mardi 5 mai 2009

Total s'invite dans le nucléaire

LE NUCLÉAIRE, SUITE LOGIQUE DU PÉTROLE POUR TOTAL !


Total s’invite dans le nucléaire !

« Le pétrolier Total va prendre part aux côtés de GDF-Suez à la construction du réacteur de troisième génération (EPR) de Penly en obtenant un quart du bloc initialement attribué à GDF-Suez (33,33%) » 

    Nous vous invitons à consulter cet article paru le 5 mai 2009 dans le magazine « Usine nouvelle - Total s'invite dans le nucléaire » : 
    Cela fait déjà quelques années que Total (14 milliards d’€uros de bénéfices en 2008) s’intéresse au nucléaire. 
Comme les bons articles disparaissent parfois, Transitio en a gardé la copie ci-dessous :


Souvenons-nous...

    Le 25 novembre 2008, M.Bauquis, professeur ENSPM à l’IFP, expert auprès de l’académie des technologies et de l’OPECST, avait donné une passionnante conférence à la Défense. Celle-ci s’adressait aux actionnaires de Total, son sujet était :"Quelles synergies à moyen et long terme entre pétrole et nucléaire".

Mise à jour au 04/02/12 : Le document n'est plus disponible sur le site "cnis.org", mais fort heureusement j'en avais fait une sauvegarde pour Transitio. Vous pouvez la télécharger ci-dessous :
    Je vous conseille sa lecture. Il commence par un petit mémento sur les fondamentaux du pétrole, puis enchaîne sur un rappel très utile sur le fameux « peak-oil » (prévu pour 2020) et sur l’épuisement progressif des gisements de pétroles et de gaz. Reconnaissons à Total ce mérite d’avoir été un des premiers pétroliers à reconnaître cette fin programmée du pétrole (corroborée depuis par l’Agence Internationale pour l’Energie et par d’autres pétroliers). S’en suit un autre chapitre vertueux sur le réchauffement climatique, qui se conclut par une « amusante » photo prouvant par l’humour ledit réchauffement.

    Les choses se "corsent’’ quelque peu dans les chapitres qui suivent, le but de ce document étant avant tout de démontrer que le nucléaire est la suite logique du pétrole. Vous y apprendrez que le risque d’accident majeur dans le nucléaire n’est que de 1 tous les 50 ans (Quelle chance pour les actionnaires de Total qui ont peu de chance de vivre le prochain !) Vous y découvrirez, la justification d’un projet de centrale nucléaire au Canada afin d’apporter l’énergie nécessaire pour fluidifier les sables bitumineux de l’Athanbaska ! Vous ne connaissez-pas les fameux sables bitumineux ? Allez visiter nos amis de Green Peace : https://www.greenpeace.fr/sables-bitumineux-total-invente-destruction-durable/

    Et parmi tous les autres aspects bénéfiques du nucléaire, figure également le retour de ce vieux serpent de mer des années 70, à savoir le chauffage urbain nucléaire. Voir le projet Thermos du CEA http://www.dissident-media.org/infonucleaire/thermos_sv.html Si l'article finit par disparaître, en voici la sauvegarde de Transitio :
Lisez ce document si instructif, et faites-vous votre opinion !

    Nul doute que Total (14 milliards d’€uros de bénéfices en 2008) est en droit de se prévaloir de son savoir-faire industriel pour s’engager dans « l’après pétrole ». Et il n’y a pas de raisons de croire qu’ils géreront le nucléaire comme ils ont géré le pétrole...

    Je vous propose également, du même auteur et sur le même sujet : Nucléaire et pétrole, quels mariages ? Et comme je sais que les documents "intéressants" finissent toujours par disparaître, je le garde précieusement sur Transitio et le met à votre disposition :


PS : C’est peut-être du mauvais esprit de ma part, mais, datant de 2008 également, j'ai retrouvé ce communiqué de presse des Verts concernant Total.

Marée noire sur la Loire.

« Une fois de plus, Total est responsable d’une marée noire. La mollesse du ministre soi-disant de l’environnement à dénoncer l’inaction de Total pendant les heures qui ont suivi le début de la pollution laisse sans voix. En déversant 450 tonnes d’hydrocarbures dans le seul fleuve sauvage de France qu’est la Loire, la compagnie aux 13 milliards d’euros de profits se rend responsable de dommages importants sur un écosystème remarquable et fragile. Il est intolérable qu’une société qui brasse autant d’argent ne soit pas en mesure d’assurer la sécurité de ses installations » http://lesverts.fr/article.php3 ?id_article=3834

jeudi 19 juin 2008

« Nucléaire et démocratie », par Marie-Christine Blandin

Mis à jour le 05/02/2022 :
Voici le plus vieil article de Transitio. Je le redécouvre avec plaisir tandis que je me lance dans la mise à jour de tous les articles du site. Hélas, en 2022, le combat est perdu. Le lobby nucléaire a gagné. Grace à une propagande incessante depuis des années, il a su construire une nouvelle image au nucléaire, tout aussi fausse que les précédentes (énergie infinie et gratuite, indépendance nationale, etc.), mais encore plus convaincante puisque les nucléocrates ont réussi à convaincre le bon peuple que l'énergie nucléaire était une énergie propre, parce que sans CO2...


