samedi 19 mars 2011

Atome crochu entre la France et la Lybie

Article mis à jour le 12/06/2023



J'ai reproduit sur Transitio cet ancien article que j'avais publié sur le site de la commission énergie EELV. C'est une véritable pépite !

Cette semaine a commencé par une catastrophe nucléaire au Japon et se termine par une nouvelle guerre en Libye.

Nucléaire ? Libye ? Ces deux mots mis ensemble nous ont rappelé deux "amusants" souvenirs, l’un datant de 2007 et l’autre beaucoup plus récent, d’octobre 2010.

En 2007, circulait en effet une nouvelle selon laquelle M. Kadhafi, le nouveau grand ami de la France, cherchait à équiper sa "sympathique" dictature de notre fabuleux EPR.

Nous n’avons pas retrouvé cette info sur le site d’un groupuscule gauchiste mais sur celui de Challenges.fr.


Mise à jour au 11/06/2023 :
Par expérience, je sais que ce genre d'article disparait parfois. Raison pour laquelle je conserve ci-dessous sa copie.


13/08/2007

EPR en Libye : Sarkozy dément, Areva refuse de commenter

Le pays voudrait acquérir une centrale nucléaire afin d'alimenter une usine de dessalement d'eau de mer. Un projet à l'origine de polémiques.

Selon Le Parisien/Aujourd'hui en France lundi 13 août, la Libye chercherait, dans ses négociations avec la France sur le nucléaire civil, à s'équiper de l'EPR, le plus puissant réacteur au monde.

Le quotidien qualifie cet éventuel marché, qui lui a été confirmé par un porte-parole du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), de "prometteur pour Areva, mais politiquement sensible".

Or, interrogé, Areva n'a pas souhaité commenter l'information de presse. "Nous sommes dans le temps des discussions politiques, qui incombent aux diplomates. Ce n'est pas le temps de l'industrie ou du commercial". Un porte-parole a estimé que les "discussions préliminaires" évoquées sont des "discussions d'informations générales sur la production d'énergie nucléaire".

Le président français Nicolas Sarkozy a, pour sa part, réagi en assurant, à deux reprises : "C'est faux, c'est faux." (Voir l'article de 2010, ci-après)

D'après l'accord sur le nucléaire civil ratifié le 25 juillet lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Muammar Kadhafi, la Libye souhaite s'équiper d'une centrale nucléaire afin d'alimenter une usine de dessalement d'eau de mer.


"Géopolitiquement irresponsable"

Un souhait qui fait polémique en France, où Jean-Louis Bianco (PS) a déjà jugé que livrer une centrale à la Libye serait "géopolitiquement irresponsable". 

Le gouvernement allemand a également mis en garde son homologue français sur les risques de prolifération nucléaire. Or, Siemens détient 34% d'Areva NP, la filiale d'Areva qui construit l'EPR.

Les ventes d'armes françaises à la Libye, soupçonnées d'avoir servi de contrepartie à la libération des infirmières bulgares, ont déjà fait polémique récemment.


3 milliards

Le coût d'une centrale de type EPR est évalué à environ 3 milliards d'euros. La construction d'une centrale EPR est en cours en Finlande, mais accuse déjà 2 ans de retard.

Areva a également signé un protocole d'accord avec la Chine portant sur la fourniture de deux centrales EPR.

Un réacteur est aussi prévu en France à Flamanville (Nord-Ouest), alors que près de 80% de l'électricité française est d'origine nucléaire.


Plus étonnant encore ! Voici cette info datant du 23 octobre 2010. Il y a 5 mois à peine !

Nous l’avons retrouvée sur le site de RFI en anglais et nous vous l’avons gentiment traduite.


Nota au 11/06/2023 : Curieusement, RFI a oublié de supprimer cet article !



Pour le cas où il finirait par disparaître, voici la précieuse retranscription de cet article avec la jolie photo souvenir :



La France espère vendre une centrale nucléaire à la Libye et gagner l’accès à ses réserves pétrolières massives, suite à la signature jeudi, d'un partenariat stratégique entre les deux pays.

Une entente de principe, a été signée par le ministre français de l'Industrie Christian Estrosi et des responsables libyens à Tripoli, concernant les secteurs de l'économie et de l'énergie.
Cela signifie que les négociations peuvent ouvrir sur la construction d'une centrale nucléaire, une idée qui a été lancée lorsque le président Mouammar Kadhafi s'est rendu à Paris en 2007 et que poursuivait en vain l'entreprise française Areva depuis 2009.

