euros de dette publique de 1980. La dette n’existe que parce que nous empruntons à des investisseurs institutionnels (assurances, banques, etc.) qui s’engraissent sur notre dos ! »
Bristol peak oil report
Cet article passionnant m'a a été signalé par e-mail par son auteur Thierry Caminel. Je le reproduis dans son intégralité. Il explique comment la ville de Bristol se prépare à gérer les conséquences de la fin du pétrole.
Saviez-vous qu’on anticipe des émeutes de la faim, en ce début du 21 ° siècle, dans la 6e économie mondiale, et que des villes importantes estiment que les crises énergétiques à venir auront des conséquences locales majeures, et s’y préparent ?Cette note présente le « Bristol Peal Oil Report » [1], un document officiel d’une ville anglaise de 430.000 habitants publié récemment. Après une exposition du contexte de ce rapport, son contenu est présenté sommairement, et l’on essaie ensuite de montrer les profondes différences d’appréciation de la situation énergétique mondiale entre le France et l’Angleterre.Contexte Anciens exportateurs d’hydrocarbures, les Britanniques voient leurs champs de pétrole et de gaz de la mer du Nord décliner depuis 10 ans. L’information concernant l’état des réserves de pétroles mondiales est largement relayée par la presse, alimentant le débat public, renforçant la lutte contre le réchauffement climatique.Au plus haut niveau sont écrits des rapports sur le ‘peak oil’ et ces possibles conséquences économiques et sociales [2]. Les Anglais investissent par ailleurs massivement dans des sources d’énergie non fossile (éolien offshore, nucléaire,...), dans les transports collectifs et vélos, etc. Ils ont introduit une taxe carbone, et prennent en compte le carbone contenu dans la commande publique.Au niveau local se met en place un réseau de ‘villes en transition’ [3], regroupant plus d’un millier de villes, quartier ou district, destinés à renforcer la résilience de ces communautés, c’est-à-dire leur capacité à résister à un choc externe. Certaines sont de véritables laboratoires, expérimentant des monnaies complémentaires, des cartes de rationnement ou de nouvelles techniques agricoles.Bristol s’inscrit dans ce mouvement de ville en transition. La taille de la ville, son importance économique et la qualité de son rapport en font un bon exemple de ce qui se passe outre-Manche et du niveau de prise de conscience des problématiques énergétiques.« Peak oil Report - Building a positive future for Bristol after Peak Oil » Ce rapport de 100 pages, publié il y a quelques mois par le conseil municipal de Bristol, commence par expliquer en quoi le pétrole est important, et les raisons qui font qu’il va devenir de plus en plus rare et cher. Il cite les études de l’Agence Internationale de l’Énergie [4], des agences nationales, de Total, Shell ou Aramco, explique qu’il n’y pas d’alternative au pétrole disponible suffisamment rapidement, et rappelle le lien avec le réchauffement climatique. Le rapport synthétise ensuite les vulnérabilités de Bristol au Peak Oil, telles que la hausse du prix des transports et de l’alimentation, les risques de ruptures en alimentation ou en médicaments, le ralentissement économique lié au renchérissement des matières premières et des transports, l’impact sur les services publics dépendant du pétrole (police, collecte des ordures, ...) ou de son prix (chauffage des bâtiments, coûts des réparations,..), etc... Le chapitre suivant étudie les possibles conséquences sociales, citant les exemples de paniques intervenus lors de précédentes ruptures d’approvisionnement, l’augmentation des inégalités, l’impact sur l’emploi (rappelant que chaque choc pétrolier a été suivi d’une augmentation du chômage), le resserrement du crédit (credit crunch). Il cite le modèle de Ayres, qui lie l’évolution du PIB au prix de l’énergie [5]. Le chapitre conclut par la nécessité d’augmenter la résilience de la ville au Peak Oil.Le rapport traite ensuite des transports, notamment l’accès aux magasins et aux lieux de travail, l’efficacité énergétique des moyens de transport, l’importance des vélos, la très grande vulnérabilité du transport aérien. Suit une liste de propositions ambitieuses, mais globalement classiques.Le chapitre suivant, concernant l’alimentation, rappelle l’importance du pétrole pour produire la nourriture (engrais, mécanisation, transport, stockage réfrigéré ...) et les risques importants de crise alimentaire. Il propose des actions telles que relocaliser les productions alimentaires, produire de la nourriture dans la ville, former les citoyens à produire et stocker les aliments, former les agriculteurs à des types de production moins dépendante du pétrole...La vulnérabilité du système de santé à des coupures d’approvisionnement est ensuite analysée, ainsi que l’impact du prix de l’énergie. Sont proposées