samedi 6 avril 2013

Par Slate.fr : Pourquoi les pauvres votent-ils contre leurs intérêts ?

Article mis à jour le 22/06/2023



Pourquoi les pauvres votent-ils contre leurs intérêts ?


    Pourquoi, par exemple, Marine Le Pen (moyenne nationale : 17,9%) a-t-elle réalisé un bon score chez les ouvriers où elle se place au même niveau que François Hollande (autour de 30%) au premier tour, alors que son programme propose plus d'exclure certains des minima sociaux que d'augmenter à proprement parler ces derniers ?


    Pourquoi devance-t-elle largement Jean-Luc Mélenchon qui prêche pour une meilleure répartition des richesses, même si celui-ci a réalisé un score plus qu'honorable dans cette catégorie ? (Entre 11et 18% selon les instituts)


    Pourquoi Jean-Luc Mélenchon suscite-t-il même de la peur, alors que certains de ses discours de campagne relevaient presque du sermon sur la montagne (je me souviens qu’il parlait d’amour lors de celui de la porte de Versailles), tandis que l’hydre du Front National parvient à provoquer la sympathie avec un discours reposant sur la haine ?



Comment expliquer cela ? Mais par la psychologie sociale bien sûr !


    Lisez plutôt ce passionnant article de Catherine Bernard, sur le site Slate.fr.
Je ne le reproduis ci-dessous que par crainte qu’il ne disparaisse (cela arrive). Lisez-le plutôt sur le site de Slate.fr par respect pour le travail de cette journaliste.




Article de Catherine Bernard publié le publié le 03/05/2012

Ils devraient favoriser les candidats qui promettent d’augmenter les minima sociaux ou de mettre en place des politiques de redistribution plus généreuses. Or ça n’est pas toujours le cas. Des chercheurs américains ont décrypté le phénomène.

Qu'on se le dise : les citoyens économiquement les plus modestes ne sont pas toujours fans des politiques de redistribution. Du moins si l'on en croit leur vote. C'est ce que démontrent depuis plusieurs décennies les études électorales américaines. Et, de plus en plus fréquemment, les études électorales européennes.

Comme le confirme Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof (centre de recherches politiques de Science Po),
« Depuis une trentaine d'années, la sociologie, autrefois déterminante dans l'explication du comportement électoral, n'explique plus qu'en partie le vote. »

Ainsi Marine Le Pen (moyenne nationale : 17,9%) a réalisé un bon score chez les ouvriers où elle se place au même niveau que François Hollande (autour de 30%) au premier tour, alors que son programme propose plus d'exclure certains des minima sociaux que d'augmenter à proprement parler ces derniers. Une bonne partie de son programme est du reste, centrée sur la défense des intérêts des artisans, commerçants et PME. Surtout, elle devance largement Jean-Luc Mélenchon, même si celui-ci a réalisé un score plus qu'honorable dans cette catégorie (entre 11et 18% selon les instituts). Comment expliquer ce paradoxe ?

Quand les pauvres seront riches

Au fil des ans, les politologues, notamment américains, ont avancé diverses explications : les pauvres, expliquent-ils, par exemple, ont beau être pauvres, ils ne s'en rendraient pas compte. Enfin, pas totalement. La plupart sous-estimeraient ainsi que les riches ne sont pas un peu, mais immensément plus riches qu'eux.

Et de fait, les Américains sont convaincus que les 20% de leurs concitoyens les plus fortunés contrôlent 59% de la richesse du pays alors qu'en réalité, ils en détiennent 85%. Résultat : bercés par le rêve américain, les plus modestes surévalueraient grandement leurs chances de rejoindre cette élite économique. Et se fourvoieraient donc lorsqu'ils soutiennent des mesures fiscales favorables aux plus riches en pensant, qu'un jour, eux-aussi, en profiteront.

Quatre chercheurs américains, Ilyana Kuziemko, Michael I. Norton, Ryan W.Buell et Taly Reich, viennent d'avancer une nouvelle thèse :  pour eux, si les pauvres votent contre leur intérêt, c'est qu'ils ont peur qu'une politique sociale généreuse profite surtout.... à encore plus démuni qu'eux. Les faisant du même coup descendre tout en bas de l'échelle sociale.

Téléchargez l'étude sauvegardée sur Transitio.

