samedi 31 juillet 2010

Savez-vous lire les camemberts ?

Article mis à jour le 13/06/2023.
Cet article vous aidera (aussi) à critiquer Transitio ! 😉
    Vous voulez apprendre à déjouer les pièges grossiers du "prêt à penser", ou plus simplement aiguiser votre esprit critique ?    Alors n'hésitez pas, procurez-vous et surtout lisez, cet indispensable ouvrage au titre si évocateur ! "PETIT COURS D'AUTODEFENSE INTELLECTUELLE"




Savez-vous lire les camemberts, les histogrammes, ou les courbes de Gauss ?

Le mot statistique vous fait-il peur ?

Vous posez-vous les bonnes questions lorsque l’on vous présente des données ?

Qui produit les données que je lis ?
  • Celui ou celle qui les présentent ?
  • Quelqu’un d’autre ?
  • En son nom personnel ou au nom d’un organisme ?
  • Quel est la réputation de cet organisme ?
  • A-t-il ou non des intérêts dans la question discutée ?
  • A-t-il fourni les données, leur interprétation, ou les deux ?
  • Quels biais conscients ou inconscients pourraient affecter la présentation des données ?
  • Combien de cas ont été étudiés ?
  • Comment les a-t-on réunis ?
  • Est-ce suffisant ?
  • Les données sont-elles contextualisées ou non ?

Arrêtons la liste ici, car elle fait 3 pages dans l’ouvrage de Norman Baillargeon dont je vous conseille la lecture attentive : PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE

Normand Baillargeon enseigne les fondements de l’éducation à l’Université du Québec. Dans son ouvrage, il nous propose d’apprendre à raisonner de manière critique aux flots d’informations auxquels nous sommes soumis dans la vie de tous les jours.
Au travers de cinq axes majeurs, Norman Baillargeon développe toute une méthodologie visant l’éducation à la pensée critique et au scepticisme.
Chaque partie est émaillée de nombreux exemples que l’auteur prend plaisir à remettre en cause. Les fondements de la pensée critique se caractérisent par deux principes indissociables : 
  • Le scepticisme « rien n’est acquis, tout doit se justifier »
  • L’ouverture d’esprit « être ouvert à la nouveauté et à d’autres argumentations ».

Ce livre est un véritable manuel de détection de la supercherie universitaire, politique ou commerciale dont nous sommes parfois victimes.

Comme le suggère Noam Chomsky, « un tel cours d’autodéfense intellectuelle devrait être inscrit au programme de tout système d’éducation qui se respecte », c’est ce qu’a essayé de faire l’auteur avec cet ouvrage, d’où le côté pédagogique omniprésent et l’utilisation d’un style imagé, de nombreuses citations et une foule d’exemples et de graphiques rendant cet ouvrage accessible à tous.

A cette présentation du livre, il faut ajouter que celui-ci contient également beaucoup d’humour.

Ce petit manuel d’auto-défense est donc passionnant, drôle et surtout, utile !

Vous pouvez télécharger une version allégée de cet ouvrage par le lien suivant : RÉSUME DU PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE


Je vous propose également d'écouter cette interview de Norman Baillargeon à propos de son livre.


vendredi 30 juillet 2010

Propaganda : Information ou ingénierie sociale ?

Article mis à jour le 08/01/2025 avec la vidéo de l'INA sur l'intervention américaine de 1954 au Guatemala.


J'inaugure la rubrique "Désinfo" (Désinformation) par un article sur un petit livre dont la lecture me semble presque indispensable...

"PROPAGANDA" - Comment manipuler l'opinion en démocratie"

Publié chez ZONES


Avez-vous entendu parler d’Edward Bernays ?

    Voici ce qu’en dit Wikipedia : Edward Louis Bernays, né à Vienne en Autriche le 22 novembre 1891 et mort à Cambridge (Massachusetts) le 9 mars 1995, est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l’industrie des relations publiques, dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike. Son œuvre aborde des thèmes communs à celle de Walter Lippmann, notamment celui de la manipulation de l’opinion publique. Il fit à ce titre partie du Committee on Public Information créé par Woodrow Wilson pour gagner l’opinion publique américaine à l’entrée en guerre des États-Unis en 1917. Il est le neveu de Sigmund Freud.