entre autres une relocalisation des soins, une adaptation des pratiques médicales, l’information des citoyens.Le chapitre suivant traite des services publics (police et pompiers ont besoin de pétrole, il en faut aussi pour le bitume ...), l’impact de l’inflation et du prix du pétrole sur les ressources publiques, l’action sociale, le nombre de crimes et délits, ... . Bristol prévoit d’augmenter les surfaces maraichères, réduire l’énergie nécessaire à collecter et traiter les ordures, préparer des procédures et des lieux d’accueils d’urgences (par exemple en cas de crash économique), constituer un stock de pétrole municipal,...L’économie est le thème suivant, dans lequel les vulnérabilités de chaque secteur sont analysées, pour cause de pétrole cher, difficulté de transport et d’approvisionnement, resserrement du crédit, volatilité des prix, .... Parmi les actions proposées, notons l’introduction d’une monnaie locale, la relocalisation des approvisionnements, l’amélioration des transports publics.Le dernier chapitre est consacré à la production et aux consommations d’énergie, par exemple l’énergie nécessaire à pomper et purifier l’eau potable. Parmi les actions, favoriser la sobriété énergétique et en eau, micro-génération à partir de biomasse, méthanisation des déchets, ...La 3e partie synthétise une centaine d’actions possibles pour minimiser les vulnérabilités de Bristol au peak oil, et les indicateurs pour suivre ces actions. Cette partie est pour l’essentiel traduite à la fin de cette note.Le rapport est précédé d’un résumé pour décideur, et suivi d’annexes pédagogiques expliquant les problématiques énergétiques (Peak Oil, énergies alternatives, ressources nationales) et présentant ce qui se fait ailleurs (notamment à Portland, USA).‘Résilience’ versus ‘Développement Durable’ Ce rapport illustre la différence de niveau de conscience de la réalité du pic de production du pétrole entre Britanniques et Français. En France par exemple les scénarii de politique publique (transports, aménagement urbain ou territorial ...) ne prend pas en compte explicitement l’hypothèse d’une hausse rapide du prix de l’énergie, pas plus que les plans climats territoriaux ne s’intéressent aux conséquences locales de la réduction des stocks d’hydrocarbures, qui est pourtant la contrepartie de l’augmentation du CO2 atmosphérique.‘Résilience’ d’un côté de la Manche, ‘développement durable’ de l’autre côté : tandis que les Anglais estiment que les alternatives au pétrole sont loin d’être prêtes industriellement et se préparent à une ‘descente énergétique’ subie, nous mettons beaucoup d’espoirs dans des révolutions technologiques à venir pour maintenir la croissance. Alors que nous planifions pour réduire vertueusement nos émissions de gaz à effet de serre, ils planifient pour assurer leur sécurité alimentaire et la survie du système social.Les Britanniques et les villes en transition nous montrent qu’une démocratie peut se préparer à des changements profonds et des risques majeurs, en expliquant sans démagogie les contraintes aux citoyens, et en les impliquant pour maintenir l’essentiel. Espérons que ce réalisme anglo-saxon inspirera les politiques de nos villes et l’action citoyenne dans les prochaines années.Thierry Caminel IngénieurSource : Décroissance et Technologie(Ce document peut être redistribué et utilisé sans restriction)Références :[1] http://bristolgreencapital.org/latest/2011/09/the-peak-oil-report/ (Lien rompu)[2] par exemple :
(en) “UK Res Global Oil Depletion Report” : http://www.ukerc.ac.uk/support/Global%20Oil%20Depletion (Article disparu)(en) “UK Industry Task-Force on Peak Oil and Energy Security Report : - http://peakoiltaskforce.net/ (site disparu)(audio) Chronique de J.M Jancovici :(fr) http://petrole.blog.lemonde.fr/2010/04/09/en-grande-bretagne-gouvernement-et-industriels-debatent-du-peak-oil-a-huis-clos/ (Article toujours présent en 2023)[3](en) https://www.transitiontowns.org/ (Site toujours présent en 2023)(fr) https://villesentransition.net/ (Site toujours présent en 2023)
Sur l’approvisionnement en nourriture de Bristol :
http://www.bristol.gov.uk/ccm/content/Health-Social-Care/health-policy/food-for-bristol.en (Article disparu)[4] (en) http://www.independent.co.uk/news/science/warning-oil-supplies-are-running-out-fast-1766585.html (Article toujours présent en 2023)[5] (en) “Economic Growth and cheap oil” - http://www.cge.uevora.pt/aspo2005/abscom/ASPO2005_Ayres.pdf (article disparu, mais PowerPoint retrouvé)
Effets du néolibéralisme sur nos revenus
- Entre 1947 et 1977 : le revenu des familles a doublé, tout comme le PIB par habitant.
- Entre 1977 et 2007 : le revenu des familles a augmenté d’environ 20%, en retrait par rapport à l’augmentation du PIB par habitant, principalement dû à l’augmentation de la part du 1% les plus riches.








