dimanche 23 mars 2014

"Alors la transition ?" Infos de désintoxe sur l'Ukraine et l'Allemagne.

Article mis à jour le 07/02/2022 :

Fatigué d'entendre les sempiternelles âneries sur le charbon allemand, j'ai complété cet article d'infos destinées à rappeler la réalité.




Etat d'âme...

Pas facile d’écrire régulièrement en article sur Transitio. Je suis comme vous accaparé par mes tâches quotidiennes, et si je ne peux m’empêcher de penser tout le temps, prendre un moment pour faire le tri dans ce tourbillon de réflexions est loin d’être évident.

Ecrire un article pour Transitio, c’est comme s’arrêter soudain au milieu du flot de la foule et malgré les cris et la bousculade, tenter de regarder au loin.

Il faut tout de même reconnaitre que l’actualité nous a bien malmenés ces dernières semaines !



Revue de "presse catastrophique"

Grands méchants Russes (Une valeur sure)

    Il y a trois semaines, on avait l’impression que l’incompréhensible crise en Ukraine allait nous mener à la 3ème guerre mondiale, et puis aujourd’hui, voilà que tout est terminé, ou presque. Nos amis américains ont encore failli nous faire mourir de rire en disant aux méchants russes que l’on était plus au 19ème siècle et que l’on envahissait plus les pays ainsi (Lire cette intervention de John Kerry). 

Pour info : Au dix-neuvième siècle, les Américains ont fait la guerre aux Anglais en 1812 pour annexer le Canada, la guerre aux Mexicains pour annexer plus de la moitié du Mexique en 1848, la guerre à la Chine de 1856 à 1860 pour obliger celle-ci à autoriser le commerce de l'opium sur son territoire ! Les portes du temple de Janus ne se referment jamais aux USA ! (Les Romains les refermaient en temps de paix)

    Les grands méchants Russes n’ont pas compris pourquoi l’on faisait un pareil pataquès parce que la Crimée quittait l’Ukraine alors que tout l’occident avait applaudi lorsque le Kosovo avait quitté la Serbie !

    Il est fort probable que certains russes se souviennent que le 9 février 1990, James Baker, le secrétaire d'Etat américain de George Bush, avait assuré au réformateur de l'Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev que l'alliance occidentale de l’OTAN n'étendrait "pas d'un pouce" son influence vers l'Est si Moscou acceptait que l'Allemagne réunifiée entre dans l'Otan. Les Polonais, les Tchèques et les Hongrois ont adhéré à l'Otan en 1999, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et les trois Etats baltes en 2004, et en 2008, lors du sommet de l'Otan de Bucarest, cela avait failli être le tour de l'Ukraine ! (Lire cet article du Courrier International).



    Les médias français ont comme à leur habitude entonné le cœur des vierges pour soutenir le point de vue de notre indéfectible ami américain (Lire ce document sur la couverture médiatique des Journaux Télévisés en France).

    Il fallait donc lire le Gardian anglais (The external struggle to dominate Ukraine has put fascists in power and brought the country to the brink of conflict) ou regarder la BBC pour apprendre que des néo-nazis paradaient dans Kiev et soutenaient le nouveau gouvernement ukrainien.




    Quant à la France, mon pauvre pays, il se trouvait soudain bien embarrassé avec ses bateaux de guerre fabriqués à Saint-Nazaire qu’il devait livrer à la Russie (Lire cet article de France Info sur l'avertissement de la Russie).

    Heureusement que notre Bernard Henri philosophe national était là pour détendre l’atmosphère !

    Bref, bientôt l’annexion de la Crimée sera oubliée et les oligarques russes pourront revenir faire la fête sur la Côte d’Azur !

    Il parait que dans leur légendaire générosité, nos amis Américains vont mettre chez eux, à l'abris de leurs coffres, 33 tonnes d'or ukrainien (Mais on dit tellement de choses fausses sur internet comme disait Napoléon). 



La compagnie américaine Chevron va pouvoir continuer sa prospection de gaz de schiste dans le cadre de son contrat de 10 milliards avec l’Ukraine




Business as usual...
(Tant que les Allemands n’annexent pas l’Alsace et la Lorraine, on se fout du reste !)


Encore la crise de l'énergie ?

    Hélas oui chers amis lecteurs et lectrices, la crise en Ukraine n’est pas sans rapport avec la crise mondiale de l’énergie ! Le grand chamboulement sur le marché international du gaz, initié par nos amis américains avec leur gaz de schiste, a quelque chose à voir avec ces bruits de bottes en Crimée.