    Je ne saurais trop vous recommander la lecture de son livre publié en 1928 : PROPAGANDA.

    On y apprend que la propagande politique au XXe siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires mais au cœur même de la démocratie libérale américaine. Goebbels, l’ignoble ministre de l’Éducation et de la propagande, sous le 3ème Reich, avait lu ce livre...

Voici un extrait qui vous donnera une petite idée :

« L’instruction généralisée devait permettre à l’homme du commun de contrôler son environnement. A en croire la doctrine démocratique, une fois qu’il saurait lire et écrire il aurait les capacités intellectuelles pour diriger. Au lieu de capacités intellectuelles, l’instruction lui a donné des vignettes en caoutchouc, des tampons encreurs avec des slogans publicitaires, des éditoriaux, des informations scientifiques, toutes les futilités de la presse populaire et les platitudes de l’histoire, mais sans l’ombre d’une pensée originale. Ces vignettes sont reproduites à des millions d’exemplaires et il suffit de les exposer à des stimuli identiques pour qu’elles s’impriment toutes de la même manière. »


    Vous pouvez également écouter cette émission intéressante dans laquelle Nomand Baillargeon parle de ce livre : 




Transitio vous aime ! 😍

Vous voulez lire ce livre indispensable ? Soit ! Cliquez sur l'image ci-dessous :

Mise à jour du 08/01/2026

    Probablement en raison de la récente agression, (annexion ?), du Venezuela par les USA, l'Institut National de l'Audiovisuel a publié avec pertinence la vidéo ci-dessous qui explique comment Edward Bernays a fabriqué l'opinion pour que l'armée américaine intervienne en 1954 au Guatemala, après que le gouvernement de ce pays, élu démocratiquement en 1951, ait décidé de nationaliser contre compensation, les terres non cultivées pour les redistribuer aux paysans pauvres. La compagnie américaine United Fruit Company, propriétaire d'une partie de ces terres a financé à Edward Bernays 3 années de propagande aux USA, afin que l'armée américaine puisse renverser le gouvernement du Guatemala en 1954. S'en sont suivies, 40 années de guerre civile...

Voici la vidéo mise en ligne par l'INA, extraite du documentaire de Jimmy Leipold “Propaganda, la fabrique du consentement” (2018).
 
Édifiant, non ?
 
 
 
A propos, qu'est-ce que l'opinion ?

    Voilà donc comment on fabrique l'opinion en démocratie. S'il n'en était pas ainsi, la démocratie ne serait probablement pas tolérée d'ailleurs. A propos, avez-vous lu ma petite réflexion sur ce qu'est une opinion ? Cliquez sur l'image ci-dessous :



Voici, pour terminer, quelques images que je vous ai bricolées, pour résumer 😉





jeudi 22 juillet 2010

Transition oblige, l'Institut Français du Pétrole change de nom

Transition énergétique oblige...

L’institut Français du Pétrole communique :



J'ai trouvé cette information sur le site d’Euro Energies

Ce changement de nom traduit l’engagement de l’IFP en faveur de recherches dans les domaines des énergies fossiles et des énergies nouvelles dont l’objectif est de préparer la transition énergétique nécessaire à l’évolution de nos sociétés.

Intégré à la loi portant engagement national pour l’environnement (dite Loi Grenelle 2) qui vient d’être promulguée, le changement de dénomination de l’IFP en IFP Energies nouvelles entre en vigueur. Proposée par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM), cette nouvelle dénomination met en cohérence le nom de l’IFP avec la finalité et la réalité de ses programmes de recherche, davantage tournés vers les nouvelles technologies de l’énergie (NTE). Elle marque également la reconnaissance de l’IFP, par les pouvoirs publics, comme un acteur majeur du domaine des énergies, renouvelables et fossiles.