Article publié le 19 juin 2008 sur le site de Médiapart


    Pour Marie-Christine Blandin, sénatrice Verte du Nord, l’incident de Tricastin révèle au grand public l’opacité et l’impunité dont bénéficie la filière nucléaire. En cause : les insuffisances de la loi sur la transparence du nucléaire. Elle nous a fait parvenir ce texte :

Le panier percé du nucléaire cache d’autres pertes de substances, celles de la démocratie. Les accidents de Tricastin, puis de Romans ne font que mettre en évidence les failles de la loi « sur la Transparence Nucléaire » dénoncée dès le débat au Parlement par les Verts.

Sous couvert d’indépendance, le Parlement a été dessaisi et le monopole a été donné à une Autorité administrative, chargée d’assurer seule « le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France, pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires et de contribuer à l’information des citoyens ».

Mais sous couvert d’efficacité, et sans aucune précaution d’indépendance, l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’appuie sur l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), établissement public industriel et commercial. Or l’IRSN est pour partie financé par le commissariat à l’énergie atomique (CEA), EDF, AREVA, c’est-à-dire précisément les acteurs que l’ASN, est censée contrôler ! Visiblement les leçons du CPA, comité de prévention de l’amiante financé par les industriels qui la fabriquaient, et acteur de l’omerta sur la toxicité du matériau, n’ont pas été tirées.

Aujourd’hui l’ASN crie bien fort et gronde les industriels pris en faute ; mais elle non plus n’a pas rempli sa mission, en laissant se poursuivre l’exploitation, alors que chacun savait que la cuve de débordements éventuels était percée, au point que des travaux y avaient lieu. L’Etat lui donne pourtant les moyens des inspections : 50 millions d’euros d’argent public en direct et 70 millions pour ses missions confiées à l’IRSN.

Parmi les commissaires qui la pilotent, on retrouve la culture des Mines, du CEA, de l’Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants (OPRI) qui remplace depuis 1994 le fameux Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI, de 1957 à 1994), dont le Directeur Pellerin déclara après Tchernobyl qu’il n’y avait pas lieu en France de prendre des mesures spécifiques pour la santé des populations. Ils se vantent de leur impartialité, de leur indépendance, et de leurs compétences pour nous rassurer... mais 75 kilogrammes d’uranium s’échappent et ils nous informent tardivement et de façon incomplète : les questions posées sur la nature des radionucléides qui se sont échappés, ou sur le taux de dépassement des plafonds admissibles restent sans réponse (le courrier que j’ai adressé à l’ASN le 10 juillet été suivi d’une réponse le 16 juillet, mais bien incomplète).
Mais au fond qui veut vraiment savoir ? Alors que les lois Transparence Sûreté Nucléaire et Déchets Radioactifs datent des 13 et 28 juin 2006, on ne peut que s’étonner d’entendre à l’audition par l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques du 8 avril que quatre décrets n’ont toujours été promulgués :
  • la mise en œuvre de l’obligation d’information par les responsables d’activité nucléaire.
  • le rôle des salariés en matière de prévention des risques.
  • la nature des informations à transmettre par les responsables d’activités nucléaires pour la réalisation de l’inventaire national des déchets.
Et après on s’étonnera de l’information donnée par les associations militantes que leur alerte sur des déchets enterrés à Tricastin en toute illégalité ne soit pas suivie d’effets !
Quand fut votée, mais non suivie de décrets, la mesure qui limite le libre exercice des activités de vide-greniers, le Conseil d’Etat fut d’une vigilance rigoureuse pour interpeller l’Etat. Mais quand quatre décrets manquent à la sûreté nucléaire, on n’entend pas d’émotion.

L’accident de Tricastin est un véritable révélateur grand public de l’opacité et de l’impunité dont bénéficie la filière nucléaire : décrets non sortis dans les temps, faillite de la mission de ceux qui doivent contrôler, négligences de l’exploitant, soupçons sur des dépôts d’uranium militaire abandonnés, gestion au jour le jour selon les mesures des eaux analysées, y compris d’inquiétants résultats au robinet, et bien sûr toujours pas de registre des cancers sur tout le territoire français, malgré les promesses du Plan National Santé Environnement : qui a peur de la vérité ?


Marie-Christine Blandin est sénatrice (Verte) du Nord.

Article publié par Mediapart le 19 juin 2008



Vous pouvez également lire sur le site Reporterre cet article publié du journaliste Rcoutouly le 16 avril 2011, mis à jour le 10 mars 2015 : Le nucléaire n’est pas adapté à la démocratie.