    Transitio vous invite à lire cette brillante analyse du marché mondial de l’énergie de Régis Genté, publiée en août 2013 sur le site de l’excellent Monde Diplomatique : Le gaz de schiste chamboule la géopolitique.


Et en France ?

    Si nous n’avions dû supporter que cette terrible crise internationale ! Mais non, ce n’était pas encore assez ! Nous avons dû subir le spectacle affligeant de la tragi-comédie politicienne française, avec ses "affaires" à répétition (En voici 3 au hasard : LibyeBuissonJuges). Si la justice existe vraiment dans mon pauvre pays, il est probable qu’un jour Nicolas Sarkozy finira en prison, mais ou pourra dire qu’avant cela il nous aura bien diverti. Cet homme est un vrai personnage de fiction ! Roman Balzacien, théâtre de boulevard, film noir ? Les trois peut-être...



Un nuage de particules fines au milieu de la tempête

    Comment voulez-vous penser tranquille au milieu d’une telle tempête médiatique ? En plus de tout cela, nous avons dû souffrir les affres délétères d’un nuage de pollution qui s’est installé sur Paris et qui continue d’irriter mes poumons accablés de bronchites à répétition !



"Alors la transition ?" Me direz-vous !!!

Ben, euh, vous savez, on est en France ici ! Alors il ne fallait pas rêver ! Frown



Transition énergétique ?

    EDF évalue à 300 milliards sur cinquante ans (Lire cet article), le coût de la rénovation et de la construction de nouvelles centrales... et va commencer par investir 50 milliards pour moderniser ses antiques centrales nucléaires (Lire cet article sur le site des Echos).


Imaginez que pendant le pic de pollution des neuneus pronucléaire ont osé insinuer que c’étaient les centrales à charbon allemandes qui nous polluaient ! (Lire ce démenti de Airparif).


Désintoxe à propos de l'Allemagne et son charbon

Aucune nouvelle centrale à charbon

Petite précision tout de même, n'en déplaise aux thuriféraires du nucléaire, aucune nouvelle construction de centrale thermique au charbon ou au lignite n'a été décidée en Allemagne depuis 2008. Aussi bien les constructions en cours à ce jour que les mises en service réalisées en 2013 n'ont donc aucun lien avec l'arrêt définitif de huit réacteurs nucléaires en 2011. Regardez cette vidéo de désintoxe d'ARTE sur le sujet en cliquant sur l'image ci-dessous.


Un mix électrique plus "renouvelable que charbonneux"

Pour la première fois, l’Allemagne a produit plus d’électricité grâce aux énergies renouvelables qu’au charbon en 2018, selon un rapport publié le 3 janvier par l’institut allemand Fraunhofer ISE.

Plus de 40% d’électricité d’origine renouvelable en 2018

En 2018, les énergies renouvelables (éolien, solaire photovoltaïque, biomasse et hydroélectricité) ont produit 219 TWh d’électricité en Allemagne, soit 4,3% de plus qu’en 2017. Elles ont compté pour 40,4% de la production électrique allemande des douze derniers mois, contre 38% pour le charbon (lignite et houille confondus). La part des renouvelables dans le mix électrique outre-rhin a approximativement doublé depuis le début des années 2010. Cliquez sur l'image ci-dessous.


Allemagne : trois contre-vérités sur la sortie du nucléaire

Par Bernard Laponche

Depuis plusieurs années, on entend trois affirmations selon lesquelles la décision prise par l’Allemagne en 2000 de sortir du nucléaire a entraîné pour ce pays :

  • Une augmentation de la production d’électricité à partir du charbon.
  • Une augmentation des émissions de CO2 de la production d’électricité en Allemagne.
  • La nécessité pour l’Allemagne d’importer de l’électricité de la France, principalement d’origine nucléaire. Qu’en est-il vraiment ?

Cet article, sur la base des données Eurostat, présente l’évolution de la consommation et de la production d’électricité en Allemagne de 1990 à 2018, avec une particulière attention portée à la période 2000-2018. On constate tout d’abord que, sur la période 1991-2018, si la consommation énergétique finale totale par habitant a augmenté de 9 %, la consommation par habitant du secteur résidentiel a baissé de 11 %, ce qui témoigne d’un effort important d’efficacité dans les usages de l’électricité dans le secteur résidentiel.