Car il y a toujours plus pauvre et donc plus aidé que soi-même. C'est ce que ces chercheurs baptisent la « last place aversion », autrement dit, le dégoût pour la dernière place. Comme aux cartes, l'important est bien d'être celui…qui n'a pas le pouilleux !
Le pouilleux, c'est l'autre.

Pour le démontrer, ils n'ont ni plus ni moins procédé à une expérience de laboratoire. Les chercheurs ont distribué à des « cobayes » des sommes d'argent représentant leur revenu théorique, et chacun a pu savoir à quel niveau de richesse il se situait par rapport aux autres participants. Les chercheurs leur ont ensuite donné le choix : préféraient-ils bénéficier d'une augmentation de revenu modeste mais tout à fait certaine, ou participer à une loterie, qui, si par hasard ils la gagnaient, les ferait progresser d'un ou plusieurs rangs par rapport aux autres participants.

La probabilité d'opter pour l'une ou l'autre solution s'est révélée à peu près stable pour tous les participants. Sauf pour les deux moins bien lotis qui optaient plus souvent pour la loterie. Le plus pauvre pour sortir de sa condition, le « deuxième plus pauvre » pour ne pas... prendre la place du dernier si jamais celui-ci tirait le gros lot.

Dans une autre expérience, où chacun devait choisir de donner un dollar soit à celui qui le précédait (un peu plus riche) ou le suivait (un peu plus pauvre), les « avant-derniers » préféraient systématiquement enrichir leur « supérieur » direct plutôt que de voir leur suivant atteindre leur rang.

Autrement dit, l'important pour l'électeur américain ne serait pas d'être pauvre, en valeur absolue, mais bien de ne l'être pas trop, en valeur relative.

D'autres études corroborent cette interprétation, et la précisent encore plus : ainsi les recherches de Alberto Alesina, Edward Glaeser et Bruce Sacerdote trouvent deux raisons principales à la faiblesse d'un soutien populaire à un Etat providence américain :
« Les Américains sont persuadés d'une part qu'ils vivent dans une société ouverte et juste - et où toute redistribution est donc inutile, NDLR—, […] et de l'autre qu'une plus grande redistribution profiterait surtout aux minorités ethniques, et non à eux-mêmes ».
« D'où l'émergence de la notion de ”welfare chauvin”, dont les largesses ne profiteraient qu'aux nationaux, comme le prône en France Marine Le Pen », explique Bruno Cautrès.
Les plus instruits aussi votent contre leur intérêt.

Mais si les plus pauvres ne votent pas toujours « utile », ils ne sont pas les seuls ! « A l'inverse, constate Bruno Cautrès, les classes moyennes éduquées votent désormais majoritairement pour la gauche socialiste, alors que celle-ci, bien souvent, augmente leur effort fiscal ».

Explication : le vote n'est pas seulement l'expression d'intérêts. Mais aussi celle de valeurs qui parfois transcendent ou contredisent cet aspect purement utilitariste. Lorsque la contradiction est trop forte, des clivages inédits s'instaurent : « coexistent ainsi désormais une gauche, comme une droite, ouvertes sur l'extérieur et une gauche/une droite plus fermées », explique Bruno Cautrès.

Mais on devrait bientôt en savoir plus : en France, le vote a jusqu'à présent souvent été étudié sous l'angle des CSP (catégories socio-professionnelles), qui ne constituent qu'une indication partielle de la situation sur l'échelle sociale du pays. Mais Nonna Mayer, directrice de recherche au CNRS, mène actuellement une recherche sur le vote des personnes les plus pauvres (y compris les personnes sans domicile fixe) qui permettra de bien mieux cerner les motivations et les comportements de cet électorat.






Nota :

    Pour ma part j'ajouterai une pincée de Darwinisme à cette brillante analyse. Nous sommes des primates habitués à nous soumettre bon gré mal gré aux mâles dominants (ou aux femelles qui copient ce comportement agressif), au chef de la horde primitive. Et dans nos sociétés de grands singes évolués, nous avons développé nombre de stratégies comportementales pour gérer et entretenir ce genre de rapports sociaux.

    Il ne faut pas oublier non plus l'esprit religieux, l'un de ces comportements hérités de notre évolution, qui contribue bien à nous maintenir dans l'ignorance et la soumission...


