dimanche 23 janvier 2022

"Même si je n'ai pas le droit de le dire"

Nota au 20/07/2024 : La publication de cet article sur le groupe Facebook "Actu de la paléontologie" a été censurée par son administrateur Bertrand Bordage Léneau, qui de plus m'a bloqué. En vaillant petit soldat décervelé, ce personnage préfère nier le passé de la Terre que de risquer de semer des doutes sur les variations climatiques (ce que je ne fais pas.)

 

"Nous sommes à la fin d'une période interglaciaire. C'est mathématique, la glaciation va revenir."

    Qui dit cela ? François Djindjian, archéologue et préhistorien français, spécialiste du Paléolithique supérieur et des méthodes et théorie de l’archéologie. Ce n'est pas n'importe qui. Il a participé à l’introduction des mathématiques et de l’informatique en archéologie, notamment l’usage de l’analyse des données multidimensionnelles. Il a également développé, sous le nom d’archéologie des processus, une épistémologique globale qui, intégrant des techniques de structuration et d’apprentissage, permet de reconstituer les principaux processus qui définissent le fonctionnement systémique des sociétés du passé.

    Ce n'est pas n'importe qui, nous sommes d'accord ? Oui ? Merci.

    Je vous conseille de regarder et surtout d'écouter attentivement cette conférence donnée le 3 juin 2018, à l'occasion du Cycle "L'espèce humaine face au changement climatique", organisé par le Muséum d'Histoire Naturelle. Vous allez y apprendre l'histoire conjointe du climat et de l'humanité au cours des 100.000 dernières années.

    Les études du climat et de la préhistoire ont fait toutes deux des progrès immenses depuis les années 70. Les scientifiques sont à présent en mesure de reconstituer 1 million d'années de l'histoire du climat et vous allez voir que pour les derniers milliers d'années, le climat a eu des incidences sur l'humanité. Celle-ci a même failli disparaître lors de la dernière glaciation (réduite de moitié).

    J'ai déjà évoqué plusieurs fois l'histoire du climat dans quelques articles sur Transitio, et ce, avec plus ou moins de prudence.

    Je vous ai parlé du niveau de la mer Méditerranée 120 m plus bas à l'époque de l'ère glaciaire. Raison pour laquelle l'entrée de la grotte Cosquer se trouve à présent 37 m sous le niveau actuel. 

Article du 10 novembre 2014

    Je vous ai parlé du glacier Jacobshaven (Situé au Groenland) qui a reculé de 12.8 kilomètres et a perdu entre 6 et 9 mètres d'épaisseur entre 1850 et 1903. Ce qui signifie que le présent réchauffement climatique a commencé en 1850 (fin du petit âge glaciaire), quand la population ne comptait qu'1.2 milliard d'habitants, c'est-à-dire 6 fois moins que maintenant, et que la production de CO2 était près de 20 fois moins importante que de nos jours !...


    Mais qui suis-je pour vous parler de cela ? Juste un type qui dévore des livres de science et d'histoire depuis plus de 40 ans et qui ne risque pas sa carrière en le faisant.


 La conférence !

    Écoutez la conférence, vous apprendrez comment au cours de la dernière ère glaciaire, la petite humanité a failli disparaître, tant les conditions étaient rudes. Les glaciers recouvrirent en grande partie l'Europe, nombre d'espèces disparurent, la végétation se réduisit à une toundra stérile, tous les arbres à feuilles caduques disparurent, seuls quelques chênes subsistèrent dans la péninsule ibérique. A la fin de l'ère glaciaire l'humanité était réduite à quelques centaines de milliers d'individus sur toute la planète.

Consultez cette page intéressante

François Djindjian pose la question suivante :

"Si le chasseur cueilleur a réussi à survivre, pour quoi nous, avec notre technologie fantastique n'arriverions-nous pas à survivre ?"

