lundi 4 mars 2013

Le Monde et le JDD lisent l'avenir dans les Français...




J’ai failli avaler mon chapeau ce week-end, lorsque j’ai lu sur le fil d’actualité de ma page FB, un lien vers une page du journal Le Monde au titre alarmant : « Christine Lagarde et Marine Lepen, femmes préférées des français ».


Le Monde faisait référence à un sondage IFOP, publié par le Journal Du Dimanche (JDD).


Amis étrangers qui me lisez, mais qui pourraient ne pas être au fait des arcanes de la politique intérieur française, sachez que Christine Lagarde, actuelle directrice du FMI, membre du parti de droite UMP, va très bientôt être convoquée devant la Cour de justice de la République (CJR) dans le cadre de l’instruction qui la vise des chefs de « complicité de faux » et de « complicité de détournement de fonds publics », et que Marine Lepen n’est rien d’autre (mais vraiment rien d’autre), que la chef du parti d’extrême droite français, le Front National fondé par son père avec d’anciens collaborateurs, quelques monarchistes et surtout un quarteron d’ennemis jurés de la République.


Après que ma colère et mon désespoir se soient quelque peu dissipés, j’ai relu et surtout mieux analysé la façon dont l’article était rédigé.


    • 2 : Mais le titre de l’article est le suivant : « Les femmes politiques auxquelles les Français prédisent un avenir selon un sondage », ce qui ne veut pas dire tout à fait la même chose, convenez-en. Les français les plus clairvoyants ou les plus épris de justice pourraient par exemple prédire un avenir carcéral à l’une et un avenir tragique à l’autre.

    • 3 : Quant à la question posée par le sondage, il s’agissait de « prédire » quelles personnalités politiques auraient « un rôle plus important à l'avenir dans la vie politique française ».


    Ne trouvez-vous pas qu’il y a une petite différence entre prédire "un rôle plus important" et "préférer quelqu’un" ?


    Je déteste tout ce que représente Marine Lepen, mais je peux effectivement prédire à celle-ci un rôle plus important à l’avenir (Surtout si les médias continuent de bailler d'admiration devant elle).


    Son parti nationaliste et raciste apporte effectivement le traditionnel chapelet de réponses simplistes et surtout haineuses à la crise grave dans laquelle tout ce que représente Christine Lagarde nous a plongés.


    De plus, la presse institutionnelle (le mainstream), adore Mme Lepen, personnage tellement médiatique et surtout plus présentable que ne l’était son père. Elle prétend représenter le peuple, mais un peuple qui correspond si bien à l’idée méprisante que les élites se font du peuple.


    Vous aurez remarqué que j'ai momentanément détourné mon juste courroux de Mme Lagarde. Lepen suffit bien. Christine Lagarde ne fait que défendre sa classe sociale, car comme dit Warren Buffet, le milliardaire américain, 3ème fortune des Etats-Unis : « Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. »


    Lepen, c'est autre chose, c'est le côté le plus hideux de cette guerre sociale, celui des lâches qui méprisent le peuple et qui recherchent son avilissement pour gagner une part du pouvoir.




    Mais revenons momentanément au journal Le Monde...

    J’ai rencontré, il y a quelques années, dans un "dîner en ville", un rédacteur en chef du fameux journal Le Monde. Il expliquait que le niveau intellectuel des lecteurs avait tellement baissé (incompréhension de certains articles, observée au travers des courriers), que c’était une des raisons pour laquelle ils avaient décidé de créer Le Monde 2, avec moins de textes et plus d’images et de photos. Peut-être que cet article du Monde a été rédigé par l'un de ces lecteurs qui serait devenu journaliste ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, convenez avec moi que la retranscription de cet article du JDD par le Monde aurait mérité un peu plus de soin.

    Voici l’article du Monde (Je vous recommande bien sûr de lire l’original sur leur site) :

    La directrice générale du FMI Christine Lagarde et la présidente du Front national Marine Le Pen arrivent en tête du palmarès des femmes politiques Ifop pour le Journal du dimanche, avec respectivement 34 % et 31 %. "Comme DSK en son temps, Christine Lagarde bénéficie depuis Washington de belles conditions sondagières en France", écrit le JDD.
    Mmes Lagarde et Le Pen, auxquelles les personnes interrogées voient jouer "un rôle plus important à l'avenir dans la vie politique française", devancent Nathalie Kosciusko-Morizet et Rama Yade, qui totalisent chacune 27 %.
    UNE SEULE FEMME DE GAUCHE DANS LES CINQ PRÉFÉRÉES
    Viennent ensuite les premières femmes de gauche, Martine Aubry et Christiane Taubira, 21 % chacune, devant Rachida Dati et Ségolène Royal (19 %), Valérie Pécresse (17 %), Najat Vallaud-Belkacem (16 %), Cécile Duflot (12 %), Aurélie Filippetti (11 %) ou encore Anne Hidalgo (10 %).



    Post Scriptum :


    Suis-je le seul à trouver choquant cet article ? En fidèle serviteur de ses maîtres, ce journaliste, en effet, ne se tient plus de joie. Non seulement les Français n'ont toujours pas fait le rapprochement entre le FMI représenté par Mme Lagarde, et la crise effroyable qui supprime leurs emplois, saccage leur protection sociale, etc, mais en plus, ces nigauds soupirent d'aise devant l'improbable Mme Lepen et ses idées nationales extrémistes ! La finance peut dormir tranquille.


    Les idées nauséabondes portées par le Front National sont-elles moins dangereuses parce qu’elles sont défendues par une blonde souriante plutôt que par un borgne éructant ?


    Voila comment depuis plus de 20 ans des journalistes et des politiques complaisants forgent consciemment ou non, le destin de la famille Lepen et de son sulfureux Front National.


    Une dernière question. Le seul réflexe des français face à cette crise, sera-t-il encore une fois de plus la soumission aux puissances de l’argent et le national populisme ? La collaboration ? Vraiment ? Encore ?



    Certains résistent, heureusement, mais on les traite de populistes (le fameux fantasme des élites effrayées par le peuple).
    Voici un extrait de tract du Parti de Gauche, durant la campagne présidentielle.




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