A noter que j'ai découvert cet article par l'intermédiaire du défunt site ActuWIKI




Mise à jour au 22 juin 2023 :
Dix ans après sa publication, cet article reste d'une brûlante actualité. Tout n'a fait qu'empirer. Par deux fois, les Français ont porté au second tour des élections présidentielles, un banquier à la solde de marchés financiers et une populiste présidente d'un parti fondé par d'anciens SS et des collabos. Lire cet article :"En transition vers la peste ou le choléra".

Etonnant, non ?




Aux USA, 45 États vont rendre l’apprentissage de l’écriture manuscrite optionnelle à l’école !


    La fin de l’écriture manuscrite ? 
    L’écriture manuscrite est si indissociablement liée à l’histoire de la civilisation humaine que l’on peine à croire cette incroyable nouvelle !


    C’est pourtant ce que viennent de décider 45 Etats américains, qui vont rendre son apprentissage optionnel. Voilà bien un sacré bond dans l’évolution, mais il n’est pas sûr que celui-ci aille en avant…



    Pareille nouvelle ne pouvait venir que d’Amérique, bien sûr. Après avoir décrété la fin de l’histoire il y a quelques années, les Américains peuvent bien décréter celle de l’écriture !


    La raison invoquée est l’utilisation générale des claviers. Du fait de leur confiance aveugle dans le progrès, les Américains sont en effet persuadés que tout un chacun dans leur beau pays utilisera désormais ce nouveau moyen pour écrire.


    Il n’est semble-t-il pas venu à l’idée de leurs législateurs que le clavier lui-même pouvait n’être qu’un outil passager. Si l’on partage un instant leur vision euphorique du progrès, ou peut évoquer le retour de l’écriture manuscrite sur les écrans tactiles de toutes les tablettes qui remplaceront bientôt tous les ordinateurs. Personnellement je prends toutes mes notes professionnelles sur ma tablette avec un stylet, un peu comme cette dame de Pompéi qui illustre mon article…


    Peu importe, c’est décidé, plus de crayons ni de stylo, plus de papiers, plus de petits mots griffonnés à la hâte, poèmes ou antisèches, plus de belles lettres d’amour calligraphiées, plus de slogans bombés sur des murs. Le clavier ou rien !


    Peut-être auront-ils bientôt la lumineuse idée de supprimer l’apprentissage de la lecture ? Après tout, quoi de plus facile pour un Smartphone de déchiffrer un texte et de le lire à haute voix synthétisée ? L’écriture et le texte subsisteront bien sûr, mais en tant que moyens parmi d’autres de coder de l’information, codage réservé bien sûr à des spécialistes, tout comme les actuels langages informatiques.


    Georges Orwell, dans son livre 1984, avait eu l’idée d’un régime totalitaire qui rendait impossible de penser certains concepts jugés dangereux, en supprimant peu à peu des mots du dictionnaire de la langue officielle, la Novlangue.  Mais supprimer l’apprentissage de l’écriture, ça, il n’y avait pas songé dans ses pires visions !


Et l’étape suivante, quelle sera-t-elle ? Je vous laisse imaginer…



Pour en savoir plus sur cette incroyable nouvelle, je vous recommande de lire cet article sur le site ActuWIKI.

Comme d’habitude, je le reproduis ci-dessous pour le cas où il serait supprimé, mais de grâce, faites-moi plaisir et allez le lire sur le site de ActuWIKI :




45 États américains vont rendre l’apprentissage de l’écriture manuscrite optionnelle à l’école

L’apprentissage de l’écriture à l’école ne sera peut-être plus qu’un lointain souvenir, prévient la journaliste Émilie Lanez dans l’édition du Point du 21 février. À l’heure où nous envoyons des mails, textos ou messages tchats au détriment de belles lettres manuscrites, est-il toujours légitime d’apprendre à écrire à l’école ? La question peut surprendre. Pourtant aux États-Unis, elle a déjà été tranchée : d’ici 2014, l’écriture manuscrite sera un enseignement optionnel dans 45 États américains. À la place, sera privilégié l’apprentissage de … Word. Après tout, en Grande Bretagne d’après un sondage, 40% des citoyens déclarent n’avoir rien écrit à la main depuis 6 mois.
Pour Monica Baerg, 16 ans, élève au lycée d’Arcadia en Californie, interrogée par AP, écrire en attaché, ça ne sert à rien. Les devoirs sont systématiquement tapés à l’ordinateur. Quand Monica est forcée d’utiliser un stylo, elle écrit en lettres d’imprimerie. « Personne ne nous a jamais forcés à utiliser l’écriture cursive, donc c’était pénible de mémoriser les lettres «, raconte cette adolescente… qui a cependant des difficultés à déchiffrer ce que ses parents écrivent.