En ce qui concerne la production d’électricité, on constate que, sur la période 2000-2018, la baisse de la production d’origine nucléaire, de 94 milliards de kWh (TWh) a été largement compensée par l’augmentation de la production d’origine renouvelable, essentiellement par l’éolien et le photovoltaïque, de 191 TWh. Dans le même temps, la production d’origine fossile (charbon, lignite, gaz essentiellement) a diminué de 33 TWh. Sur cette même période les émissions de gaz à effet de serre de la production électrique ont diminué de 16 %.

Par ailleurs, l’Allemagne n’a pas eu à dépendre d’importations d’électricité de la France. Au contraire, ses exportations nettes vers la France ont toujours été positives sauf en 2011, année de l’arrêt de huit réacteurs électronucléaires après l’accident de Fukushima.

Ces résultats mettent sérieusement en cause les informations régulièrement propagées :

  • Non, la production d’électricité à partir du charbon et du lignite n’a pas augmenté en Allemagne du fait de la sortie du nucléaire, au contraire, elle a décru, tout comme la production à partir de l’ensemble des combustibles fossiles.
  • Oui, la production d’origine renouvelable a plus que compensé, et de loin, la baisse de la production d’origine nucléaire.
  • Non, l’Allemagne n’a pas été importateur net d’électricité de la France. Bien au contraire, les échanges d’électricité se font en sa faveur depuis 2006.

Lisez la suite en cliquant sur l'image ci-dessous :





Transition sociale ?

Tout va bien !

"Il y a plus de millionnaires en France que dans n'importe quel autre pays européen" relève une étude du Crédit Suisse qui en a recensé 2 211 000.
Les 5 familles les plus riches de France possèdent beaucoup plus (25 milliards) que les 8.3 millions de ménages les plus pauvres.
Les 85 personnes les plus riches du monde (dont quatre de nos cinq familles françaises) détiennent autant de richesse que la moitié de la population mondiale, soit les 3,5 milliards d'habitants de la planète les plus pauvres.
Mais le chômage continue de monter et derrière lui se profil l’ombre de la bête immonde du FN…



Transition économique ?

Circulez ! Il n’y a rien à voir, et n’oubliez pas de payer la dette !

Oubliée la prise de conscience du monde fini et de l’épuisement des ressources. Nos politiciens continuent de croire en la sacro-sainte croissance. Ils vont créer le Grand Paris et quelques autres mégapoles cauchemardesques. Cela permettra de construire plein de nouveaux quartiers, de nouvelles lignes de métros, des gares, des écoles, des hôpitaux (avec l’argent de la dette probablement). Alors que dans le reste du pays, on continuera de fermer, garesécoleshôpitaux, etc. (Comprends qui peut).

On appuie sur l’accélérateur en chantant "Born to be wild" et en continue de foncer vers le mur.



Le mur ?

Une étude financée par la Nasa, révélée par Guardian, nous assure que nous n’en sommes plus très loin ! Encore quelques décennies et ce sera la fin. Pas la fin du monde rassurez-vous, ce sera juste la fin de l’ère industrielle. L’effondrement !

Mais cette révélation n’est pas vraiment un scoop. La théorie d’Olduvai de Richard Duncan a prédit cela depuis déjà un bon moment !




Positivons !

Il y a tout de même quelques points positifs à retenir de cet article.
  • Lorsqu’il y a une crise internationale terrible, éteignez la télé pendant 2 semaines et écoutez de la musique. Lorsque vous reprendrez le fil de l’actualité, celle-ci ne sera plus qu’un vague souvenir.
  • Suivre la vie politique française peut vous dispenser d’aller au théâtre de boulevard ou de voir des films de série B.
  • La fin de l’ère industrielle ? Beaucoup de jeunes (et de moins jeunes comme moi) y sont préparés. Psychologiquement par les films et les livres de science-fiction, et les jeux vidéo.


Une solution ?

Vous avez le choix :
  1. Achetez-vous un carré de terre dans un coin perdu (2 € le m2 dans certains endroits) et apprenez à jardiner en prévision des pénuries alimentaires qui frapperont un jour (lointain j’espère) les mégapoles (Actuellement 3 jours de réserves alimentaires pour Paris).
  2. Accélérer à fond en chantant "Born to be wild !" , le mur qui se trouve devant nous n’est peut-être que celui des limites de notre imagination !