La Libye a déjà signé des accords nucléaires avec l'Ukraine, la Russie et le Canada.

Les entreprises françaises veulent aussi avoir accès aux énormes réserves Lybienne inexploitées de pétrole, comme le reste du monde des compagnies pétrolières. La France a un déficit commercial de 1.3 milliards d'euros avec la Libye, principalement en raison des importations de pétrole.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a rencontré Kadhafi, le vendredi quand il a fait escale à Tripoli dans le cadre d'une tournée qui le mènera à l'Iran et la Syrie.


Photo AFP / Mahmoud Turkia : M. Christian Estrosi, ministre français de l'Industrie et M. Mohammad Alahoij ministre de l'Industrie libyenne à Tripoli le jeudi 21 octobre 2010.


Et pour finir par une nouvelle note d'humour, voici cette photo trouvée sur un site "d'ignobles" contestataires anti-nucléaires.



Elle est rigolote non ?



mardi 15 mars 2011

Via Mediapart : Japon: la catastrophe nucléaire avait été prévue !

Article mis à jour le 12/06/2023



La catastrophe au Japon avait été prévue en 2006 !

J'ai découvert aujourd'hui sur l'excellent site de Mediapart cet article étonnant de Michel de Pracontal.
Mise à jour au 12/06/2023 : L'article a disparu, j'avais donc bien fait d'en faire une copie. Par contre l'article source sur Asia-Pacific Journal est toujours en ligne.

Voici la copie de l'article :

« A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche. » 

    Cet avertissement est tiré d'un article paru le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune/Asahi Shimbun (l'article est à lire ici : https://apjjf.org/-Ishibashi-Katsuhiko/2495/article.html). Son auteur est le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l'université de Kobe.

Ishibashi Katsuhiko

Ishibashi Katsuhiko
faisait partie du comité d'experts chargé d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises. Il en avait démissionné pour protester contre la position du comité. Il estimait que les recommandations fixées par le comité étaient beaucoup trop laxistes.

    En d'autres termes, le professeur Katsuhiko avait prévu ce qui est en train de se produire à la centrale de Fukushima. Il avait prévenu les autorités de son pays que les centrales japonaises souffraient une « vulnérabilité fondamentale » aux séismes.
 Mais ses avertissements ont été ignorés tant par le gouvernement que par Tepco (Tokyo Electric Power Company), premier producteur privé mondial d'électricité, qui exploite un tiers des centrales nucléaires japonaises, dont celle de Fukushima.

    Katsuhiko a lancé son alerte en 2006, année où les normes de sécurité antisismiques japonaises ont été renforcées. Selon le sismologue, ce renforcement était encore très insuffisant. Les faits lui ont donné raison dès l'année suivante. Le 16 juillet 2007, un séisme de magnitude 6,8 a provoqué des incidents sérieux à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus importante unité de production d'électricité nucléaire au monde. Cette centrale se trouve sur l'île de Honshu, la principale île du Japon, comme presque toutes les centrales nucléaires japonaises, qui encerclent les trois plus grandes villes du pays, Tokyo, Nagoya et Osaka.

    Avant le séisme de juillet 2007, un autre s'était produit en août 2005, affectant la centrale d'Onagawa, au nord de Fukushima ; encore un autre en mars 2007, dont l'épicentre était à 16 kilomètres de la centrale de Shika. Et cela s'est répété l'année suivante, avec une secousse de magnitude 6,8 à l'est de Honshu, près d'Onagawa et de Fukushima. Même s'il n'y a pas eu de dégâts importants, Tepco a signalé alors trois fuites de liquide radioactif à Fukushima Daini.

    Ainsi, l'accident qui vient de se produire à Fukushima ne peut être considéré comme une véritable surprise, même s'il a pris de court les opérateurs de la centrale comme les autorités. Cet accident est la reproduction, en beaucoup plus grave, d'événements qui se sont répétés au moins depuis 2005.

    Ishibashi Katsuhiko avait analysé le risque, expliquant que, dans les différents cas, « le mouvement sismique à la surface du sol causé par le tremblement de terre était plus important que le maximum prévu dans la conception de la centrale ». Lors du séisme qui a affecté la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, le pic d'accélération sismique était plus du double de la valeur que la centrale était censée supporter. « Ce qui s'est passé à Kashiwara-Kariwa ne devrait pas être qualifié d'inattendu », écrivait le sismologue.
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Vous vous demandez ce qu'il en est en France ?