Il ajoute :

"Il n'y a pas de bon climat ni de mauvais climats. Il y a une bonne ou une mauvaise adaptation de l'homme, de la végétation et des animaux à des changements climatiques. Si nous avons des scientifiques qui nous l'annoncent, qui nous le prévoit (le réchauffement climatique), eh bien, au lieu de nous recouvrir la tête de cendres et de pleurer, je pense que la meilleure solution, c'est de nous y préparer." (59:50)

Le préhistorien rappelle qu'il y a 4 raisons possibles pour que le climat change :

  • Les Cycles de Milanković (des cycles astronomiques faisant que l'inclinaison de la Terre et sa distance par rapport au soleil provoquent des périodes régulières de glaciations)
  • Les éruptions volcaniques (les poussières projetées dans l'atmosphère faisant écran à la lumière solaire et provoquant des refroidissements allant jusqu'à une décennie)
  • L'activité solaire (correspondance entre le minimum d'activité solaire commencé à la fin du XVIIe siècle et le petit âge glaciaire survenu entre le début du XIVe et la fin du XIXe siècle (A noter que cette période correspond également à un maximum volcanique)).
  • L'activité humaine.


La petite remarque gênante.    

    Dans la deuxième partie de la conférence, celle réservée aux questions, François Djindjian fait cette remarque "gênante" :

"La fin du petit âge glaciaire, c'est la fin du 19ème siècle et une partie du réchauffement climatique que nous avons, même si je n'ai pas le droit de le dire, parait-il, c'est quand même, c'est la fin du petit âge glaciaire, plus, effectivement nos activités industrielles à la fin du 19ème siècle" (1:37:36)

    Concernant les modélisations mathématiques, (je vous rappelle qu'il est aussi mathématicien), il précise :

"Les calculs de modélisation du climat sont d'un ordre beaucoup plus compliqué que ce que nous montrent les articles à sensation que l'on peut voir dans la presse" (1:38:10)

Il ajoute :

"S'il y a des vrais scientifiques, des vrais mathématiciens dans cette salle, ils vont me comprendre. Les modèles météorologiques, les modèles climatiques, sont des modèles d'une complexité fabuleuse et il faut des mégas ordinateurs pour pouvoir les traiter. Alors si vous voulez faire un travail sérieux, ce n'est pas en trois ans. Cela demande des décennies et des décennies pour arriver à mettre au point les modèles. C'est pour ça que nous, comment dire, on est un peu réservés face à l'aspect spectaculaire et catastrophiste de que l'on lit dans la presse (1:38:45) et puis notre vieille formation scientifique qui nous dit que quand même, quand on dit des choses, il faut rester prudent, humble et surtout il faut toujours travailler et toujours discuter, et surtout quand le politique s'en mêle et que vous savez que quand le politique s'en mêle, c'est quand il trouve une occasion que ce genre de chose soit l'occasion de faire un nouvel impôt… Nous dans la préhistoire, on est quand mêle contents, un million d'habitants sur la planète, des chasseurs cueilleurs, des variations climatiques, c'est vachement simple. Là aujourd'hui, je n'aimerais pas être à leur place. Je préfère être préhistorien."

 

    Voilà, je vous laisse regarder la vidéo. Dépêchez-vous de l'oublier ensuite et surtout n'en parlez à personne. 😉





Post Scriptum :

    Je vous avais déjà parlé des paramètres de Milanković et de l'embarras d'un scientifique essayent de les évoquer.


    Quant aux causes de l'actuel réchauffement climatique, elles sont effectivement le résultat de l'activité humaine. Il suffit de lire l'article suivant pour le comprendre : "Le mème de Transitio sur le climat ( Si ça peut aider)"
 

    Peut-être comprenez-vous mieux pourquoi j'ai voulu écrire ce grand article qui m'a demandé tant de travail : "Ces catastrophes qui n'ont pas eu lieu. Message d'espoir."



Quel dommage que personne ne me lise...

Vraiment dommage, car en 2012, vous auriez été avertis des risques de pandémie dus au coronavirus dans mon article "Les services de renseignement américains imaginent 2030"

Et en avril 2017, vous auriez même été informés de qui était vraiment notre futur président.

Tant pis, c'est comme ça...

Amicalement,

Bertrand Tièche


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