Savoir écrire à la main, c’est savoir lire
Car comme l’expliquent les chercheurs du CNRS Jean-Luc Velay et Marieke Longchamps, interrogés par Le Point, savoir écrire à la main, c’est savoir lire.
Tous deux ont étudié la lecture par imagerie cérébrale. « Quand l’œil lit, le cerveau écrit à la main. Lire, c’est écrire », expliquent-ils au Point. Quand on lit, plusieurs zones du cerveau simulent l’acte d’écriture manuscrite. Lorsqu’on écrit à l’aide d’un clavier, c’est différent : quelle que soit la lettre choisie, le geste est identique : frapper une touche.

Écrire à la main aide à exprimer ses émotions
En outre, une écriture manuelle reste très personnelle, et permet de retranscrire ses émotions, note Jacques Gilbert, maître de conférence en littérature à l’université de Nantes, interrogé par Le Point.
« Dans l’écriture manuelle, le corps s’exprime, on voit si le scripteur était en colère, heureux, pressé. Le lecteur peut imaginer la personne et reconnaître dans sa graphie manuscrite dans quel contexte émotionnel elle a été produite. L’écriture sur écran renvoie une image distante ».

Mais taper sur un clavier « libérerait » notre écriture
Pour d’autres, taper sur une machine à écrire puis sur un clavier aurait une influence bénéfique sur le mode de notre écriture.

 Dans son livre Internet nous rend-il bête (Robert Laffont), que cite Le Point, l’essayiste américain Nicholas Carr raconte l’achat par le philosophe Friedrich Nietzsche d’une machine à écrire :
« Une fois qu’il eut maîtrisé la frappe, il fut capable d’écrire les yeux fermés, utilisant uniquement le bout de ses doigts. Les mots pouvaient de nouveau couler de son esprit à la page. Mais la machine eu un effet plus subtil sur son travail. Un des amis de Nietzsche, un compositeur, remarqua un changement dans son style d’écriture. Sa prose, déjà laconique, devint encore plus concise, plus télégraphique. (…) "Tu as raison, répondit Nietzsche, nos outils d’écriture participent à l’éclosion de nos pensées".
En outre, la facilité d’effacer son texte, de le réécrire, le découper via le traitement de texte informatique permet à un amateur de désinhiber son écriture : « Le couper / coller a libéré le geste d’écrire de l’enjeu de la décision. Avec un clavier, on pense un mot plus gratuitement, plus légèrement », analyse pour Le Point Roland Jouvent, psychiatre et directeur du centre émotion du CNRS. Quitte à moins réfléchir au mot juste, ou à enrichir son vocabulaire, agrémenter son texte de figures de styles ? « Les outils de la création de l’esprit se perfectionnent mais ne se substituent pas au talent : Léonard de Vinci aurait probablement peint ‘La Joconde’ avec autre chose qu’un pinceau », tempère le psychiatre.
Pour lui, quoiqu’il arrive, les nouvelles générations n’auront plus la patience d’écrire avec de l’encre. « Je crois que, dans vingt ans, un maître d’école ne pourra plus tenir vingt bambins dans sa classe en leur faisant reproduire des pleins et des déliés ».
Mais à six ans (âge d’apprentissage de l’écriture en France), un enfant ne préfère-t-il pas montrer à ses parents les jolies courbes de couleurs écrites de sa main hésitante représentant son prénom, aux caractères universels tapés sur un clavier ?
Source : « Et si l’on cessait d’apprendre à écrire », par Émilie Lanez, Le Point du jeudi 21 février 2013.




Post Scriptum :

    Bon, ma réaction est peut-être excessive, j'ai tout de même rédigé cet article avec un clavier. Mais il y a tout de même quelque chose de dérangeant à cette nouvelle, quelque chose de gênant que je n'arrive pas bien à expliquer.

    Une idée me vient, une image, peut-être maladroite. Je me souviens avoir été étonné un jour en apprenant que des automobilistes bloqués par une tempête de neige sur un autoroute traversant une forêt, avaient grandement souffert du froid. Au milieu d'une forêt...
Pas un de ces naufragés d'un soir n'avait eu l'idée de faire un feu avec du bois mort de la forêt toute proche ! Ils avaient perdu l'une de ces spécificités de l'être humain, savoir-faire du feu.