Pourquoi ne pas visiter cet article de juillet de 2003 ? EDF refuse de financer des travaux estimés à deux milliards d'euros !


dimanche 13 mars 2011

Pas une catastrophe, juste un accident !




    Cet article était dans la catégorie "humour" du site de la commission énergie EELV que je gérais à l'époque. Je le garde sur Transitio en souvenir…


    Souvenez-vous du nuage radioactif de Tchernobyl qui s'était arrêté en 1986 à la frontière française !

Les clowns tristes du lobby nucléaire ont repris du service pour la catastrophe au Japon.

    En effet, alors que l’agence de sûreté nucléaire japonaise déclarait qu’il y avait une fusion partielle du cœur du réacteur nucléaire n°1 de la centrale de Fukushima Daiich, notre inimitable ministre de l'énergie a tenté hier 12 avril lors d'une conférence de presse, de minimiser la gravité de la situation nucléaire au Japon, en indiquant qu’il ne s’agissait pas à ses yeux d’une "catastrophe nucléaire" mais seulement d’un "accident grave".


Ayons une pensée pour le peuple japonais qui paie en ce moment très cher le prix de l'utopie nucléaire...

Et non, Mme Kosciusko-Morizet, étonnante Ministre de l'écologie, nous ne "profitons" pas de ce malheur qui frappe le Japon pour batailler une fois de plus contre les nucléocrates ! La réponse que vous avez faites ce soir à la question de Corinne Lepage au journal de 20 h sur France 2 a été incroyablement choquante ! (Hélas, au 12/06/2023 on ne trouve plus la réponse de la ministre, mais seulement la question de Mme Lepage).

L'information sur la conférence du Ministre de l'énergie a été communiquée par le "Réseau Sortir du Nucléaire"




samedi 12 mars 2011

L'éolienne de William Kamkwamba

L’HISTOIRE INCROYABLE D’UN ADOLESCENT DU MALAWI QUI A CONSTRUIT SEUL SON ÉOLIENNE


    Adolescent, William Kamkwamba a lu dans la bibliothèque proche de son village un livre sur l’énergie éolienne. Cela l’a motivé à en construire une avec du matériel de récupération.

    Son éolienne permet d’alimenter la radio et les lampes de la maison. Il donne à présent des conférences et il a écrit un livre, The Boy Who Harnessed the Wind : Creating Currents of Electricity and Hope*,

J’ai découvert cet incroyable garçon en visionnant une des conférences TED Talks.

C’est pour nous tous une véritable leçon.

On peut voir quelques vidéos racontant son exploit sur Youtube. En voici une :



Communiqué du Réseau "Sortir du Nucléaire" nucléaire : les réacteurs français sont vulnérables !

Article mis à jour le 12/06/2023.

J'avais relayé ce communiqué du Réseau "Sortir du nucléaire" sur le site de la commission énergie EELV le 12 mars 2011.

Je le conserve sur Transitio pour mémoire...





Fédération de 875 associations agréée pour la protection de l'environnement.
http://www.sortirdunucleaire.org/


Communiqué de presse du 12 mars 2011


Séisme et catastrophe nucléaire : les réacteurs français sont vulnérables !


Au Japon : un accident majeur de gravité comparable à Three Mile Island

L'agence de sûreté nucléaire japonaise a annoncé samedi qu'il y a une forte probabilité pour que la présence de césium radioactif autour du réacteur n°1 de la centrale de Fukushiwa Daiichi provienne de la fusion de crayons de combustible (1), c'est à dire d'une fusion partielle du cœur nucléaire. Les autorités japonaises s'apprêtent à distribuer de l'iode aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires en détresse (2).