Rassurez-vous, il n'y a pas que ces deux-là ! Réfléchissons ensemble, nous allons en trouver d'autres !


La solution c'est peut-être de chanter "Born to be wild" en cultivant son jardin ! Laughing



La mort n'est pas un jeu




On ne peut comprendre la société dans laquelle nous vivons et la situation d’impasse dans laquelle elle se trouve, qu’en essayant de comprendre comment fonctionne le cerveau humain.

J’ai lu autrefois les ouvrages d’Henri Laborit puis de Jean-Pierre Changeux. On peut lire à présent les livres de Jean-Didier Vincent. J’ai essayé dans un article de Transitio de vous faire découvrir cette caverne platonicienne dans laquelle nous sommes prisonniers, celle du cerveau.



La compréhension du fonctionnement humain a fait d’immense progrès ces dernières décennies. Peut-être pouvons-nous nous passer (pour le moment) de comprendre les progrès de la physique quantique. Mais il me semble qu’il est de notre plus grand intérêt de comprendre comment nous pensons. Car si nous ne faisons pas cet effort, sachez que d’autres le font à notre place et que cela ne peut être qu’à nos dépends.


J’ai donc choisi de vous donner à voir cette vidéo intitulée "Le jeu de la mort" que j’ai trouvé sur le site du 4ème singe. Il s’agit d’un documentaire, réalisé en 2009, qui s’inspire de la célèbre expérience de Milgram. L’objectif de cette expérience de psychologie sociale était de mesurer le niveau d’obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l’exécute.

Voici la description que donne Wikipédia de ce documentaire : le jeu de la mort.

"Le Jeu de la mort est un documentaire écrit par Christophe Nick, réalisé par Thomas Bornot et Gilles Amado et coproduit par France Télévisions et la Radio télévision suisse1 en 2009. Diffusé pour la première fois en mars 2010, il met en scène un faux jeu télévisé (La Zone Xtrême) durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes à un autre candidat, jusqu’à des tensions pouvant entraîner la mort. La mise en scène reproduit l’expérience de Milgram réalisée initialement aux États-Unis dans les années 1960 pour étudier l’influence de l’autorité sur l’obéissance : les décharges électriques sont fictives, un acteur feignant de les subir, et l’objectif est de tester la capacité à désobéir du candidat qui inflige ce traitement et qui n’est pas au courant de l’expérience. La différence notable avec l’expérience originelle est que l’autorité scientifique est remplacée par une présentatrice de télévision, Tania Young."



Impossible que ce film passionnant ne vous fasse pas réfléchir !

Comme beaucoup de vidéos, celle-ci disparaît régulièrement (pour des raisons bien légitimes), pour réapparaître tout aussi régulièrement. Il suffit de chercher un peu.




Si le sujet de la psychologie sociale et des techniques de manipulation vous intéresse, je vous conseille d'aller visiter ces deux pages de Transitio :

Personnellement cette fascination de la mort, cette chosification du corps qui envahit notre société me donne la nausée. Raison pour laquelle les expositions de cadavres platinisés m’ont révolté et que je bous de colère à chaque fois que je vois une tête de mort sur une robe ou un sac à main. Inutile de vous dire de ce que je pense de la tentative d’imposer la fête d’Halloween en France…

Je me pose la question de savoir si cette dérive ne serait pas l’aboutissement logique de la façon dont nous traitons le monde depuis longtemps. Nous avons considéré la nature, comme une chose exploitable à volonté. Nous avons traité les animaux comme s’ils étaient des automates sans consciences, animés par leur seul instinct. Nous les incarcérons par milliers dans des usines concentrationnaires, les réduisant à une ressource protéinique à peine vivante, avant de les abattre à la chaîne. Les interminables couloirs de leurs fermes abattoirs éclairés de néons nuit et jour dans lesquels coule une insipide musique, ne ressemblent-ils pas de près ou de loin à nos cités dortoirs ou nos yeux écarquillés fixent sans pleurer d’insoutenables images à la télé ?





Je vous conseille de lire le formidable livre d’Isabelle Sorente "180 jours" qui vous donnera à penser sur ce sujet. Et aussi "Addiction générale" de la même Isabelle Sorente qui décrit notre addiction au calcul et par la même notre déshumanisation.





Et si nous essayons de redevenir aussi bons que des rats ? (Un article étonnant à lire sur Transitio)