Ce changement de nom avait été annoncé par le Président de la République qui avait indiqué, le 9 juin 2009 à Chambéry, que la dénomination de l’IFP « ne fait pas justice à la contribution qu’il apporte aux énergies nouvelles ». En effet, si en 2000 l’activité de l’IFP était principalement dédiée aux hydrocarbures, aujourd’hui 50 % de ses programmes de R&D sont consacrés au développement des NTE (véhicules économes, hybrides et électriques, biocarburants et chimie verte, captage et stockage du CO2, etc.).

L’évolution de la stratégie de l’IFP, initiée en 2003 et structurée dans le contrat d’objectifs 2006-2010, s’inscrit dans un contexte énergétique et environnemental mondial en pleine mutation. Face au double défi de l’énergie (augmentation de la demande mondiale, dépendance aux ressources fossiles) et du climat, la conduite d’une transition énergétique vers un système moins carboné s’impose comme une nécessité. Compte tenu de l’inertie du système énergétique (durée de vie des installations industrielles, temps indispensable pour que les solutions alternatives arrivent à maturité), une période de transition est nécessaire pour faire évoluer les parts respectives des énergies fossiles et renouvelables.
La conservation du sigle IFP et l’ajout du terme Energies nouvelles reflètent très exactement ce positionnement, celui d’une transition fondée sur un mix énergétique incluant énergies renouvelables et énergies fossiles. Par ses recherches innovantes et à finalité industrielle, IFP Energies nouvelles favorisera l’émergence des technologies "vertes" de demain tout en capitalisant sur ses activités historiques liées aux hydrocarbures. L’IFP mettra au service du développement de ces filières "vertes" les compétences de pointe qu’il a développées dans le secteur pétrolier et gazier et qui pourront être redéployées dans le domaine des NTE, ainsi que son expérience en matière de valorisation et de création d’entreprise.

La nouvelle dénomination, non seulement entérine les évolutions du périmètre d’activité d’IFP Energies nouvelles engagées depuis 2003, mais les renforce, en lien avec le futur contrat d’objectifs 2011-2015. Dans le cadre de ce contrat, IFP Energies nouvelles va en effet poursuivre et intensifier ses travaux dans le domaine des NTE, en intervenant dans de nouveaux domaines liés aux énergies renouvelables, dont les énergies marines, la gestion de l’eau et plus généralement les éco-industries.

Par ailleurs, la nouvelle appellation permet de maintenir la marque IFP, dont la notoriété est fortement ancrée surtout à l’international.

IFP Energies nouvelles traduit donc l’engagement fort de l’entreprise, déjà à l’œuvre depuis une dizaine d’années, au service du développement durable. Un engagement à développer des solutions innovantes pour une transition maîtrisée vers un système énergétique durable et moins carboné.

Vous pouvez vous faire une idée en allant sur cette page de leur site : IFP Energies nouvelles


vendredi 28 mai 2010

Greenpeace 1 / Areva 0

AREVA A-T-ELLE CÉDÉ À GREENPEACE ? (RUE89)



Toujours à l’affût de nouvelles infos, je ne peux résister au plaisir de mettre celle-ci en ’’une’’, et ce, même si ATTENTION ! ’’elle reste à vérifier’’.

Le site arrêt sur image nous apprend que dans son blog "planète89", le site Rue89 révèle que la filière d’exportation d’uranium appauvri d’Areva vers la Russie va prendre fin en 2010, au lieu de 2014 comme prévu dans les contrats. 

L’entreprise refuse d’admettre que Greenpeace, qui dénonce ces pratiques, a eu gain de cause.

Sur le site Internet d’Areva, Greenpeace a découvert une déclaration affirmant que "la date de fin de ces contrats a été publiquement annoncée dès 2006". Rue89 démontre dans son article que cette affirmation est fausse et s’interroge sur le lien entre cette annonce et le scandale provoqué par l’enquête "Déchets, le cauchemar du nucléaire", diffusée en octobre 2009 sur la chaîne de télé Arte et l’article qui suivi dans Libération (comme le mentionnait Arrêt sur image).