    L'idée qu'un être humain ne sache plus écrire autrement qu'avec un clavier me fait la même impression désagréable. Ce n'est peut-être pas aussi grave que ça, mais ça me fait une impression désagréable...





vendredi 5 avril 2013

Qui a encore peur des socialistes français ? Ou le risque d’un changement imprévu…

Article mis à jour le 06/04/2023



    Amis Américains ou Anglais qui lisez cette page grâce à la traduction de Google (je sais qu’il y en a), cet article vous éclairera sur ce à quoi peut ressembler un socialiste français, et j’en suis sûr, il vous rassurera. 😉


    "Socialiste", je sais que ce mot peut vous faire peur, outre-Atlantique et outre-manche. Certains parmi vous imaginent un monstrueux communiste assoiffé du sang des riches, ou pire, puisque c’est un Français, un révolutionnaire sans-culotte, maniaque de la guillotine.


    Peut-être même imaginez-vous notre nouveau président comme un diable rouge, le couteau entre les dents ?

 


    Quelques-uns d’entre vous ont cependant eu l’occasion de réviser leurs préjugés à l’égard de nos élus socialistes à l’occasion de la ridicule affaire DSKQuoi qu’il en soit, lorsque vous apprendrez qui était le ministre des Finances de notre gouvernement socialiste, je pense que vous serez totalement rassurés.

    M. Cahuzac, avant d’être l’important ministre socialiste chargé des finances de la France, était chirurgien de formation, spécialisé dans la chirurgie esthétique, créateur d’une clinique privée portant son nom, spécialisée dans les implants capillaires (je ne plaisante pas).


    M. Cahuzac, avant d’être l’important ministre socialiste chargé des finances de la France, avait également officié comme conseiller technique de la plupart des grands laboratoires pharmaceutiques, ce qui lui avait rapporté "beaucoup beaucoup d’argent".


    Amateur de cigares et de montres de luxe, M. Cahuzac avant d’être l’important ministre socialiste chargé des finances de la France, avait été condamné par la justice en 2007 pour avoir employé de juillet 2003 à novembre 2004, une malheureuse femme de ménage originaire des Philippines, en situation irrégulière en France, sans la déclarer, et surtout, sans vraiment la payer au tarif légal.


    Je pense que vous commencez à être rassurés sur ce que peut être un élu socialiste français, car vous devez avoir plein de "socialistes" de ce genre dans vos beaux pays ou règne pourtant sans partage la sainte doctrine libérale de Milton Friedman.


    C’est donc à ce M. Cahuzac que notre président "socialiste" François Hollande, avait confié l’important ministère des finances. De plus, comme notre intelligent président avait perçu un certain agacement des Français vis-à-vis de nos riches élites passionnées de fraude fiscale, il avait eu l’excellente idée de confier à ce M. Cahuzac, la sainte mission de mener croisade contre ladite fraude fiscale. La mémorable photo qui illustre cet article fut prise en novembre 2012, alors que M. Cahuzac, ministre des Finances, lançait l’anathème contre les vils fraudeurs.


    Il faut que vous sachiez, amis anglo-saxons, que notre petit peuple est fort irrité par le modèle économique que vos élites imposent au monde. Nous faire payer une dette qui n’est pas la nôtre, je vous jure que cela commence vraiment à nous énerver. Les plus doux d’entre-nous ont rêvé que François Hollande allait vraiment tout changer, puisqu’il le promettait durant sa campagne électorale, et bien sûr ils sont déçus. Ils ne s’attendaient pas à ce que celui-ci se contente de suivre les strictes consignes de la Chancelière allemande et du patronat français. Mais il en est parmi nous de plus virulents, qui commencent à rêver de changements plus "définitifs" que ceux qui nous avaient été promis par François Hollande.


    Finissons-en avec M. Cahuzac. Il avait été choisi par notre respecté président pour lutter contre la fraude fiscale, mais pas de chance, le quidam était lui aussi un fraudeur, qui plus est un grand fraudeur, puisqu’il possédait des comptes bien remplis et surtout non déclarés dans un pays étranger ! Le bougre a été débusqué par les derniers journalistes survivants en France dans le journal en ligne Médiapart, quelques résistants isolés qui refusent d’intégrer le fameux "mainstream" au service des élites (Je vous laisse imaginer combien de critiques et insultes ils ont entendus tandis qu’ils essayaient de faire leur travail).