Une partie des barres de combustible du réacteur n°1 de la centrale Fukushima Daiichi est exposée à l'air libre selon l'agence japonaise de sûreté nucléaire (3). Selon Tepco, l'exploitant de la centrale de Fukushima-Daiichi, un nouveau tremblement de terre a précédé l'explosion du réacteur n°1 (4).
Le versement de l'eau de mer destiné à refroidir le réacteur n°1 a dû être suspendu à cause d'un nouveau tremblement de terre et la peur d'un nouveau tsunami (5). C'est pourtant le seul moyen restant pour empêcher une fusion totale du cœur, puisque l'opérateur n'a plus aucun moyen de contrôle sur le réacteur.
Les deux autres réacteurs arrêtés en urgence de la centrale de Fukushiwa Daiichi sont toujours confrontés à des problèmes de refroidissement du coeur nucléaire. Dans la centrale de Fukushima Daini (située à 11 km de la centrale de Fukushiwa Daiichi), Tepco doit relâcher de la vapeur radioactive pour tenter de diminuer la température de 3 des 4 réacteurs arrêtés en urgence (6).

En France : des réacteurs nucléaires exposés à un risque sismique grave, construits en dépit des normes sismiques

Les réacteurs nucléaires français ne respectent pas les normes sismiques de référence. EDF est allé jusqu'à falsifier les données sismologiques pour éviter d'avoir à le reconnaître et d'investir au moins 1,9 milliard d'euros afin de mettre les réacteurs aux normes (7). La justice a rejeté mercredi dernier la demande de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), la plus vieille centrale française, pourtant située dans une zone à risque sismique élevé.

Mais ni les normes sismiques draconiennes du Japon ni ses technologies parasismiques avancées n'ont pu empêcher la catastrophe nucléaire majeure qui s'y produit actuellement. Le Japon est pourtant le pays le mieux équipé et le mieux préparé au monde pour faire face au risque sismique dans toutes ses dimensions. Le Japon est également une des premières économies de la planète et un pays leader en matière de technologies de pointe.

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », le dramatique exemple japonais démontre qu'il est totalement impossible de construire des réacteurs nucléaires résistant à un séisme. La seule solution véritable pour se prémunir de ce risque gravissime est d'engager le plus rapidement possible un plan de sortie du nucléaire.

La machine à étouffer l'information se met en marche

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, et Éric Besson, ministre de l’Industrie, ont décidé de réunir cet après-midi l’ensemble des acteurs français du secteur du nucléaire... dont les industriels EDF et Areva. Il apparaît d'ores et déjà évident que le secteur nucléaire français et ses soutiens au plus haut niveau de l'État se préparent à communiquer pour sauver la crédibilité de la filière nucléaire.
Mais il ne sera pas possible cette fois de recourir au cliché usé jusqu'à la corde de l' « accident survenu sur une centrale soviétique vétuste », que l'industrie nucléaire a utilisé abondamment pour laisser croire qu'un accident nucléaire grave ne pouvait pas se produire hors d'URSS.

Il faut aujourd'hui considérer avec prudence les informations provenant de Tepco, l'exploitant des réacteurs japonais en déroute. En effet, 15 réacteurs nucléaires ont été fermés au Japon pendant des mois en 2002 et 2003, par décision administrative, après que Tepco avait falsifié des documents concernant la sécurité.



Notes :

(1) "The agency said there was a strong possibility that the radioactive cesium monitors detected was from the melting of a fuel rod at the plant, adding that engineers were continuing to cool the fuel rods by pumping water around them."
http://edition.cnn.com/2011/WORLD/asiapcf/03/12/japan.nuclear/

(2) http://www.sankei.jp.msn.com/affairs/news/110312/dst11031216520245-n1.htm Site disparu en 2023.

(3) "L'Agence japonaise de sûreté nucléaire annonce que certaines des barres de combustible du réacteur numéro 1 de la centrale Fukushima No 1 ont émergé à la surface de la piscine du réacteur samedi midi, parce que le niveau de l'eau a baissé." :
http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/french/top/news08.html Site disparu en 2023.

(4) "a vertical earthquake hit the site and big explosion has happened near the Unit 1 and smoke breaks out around 3:36PM."
https://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11031223-e.html

(5) NHK à 17h35 le12.03.11

(6) "we have decided to prepare implementing measures to reduce  the pressure of the reactor containment vessel (partial discharge of air containing radioactive materials) in order to fully secure safety. These measures are considered to be implemented in Units 1, 2 and 3
https://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11031223-e.html

(7) Consulter les documents confidentiels d'EDF et l'analyse effectuée par le Réseau « Sortir du nucléaire » :
http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=themas&soussousmenu=seismes2&page=index Page introuvable en 2023.
Informations au fur et à mesure sur notre blog :
http://groupes.sortirdunucleaire.org/blogs/alerte-nucleaire-au-japon-apres-un/ Introuvable en 2023.