Areva affirme que "la fin du contrat en 2010 a été annoncée dès 2006 par l’enrichisseur russe, et confirmée lors de la présentation au HCTISN de novembre 2009 en présence de l’association Greenpeace". Or, Rue89, qui s’est procuré le compte-rendu de cette réunion, ne trouve aucune trace écrite de cette annonce.

En réponse aux accusations, Areva accuse Greenpeace "d’agiter un faux problème (...), puisque les exportations d’uranium appauvri vers la Russie sont sur le point de s’arrêter". Selon Rue89, Areva pourrait aussi avoir l’intention de dissimuler un échec commercial. Un document du ministère russe de l’Energie atomique, découvert par Greenpeace, prouve que deux contrats conclus avec Rosatom en 1999 et 2002 devaient courir jusqu’en 2014.




Pour mémoire : Nous avions signalé dans l’un de nos articles de ce mois de mai que Greenpeace portait plainte auprès de la Commission européenne pour violation d’une directive relative aux transferts de déchets radioactifs et fait appel du référé obtenu par Areva.

Post Scriptum : L’info s’est depuis confirmée (08/06/10). Ils sont trop forts chez Greenpeace !


vendredi 21 mai 2010

Nucléaire, encore classé Secret Défense



Voici 2 infos relevées ce mois-ci (et un petit memo en bas de page...

7 mai 2010 :

Greenpeace France porte la lutte contre les exportations de déchets nucléaires d’Areva et EDF en Russie sur le terrain juridique. L’organisation de défense de l’environnement porte plainte auprès de la Commission européenne pour violation d’une directive relative aux transferts de déchets radioactifs et fait appel du référé obtenu lundi par Areva.

La France ne respecte pas une directive européenne La directive européenne de 2006, relative à la surveillance et au contrôle des transferts de déchets radioactifs et de combustible nucléaire usé, stipule que l’expéditeur de déchets nucléaires doit s’assurer des bonnes conditions de sûreté dans lesquelles ils vont être disposés dans le pays dans lequel il les envoie. 

Aujourd’hui, ni Areva, ni EDF, ni même les autorités françaises ne sont en mesure de contrôler les conditions de sûreté en Russie, comme l’a confirmé l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN).

Cette information a été reprise également sur le site Environnement-france.fr.


21 mai 2010 :

Le site du point signale que le rapport commandé à l’ex-président d’EDF François Roussely sur la refondation de la filière nucléaire française n’a pas été entièrement rendu : le chapitre relatif aux aspects militaires est en cours d’élaboration. Surtout, le document a été discrètement classé "secret-défense".

Pourquoi ? Le chef de l’État, absorbé par la crise, aurait voulu éviter toute fuite avant d’avoir pu lire le rapport complet. Seule donc a filtré la proposition d’un GIE (groupe d’intérêt économique) qui harmoniserait les initiatives des acteurs du nucléaire tricolore à l’étranger : Areva, EDF, Alstom, Suez-GDF et le Commissariat à l’énergie atomique.

En filigrane, les tensions demeurent autour du sort d’Anne Lauvergeon, dont le mandat à la tête d’Areva expire l’an prochain, mais que ses rivaux (Henri Proglio en tête) rêvent d’écarter au plus tôt. Dans ce contexte, la classification du rapport - ajoutée au déclenchement d’un audit sur les comptes d’Areva confié à René Ricol - attise inquiétudes et spéculations sur ce qu’il pourrait dévoiler. Le suspense pourrait être sans fin : si Roussely a promis sa livraison fin mai, rien ne dit qu’il sera ensuite déclassifié.

Cette information a été reprise sur le site Developpementdurable.com

Le traitement particulier du Nucléaire civil (?) français est une longue histoire !
Nous vous rappelons, pour mémoire, un épisode précédent, en 2003 :
9 février 2003 : Des militants de Greenpeace bloquent un camion chargé de 150 kilos de plutonium pur, au centre de Chalon sur Saône.
Le 19 février 2003 : Greenpeace publie l’étude de WISE-Paris sur les transports de l’industrie du plutonium en France.