    Alors vous êtes rassurés non ? Nos élus socialistes sont souvent, eux aussi, fascinés par le modèle dominant imposé par les marchés financiers, et certains seraient prêts à faire n'importe quoi pour ressembler aux élites contre lesquelles ils sont sensés combattre.


    Soit dit entre nous, je n'ai jamais vraiment compris la haine du parti de droite, l'Union pour un Mouvement Populaire, envers le Parti Socialiste, dont les cadres ne sont plus vraiment de gauche depuis bien longtemps (je ne parle pas des militants de base, dont beaucoup sont sincères et qui doivent bien être malheureux actuellement).

    Mais y a-t-il encore une place pour un Parti de Gauche en France, dans "ce vieux pays de droite" : comme disait le rusé François Mitterrand ?

    Certains optimistes le pensent, qui organisent une marche citoyenne le 5 mai prochain, pour demander une sixième République. Mais d'ici un mois, les médias auront fait leur travail et le choc causé par le scandale de cette incroyable forfaiture se sera dissipé. Et puis malheureusement pour lui, Jean-Luc Mélenchon l'inspirateur de cette marche, effraie trop de Français ; curieusement plus que la présidente du FN qui, tapie dans l'ombre, observe en silence (ou presque), attendant l'heure de la curée...




    Cette période de transition nous réserve bien des surprises. Tout semble s'accélérer. Bien malin qui pourrait dire quel sera l'avenir !

    Allons-nous continuer de subir sans rien dire, ces chocs successifs que l'on pourrait parfois croire savamment orchestrés ?

    François Hollande ne risque-t-il pas de devenir le président d’un changement auquel il n’avait pas pensé ?




Conclusion

L'objet de cet article n'est pas d'agresser bêtement les socialistes, ni d'entonner l'air du "tous-pourris" si cher aux ennemis traditionnels de la démocratie. C'est la totalité du monde politique qui se trouve dans cette même situation d'impasse.

Les politiques, quelques soient leurs bords, sont tous issus d'une même classe, une sorte d'aristocratie dans le sens premier du terme, c'est-à dire le pouvoir (kratos) des meilleurs (aristos).

N'importe quel citoyen accaparé par le quotidien de son travail, pour peu qu'il essaie d'entrer dans ce petit monde (ce que j'ai fait par deux fois), se rendra vite compte qu'il n'ira pas plus loin que la distribution de tracts où le collage d'affiches.

Faire de la politique est réservé aux gens qui en font profession ou à ceux qui ont beaucoup de temps libre (les retraités ou les quelques bienheureux qui terminent leur travail tôt). On retrouve donc toujours les mêmes profils de personnes, ce qui induit bien sûr une répétition des comportements.

Une situation d'impasse, donc, ou la fin d'une époque ; la fin d'une époque que cette classe d'aristos ne peut voir ni comprendre.

François Hollande, le pauvre souverain républicain de cette fin d'époque, me rappelle étrangement Louis XVI, le dernier souverain de l'ancien régime. Il est plein de bonne volonté, probablement sincère, mais incapable de comprendre ce qui se joue actuellement dans la société. Ni lui, ni le petit monde aristocratique qui l'entoure, celui des politiques et des médias, ne réalisent ce qui se passe.

Avec un peu d'attention, on peut même discerner de plus en plus souvent dans les débats d'idées, des références à la Révolution française, et ce, aussi bien du côté de ceux qui se revendiquent enfants des sans-culottes, que ceux qui se croient héritier de l'ancien régime...


Quelques exemples ?


A suivre...


Vous avez dit fraude fiscale ?

Etat de la France ?


Nota Bene :

    Je tiens à préciser que l'impuissance de François Hollande ne doit pas nous faire regretter l'insupportable président qui l'a précédé.

    Je conseille à ceux que son impuissance tourmente de lire cet article sur mon blog à propos d'un ouvrage de Noam Chomsky "Comprendre le pouvoir".

Peut-être cela fera-t-il l'objet d'un prochain article ?


Mise à jour au 06/04/2023 : Cet article sur le pouvoir, je l'ai finalement écrit en janvier 2022 ! Voici le lien :"Transition ? Quel pouvoir avons-nous ?"